2560 « fake news » pro-russes débusquées par une équipe spéciale de l’UE

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Créée en 2015, une force restreinte de quelques personnes, basée à Bruxelles, recherche, vérifie et essaie de contrer les campagnes de désinformations mises en place par la Russie ou par des médias pro-russes

Onze. C’est le nombre de salariés que comporte l’équipe de l’Union européenne (UE) contre les « fake news » venant de Russie ou qui favorisent les intérêts russes. Ce micro groupe, The East StratCom Task Force (ESCTF), connait une année particulièrement chargée avec trois élections majeures en Europe: aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, des événements propices aux désinformations.

À l’époque de sa création, en mars 2015, les accords de Minsk et le cessez-le-feu en Ukraine viennent d’être signés. L’UE compte alors « contrer les campagnes de désinformation menées par la Russie » en Europe, lit-on dans les conclusions du Conseil européen des 19 et 20 mars 2015.

Elle met donc en place une « équipe de communication », qui débute en novembre 2015. Le site s’attaque alors à ses premières « fake news ». En janvier 2016, ESCTF s’occupe d’un cas d’école: l’affaire Lisa en Allemagne. Cette adolescente germano-russe, vivant à Berlin, avait disparu plus de 24 heures et avait affirmé avoir été enlevée et violée par trois hommes de type « méridional », avant de revenir sur ses déclarations et d’avouer avoir menti. Des médias russes avait récupéré l’histoire avec virulence et une mini crise diplomatique était née. Le but de l’équipe: trier le vrai du faux.

Libre arbitre

Pour débusquer les « fake news », les onze membres de l’équipe comptent sur une base d’environ 400 volontaires, journalistes, experts, militants ou simple citoyen de 30 pays différents. « Ces bénévoles relaient à la task force les informations qu’ils jugent fausses, notamment celles qui dévalorisent ou vont à l’encontre des intérêts de l’Union européenne, explique à L’Express une personne proche des activités de l’équipe. Ensuite, l’équipe analyse ces informations, les vérifient. » Si elles s’avèrent fausses, ESCTF publie sur son site un article documenté sur la question, pour tenter de contrer la désinformation.

ESCTF n’a pas d’autres pouvoirs que la communication. Alors, elle utilise tous les moyens à sa disposition avec une page Facebook, un compte Twitter, une chaîne YouTube ou encore une newsletter hebdomadaire.

« L’objectif est d’attirer l’attention sur la désinformation, pour que les gens développent leur libre arbitre et soient capables de différencier un média fiable et un qui ne l’est pas, indique la source proche de l’équipe. Surtout qu’il n’est pas toujours facile de distinguer une vraie information d’une fausse. La frontière et parfois ténue et les procédés de mésinformation peuvent être subtils. L’objectif de ces sites est de nous confondre. »

Recettes de désinformation

Dans un billet publié mi-février, ESCTF critique la couverture par les médias pro-russes de la campagne présidentielle française et notamment celle d’Emmanuel Macron. L’article relaie notamment ce passage d’une très regardée émission d’actualité de la chaîne de télévision publique Rossiya 1. Après avoir présenté Marine Le Pen comme la grande favorite de l’élection, le présentateur s’interroge sur la possible sortie de la France et, dans ce cas, de la transformation de l’Union européenne en « quatrième reich ».

© DR. Le candidat Emmanuel Macron a été éreinté par les médias russes.

Petit budget

Si les « fake news » n’étaient pas légion à l’époque de la création de la task force en 2015, elles sont devenues de plus en plus répandues aujourd’hui.

ESCTF, qui compte beaucoup sur son réseau de contributeurs, à la base des trouvailles de désinformations, n’est pas bien présente en France. L’équipe dispose de peu de fonds pour se développer. Le site n’est disponible qu’en anglais et en russe. Fin janvier, un article du Guardian faisait état de 800 000 euros supplémentaires dans les caisses de la petite équipe mais, très rapidement, le texte a été amendé pour contredire cette hausse du budget.

Autre limite pour l’ESCTF: elle ne s’intéresse qu’aux « fake news » servant les intérêts russes. Certes, cela représente une activité non négligeable. Depuis novembre 2015, plus de 2560 informations ont été discréditées et corrigées. Mais, même si elle se défend de l’être, la plateforme peut être accusée par ses détracteurs d’être un organe de contre-propagande.

Facebook, Google et médias classiques

La task force européenne reste en effet une agence de communication stratégique européenne. Son autre tâche, outre le déminage de fausses informations, est de promouvoir l’Union européenne dans le « voisinage oriental » de l’Union: en Ukraine, en Moldavie et dans les autres pays tampons entre l’UE et la Russie (…)

 

Source : L’Express

L’intégralité de l’article : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/2560-fake-news-pro-russes-debusquees-par-une-equipe-speciale-de-l-ue_1881894.html

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