À Odessa, la « déjoukovisation » de la ville se poursuit au clair de lune

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L’Ukraine et la « désoviétisation » officielle, c’est une histoire en marche. L’entier des 1320 statues de Lénine – considéré comme le premier dictateur soviétique par une majorité d’Ukrainiens – ont été enlevées dans chaque village, agglomération ou ville. Parfois, les initiatives se succèdent clandestinement pour un nettoyage accéléré des symboles de l’ère soviétique.

Outre toutes les statues de Lénine, 1 069 autres monuments de l’ère soviétique ont été enlevés, a mentionné Volodymyr Viatrovych, directeur de l’Institut de la mémoire nationale à Kiev, dans un rapport publié fin 2016 sur les progrès réalisé par les autorités ukrainiennes au cours de l’année écoulée dans le domaine de la lutte contre l’héritage soviétique.

À part dans les régions de Donetsk et de Lougansk qui sont sous le contrôle des séparatistes pro-russes suite à la crise ukrainienne, « Lénine n’est plus présent dans les villes sur le territoire contrôlé par l’Ukraine », était-il précisé dans ce rapport.

À Odessa, seconde ville d’Ukraine et important port sur la mer Noire – une ville à majorité russophone située à l’extrême ouest du projet finalement avorté d’une grande république détachée d’Ukraine et pro-Kremlin de « Novorossie » – la désoviétisation est également allée bon train.

L’une des victimes de choix de la destruction des symboles et monuments rattachés au passé est le maréchal Gueorgui Joukov. Une atteinte à leur histoire ressentie particulièrement durement pour tous les russophiles que compte la ville au célèbre « escalier du Potemkine ». Quatre fois héros de l’Union soviétique, le maréchal Joukov a été un acteur clé de la victoire soviétique sur Berlin en 1945. Il a par ailleurs commandé le district militaire d’Odessa de 1946 à 1947.

Après Lénine, le maréchal Joukov est l’une des principales cibles 

Les rues et avenues nommées en son honneur ont été débaptisées dans toute l’Ukraine. A Odessa, l’avenue qui portait son nom est devenue  « Avenue de la Centurie Céleste ». En août 2016 des « activistes » ont détruit la plaque commémorative apposée sur la maison où vivait « l’homme qui a vaincu Hitler », comme le considèrent beaucoup.

Le dernier acte symbolique contre l’officier général le plus décoré de l’histoire de l’Union soviétique et de la Russie a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi dernier lorsque des sympathisants d’ultra-droite des partis Praviy sektor (« Secteur droit ») et Svoboda (« Liberté ») se sont attaqués dans un square de la ville à l’un de ses bustes.

Mises en ligne hier sur Youtube – jour qui coïncide avec celui de la fête nationale ukrainienne – les images montrent un groupe de jeunes gens tirant nuitamment à terre le buste de Joukov à l’aide d’une corde. Puis sa destruction à coups de masse rageurs dans un endroit plus discret de la ville. Avant que la police n’intervienne, désinvolte, et emporte dans un coffre de voiture ce qu’il en reste.

 

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