Amener les politiciens canadiens à accepter la volonté du peuple

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Par Herbert Grubel, dans Council of European Canadians

Les résultats d’enquêtes fiables montrent que la majorité des Canadiens veulent des changements dans les politiques gouvernementales importantes. Par exemple, un sondage mené par l’Institut canadien d’information sur la santé, un organisme sans but lucratif, a révélé qu’en 2016, sur 4 547 répondants, 55,1 % ont indiqué que le système de soins de santé du Canada avait besoin de changements fondamentaux et 8,6 % qu’il devait être complètement reconstruit.

Un sondage Angus Reid réalisé en 2017 a révélé que 57 % des répondants appuyaient l’énoncé suivant : « Le Canada devrait accepter moins d’immigrants et de réfugiés ». Un sondage gouvernemental de 2016 a révélé que 54 % des Canadiens croient que le niveau d’immigration annuel devrait être inférieur à 150 000.

Un autre sondage Angus Reid réalisé en 2017 a révélé que deux Canadiens sur trois à l’échelle nationale, 50 % des résidents de la région métropolitaine de Vancouver et de l’île de Vancouver et 60 % des résidents du reste de la Colombie-Britannique sont en faveur de la construction du pipeline Kinder-Morgan pour l’expédition du pétrole à Vancouver.

L’opinion publique sur ces questions est fondée sur des preuves solides de l’impact négatif des politiques actuelles sur le bien-être des Canadiens. L’opinion publique quant à l’opportunité de construire le pipeline Kinder-Morgan est fondée sur des études réalisées par les organismes de réglementation fédéraux et le gouvernement d’Ottawa qui démontrent que la valeur de ses avantages économiques dépasse les coûts environnementaux des déversements accidentels de pétrole.

Les politiques d’immigration actuelles imposent un lourd fardeau fiscal de plus de 30 milliards de dollars par année aux Canadiens parce que les immigrants récents ont en moyenne des revenus beaucoup plus faibles et paient beaucoup moins d’impôts que la moyenne des Canadiens. Le grand nombre d’immigrants dépasse la capacité d’absorption du pays et contribue beaucoup aux crises des marchés du logement et de la location, ainsi qu’à la congestion des routes et des installations récréatives.

Sans tenir compte de la volonté du public, le gouvernement fédéral a fait passer le nombre d’immigrants de 240 000 en 2015 à 323 000 par année en 2016, et a promis d’autres augmentations à l’avenir jusqu’à 350 000 d’ici 2020. Le gouvernement de la Colombie-Britannique s’est engagé à empêcher la construction du pipeline en exigeant d’autres examens des risques environnementaux dont le coût et les retards menacent la viabilité économique du projet.

                            « Le Canada est notre nation maintenant ! »

Pourquoi les gouvernements canadiens adoptent-ils des politiques qui sont clairement en conflit avec les souhaits bien justifiés du public ? La réponse est très simple. Les politiciens qui dirigent ces gouvernements se soucient plus de se faire élire ou réélire que de l’intérêt public. Ils augmentent leurs chances de succès électoral en maintenant les politiques actuelles au service des bénéficiaires de ces politiques.

Les bénéficiaires des politiques d’immigration actuelles sont les employeurs qui considèrent les immigrants comme une source de main-d’œuvre à faible coût, et les propriétaires d’entreprises, les professionnels comme les avocats, les ingénieurs, les comptables et les enseignants qui les considèrent comme des marchés pour leurs biens et services, les industries de la construction et de l’immobilier qui profitent de la croissance du marché du logement résidentiel et les immigrants déjà établis au Canada qui veulent voir leur communauté croître en nombre et en influence politique.

Les bénéficiaires des politiques qui empêchent la construction des installations nécessaires à la production et au transport des ressources naturelles sont des groupes organisés d’écologistes avec le soutien financier de l’étranger.

Les partis politiques savent que ces bénéficiaires des politiques existantes voteront pour eux s’ils promettent de ne pas les modifier. D’autre part, la majorité des électeurs qui souhaitent les faire changer n’ont pas le même intérêt à voter contre les partis qui s’opposent aux changements.

Pour modifier cette condition, il est essentiel que le public soit bien informé des coûts que les politiques existantes lui imposent et qu’il encourage ainsi les partis qui promettent de modifier les politiques. Seule une proportion relativement faible du grand public doit être persuadée de le faire afin d’écraser le pouvoir de vote des groupes d’intérêts spéciaux.

Cet objectif peut être atteint grâce au travail de groupes de réflexion comme l’Institut Fraser, l’Institut CD Howe et d’autres qui, avec l’aide d’universitaires, les médias et les militants de l’intérêt public informent le public de leur intérêt et de leur pouvoir de vote. S’ils réussissent à mobiliser suffisamment bien le public sur un sujet comme les déficits budgétaires et que les politiciens de l’establishment refusent de répondre correctement, les partis populistes peuvent réussir et forcer les partis existants à changer leurs politiques. Cela s’est déjà produit lorsqu’en 1993, le Parti réformiste a obtenu suffisamment de votes pour entrer au Parlement en grand nombre et favoriser la création de budgets équilibrés.

Les bénéficiaires des politiques actuelles qui ne sont pas dans l’intérêt du public devraient également être des cibles d’information. Par exemple, les immigrants récents devraient être sensibilisés aux effets négatifs des politiques actuelles sur la concurrence sur les marchés du travail et sur leurs revenus et les impôts nécessaires au service d’une dette croissante.

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