ANALYSE « Poutine utilise certains Juifs russes de la même manière insidieuse que Staline »

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Vladimir Poutine et le journaliste vedette Vladimir Soloviov

À la fin des années 1940, Joseph Staline a formé le Comité antisioniste de la société soviétique dont les membres juifs ont avancé sa thèse selon laquelle « le sionisme est fascisme », une revendication que le dictateur soviétique estimait particulièrement crédible ou du moins influente à cause des crimes contre l’humanité que les Juifs avaient subis sous les nazis.

Ces « Juifs utiles », écrit sur le site Kasparov.ru Alexandre Yakovenko, « ont échangé sur leur appartenance nationale dans l’intérêt de régimes anti-démocratiques et contre les intérêts de leur propre peuple », une action qui, sous le régime totalitaire en place à l’époque, ne pouvait être évitée qu’au risque de l’emprisonnement ou pire.

Aujourd’hui, et avec moins de menaces qui pèsent sur eux, poursuit le commentateur russe, le régime Poutine se sert des Juifs russes qui sont prêts à coopérer avec lui pour accuser l’Ukraine d’être devenue un État fasciste. Le représentant le plus éminent de ce groupe, Yakovenko dit, est l’animateur de la télévision de Moscou Vladimir Soloviov.

« Jusqu’en 2014, Vladimir Soloviov ne cachait pas sa judaïcité, mais il n’en parlait pas non plus à chaque fois qu’il apparaissait sur les ondes. » Mais après l’Anschluss de la Crimée et l’invasion russe du Donbass, il a parlé de son passé tout le temps et a passé 30 à 50 pour cent de son temps d’antenne à attaquer l’Ukraine.

Comme ceux du Comité antifasciste des années 1940, Soloviov est un « juif utile » au service d’une dictature. Ceux qui l’ont fait il y a 70 ans agissaient au service de la dictature soviétique; Soloviov et ses acolytes le font au service de la dictature de Poutine.

Dans ses déclarations, Soloviov avance trois faux arguments: Premièrement, il insiste sur le fait que le petit groupe d’extrémistes en Ukraine est typique de tous les Ukrainiens. Deuxièmement, il « ment que dans l’Ukraine actuelle, les attitudes antisémites nazies dominent » même si les Juifs occupent des postes importants à Kiev. Et troisièmement, il dit que Bandera a été baptisé héros national, même si ce n’est pas vrai.

Pour promouvoir ces mensonges, poursuit Yakovenko, Soloviov invite sur son plateau des gens qui sont prêts à faire ce qu’il fait, y compris Yevgeny Satanovski, Yakov Kedmi, Avigdor Eskin, et, « spéculant sur le thème de l’Holocauste, présente la guerre en Ukraine comme une lutte entre le bien (Poutine) et le mal absolu (l’Ukraine et ses partisans américains) ».

En mélangeant toutes ces choses ensemble, dit le commentateur russe, Soloviov et ses amis cherchent à blâmer l’Occident et pas seulement les nazis pour l’Holocauste, et à prétendre que « seulement l’URSS et Staline personnellement  » ont gagné la guerre contre le fascisme, et, ce qui est particulièrement obscène, à suggérer que le conflit entre la Russie de Poutine et l’Occident est « une continuation de la lutte contre le nazisme que Poutine mène supposément maintenant. »

En fait, c’est Poutine et non pas l’Occident qui s’est fait des amis avec l’Iran, le Hezbollah, le Hamas et Assad, qui ont tous élevé l’antisémitisme et la destruction d’Israël au rang de « politique officielle ». Mais « c’est quelque chose que les « Juifs utiles  » comme Soloviov préfèrent fermer les yeux. »

Soloviov montre de nombreux aspects d’une mégalomanie nourrie par ses apparitions à la télévision. Il est « sincèrement convaincu qu’il comprend mieux que quiconque tous les aspects de l’activité humaine.  » Et maintenant, il développe constamment « son idée préférée que les Russes sont les Juifs d’aujourd’hui » et a pris « le bâton » des Juifs pour aller de l’avant.

On pourrait considérer la mégalomanie de Soloviov comme son problème personnel, conclut Yakovenko, mais ses efforts pour promouvoir la haine de l’Occident, de l’Ukraine et de l’opposition russe est autre chose. « C’est un crime » qui le rend encore plus horrible qu’il utilise « la plus grande tragédie du peuple juif » pour faire avancer la cause du dernier dictateur russe.

Source: traduction d’un article (en anglais) paru sur Window on Eurasia / Paul Goble

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