Un canton suisse décide de réduire considérablement les prestations versées aux demandeurs d’asile déboutés

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Photo: thinkstockphotos.de, APA/ERWIN SCHERIAU (Symbolbild)

Les habitants du canton de Zurich, en Suisse, ont voté pour réduire considérablement les prestations sociales des demandeurs d’asile déboutés, ce qui pourrait permettre au canton d’économiser jusqu’à 10 millions de francs suisses (8.72 millions d’euros).

La proposition a été présentée au peuple sous la forme d’un référendum qui a été voté dimanche et adopté à la majorité des voix. La nouvelle modification permettra de faire en sorte que les demandeurs d’asile qui ne remplissent pas les conditions requises pour obtenir le statut de réfugié, mais qui ne peuvent pas être expulsés par le gouvernement, ne reçoivent plus une aide sociale complète, mais uniquement des fonds d’urgence du gouvernement cantonal, rapporte la Neue Zürcher Zeitung.

On estime que 5 300 demandeurs d’asile déboutés vivent dans le canton de Zurich avec un statut « F », ce qui signifie que, bien qu’ils aient échoué dans leur demande d’asile, le gouvernement ne peut pas les expulser vers leur pays d’origine en raison des dangers potentiels pour eux.

Auparavant, les migrants ayant le statut F recevaient environ 900 francs suisses (780 euros) par mois, mais ils ne recevront désormais plus que le montant du fonds d’urgence de 360 francs suisses (310 euros) par mois.

Contrairement à d’autres pays, les demandeurs d’asile déboutés sont autorisés à travailler à temps plein en Suisse. Si un demandeur d’asile tombe malade ou est renvoyé de son emploi, il a toujours droit aux prestations de l’État, mais au nouveau taux réduit.

L’initiative a été lancée par l’Union démocratique du centre (UDC), un parti de droite conservateur, qui soutenait que les personnes admises à titre temporaire n’auraient pas dû venir dans le pays au départ, et que les prestations constituaient une fausse incitation à rester dans le pays.

Les Verts, les sociaux-démocrates de gauche et les démocrates-chrétiens de centre-droit se sont opposés à ce plan, affirmant qu’il mettrait en péril l’intégration des personnes qui resteraient vraisemblablement en Suisse.

Dans le canton de Berne, en mai, un vote similaire s’est également prononcé contre la mise de côté des fonds destinés aux demandeurs d’asile. Le plan gouvernemental prévoyait 105 millions de francs pour aider les jeunes migrants à s’intégrer.

Une aide sociale également controversée en Autriche et en Allemagne

En Autriche voisine, la question des prestations sociales versées aux demandeurs d’asile est controversée. Selon le ministre de l’Intérieur Wolfgang Sobotka, environ 90 % des demandeurs d’asile dont les demandes ont été approuvées finissent par bénéficier de programmes d’aide sociale.

Wolfgang Sobotka s’est opposé à l’intégration d’un plus grand nombre de migrants issus du système de redistribution de l’Union européenne, estimant que le système de protection sociale autrichien était déjà tendu. Selon un rapport de l’année dernière, les demandeurs d’asile gagnaient plus d’argent grâce aux prestations sociales que les agriculteurs retraités qui avaient cotisé toute leur vie au système.

En Allemagne, les chiffres réels sont encore plus élevés avec un demi-million de migrants sur une forme d’aide sociale qui coûterait des milliards d’euros aux contribuables allemands.

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