De nombreux Russes accueilleraient favorablement des actions plus sévères de l’Ouest contre les oligarques

0
74

L’un des arguments « les plus populaires » chez les partisans de Poutine en Occident contre l’imposition de sanctions envers les oligarques russes est que cela va intensifier les attitudes anti-occidentales parmi les Russes et les amener à s’unir de plus en plus autour du dirigeant du Kremlin contre l’Ouest, dit Oleg Skobov.

Mais en fait, souligne le commentateur russe, « une partie importante des Russes animés par des attitudes anti-occidentales n’ont pas de sentiments chaleureux pour la kleptocratie poutiniste ». De plus, leurs attitudes anti-occidentales sont souvent le résultat de leur préjugés selon lequels l’Occident a permis aux oligarques de vivre si bien à l’étranger.

Par conséquent, poursuit Skobov, « si les cercles dirigeants des pays européens décidaient d’adopter de véritables mesures contre les kleptocrates russes qui se sont installés parmi eux, cela pourrait changer l’opinion de nombreux Russes sur l’Occident en mieux » et non pas desservir les Occidentaux eux-même, comme l’insistent régulièrement ceux qui s’opposent aux sanctions.

De plus en plus d’Européens, il continue, surtout à gauche, commencent à comprendre que l’introduction du « capital criminel-oligarchique russe » dans les économies occidentales « stimule la renaissance des formes les plus archaïques et réactionnaires du capitalisme ». Et que ce changement signifie que l’opposition anti-Poutine devrait repenser sa relation avec la gauche européenne.

Certains analystes occidentaux, en particulier aux États-Unis, se sont concentrés sur l’influence corrompue de l’argent russe sur la vie politique ; mais Skobov pointe du doigt quelque chose de plus sensible encore: la façon dont cet afflux massif de richesses russes acquises illégalement corrompt le capitalisme lui-même, le ramenant à un passé laid et non réglementé.

Et cela signifie à son tour, bien que le commentateur russe ne le mentionne pas, que les sanctions, même si elles blessent certains capitalistes occidentaux, non seulement enverront un bon signal au Kremlin, mais apporteront une contribution sérieuse à la relance d’une politique publique plus socialement inclinée aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest.

Dans la mesure où cela est compris, les libéraux en Occident devraient accueillir favorablement les sanctions contre les oligarques russes plutôt que de s’y opposer et devraient en fait être les principaux initiateurs du traitement sévère infligé à la classe criminelle dirigée par Poutine sous le vieux et toujours vrai slogan polonais, « pour votre liberté et la nôtre ! »

Source: traduction d’un article (en anglais) paru sur Window on Eurasia / Paul Goble

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous ou sur notre page Facebook