D’Honorables Perdants

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Par Greg Johnson, dans Counter-Currents Publishing (27.02.2017)

Pourquoi les gens se comportent-ils comme s’ils voulaient se saborder eux-mêmes ?

Pourquoi, par exemple, les gens s’enlaidissent-ils en se teignant les cheveux en bleu, en portant des vêtements peu flatteurs et en affichant des fautes de goût irréversibles comme les tatouages et les piercings ? Pourquoi se comportent-ils de manière grossière et odieuse : en parlant fort, en jurant comme des charretiers, en envahissant l’espace personnel d’autrui, autant d’un point de vue physique que psychologique?

Pourquoi les gens sabotent-ils leurs relations personnelles, politiques et commerciales en provoquant des conflits ? Qu’ils portent sur des sujets futiles ou plus sérieux, ces conflits prennent généralement des proportions démesurées.

La doctrine du nationalisme blanc est fondée sur la philosophie, la science et le bon sens, elle se vérifie par des études empiriques, l’histoire et les faits d’actualité, elle est universellement vraie et juste. Alors pourquoi les nationalistes blancs tiennent-ils absolument à l’associer à toute sorte d’idées ésotériques et superflues comme le national-socialisme, le révisionnisme sur l’holocauste, la pseudo-histoire et les mythes, les religions de toutes sortes, les conspirations discutables, etc. ? Je peux admettre que nombre de ces sujets sont légitimes et intéressants en tant que tels, mais la question est de savoir s’ils sont essentiels à la création d’ethno-états blancs. Je ne le pense pas.

J’aimerais proposer une théorie. Mon premier postulat est que l’on aime penser du bien de soi-même. Mon deuxième postulat est que l’on se sent mal dans leur peau lorsque l’on subit un échec. Par conséquent, les gens essaient d’éviter la défaite, et quand c’est impossible, ils essaient de préserver leur amour-propre en se racontant des histoires : qu’on les a trompés, que l’important est plus la manière de jouer que la victoire elle-même, ou qu’ils finiront bien par être un jour les vainqueurs, que ce soit sous un régime communiste ou au ciel, et ainsi de suite.

Dalí, Métamorphose de Narcisse.

Si l’on considère ces postulats, il est difficile de trouver une explication à ce comportement d’auto-sabotage, parce que la défaite nous fait nous sentir mal, et que c’est quelque chose qu’il nous est naturel d’essayer d’éviter. Il y a cependant une différence importante entre se saborder soi-même et être vaincu par les autres. Lorsque ce sont les autres qui vous battent, non seulement vous perdez tout court, mais vous perdez aussi le contrôle. Lorsque vous vous sabordez vous-même, vous perdez mais vous gardez le contrôle. L’auto-sabordage nous permet donc de nous sentir mieux que lors d’une défaite simple, parce qu’elle préserve notre goût de l’action et de l’efficacité, qui font partie de notre estime de soi.

Mais nous nous sentons quand même mieux lors d’une victoire que lors d’une défaite par auto-sabordage, alors pourquoi choisir l’auto-sabordage plutôt que la victoire ? Bien sûr, la victoire n’est jamais certaine, mais par auto-sabordage, l’échec lui, est certain. Celui qui se saborde lui-même est-il donc si allergique à ce qui est incertain qu’il préfère une catastrophe certaine à la possibilité d’une victoire ? Cela semble totalement pervers, mais reste pourtant dans le domaine du possible.

Il existe cependant une explication beaucoup plus plausible. Je pense que les gens se sabordent eux-mêmes parce qu’ils ont déjà accepté l’inévitabilité de la défaite, alors ils essaient simplement de sauver leur estime de soi en prenant le contrôle du processus, préservant ainsi leur sens des responsabilités et leur sentiment de pouvoir. En s’affirmant eux-mêmes d’emblée comme perdants, ils se résignent/prennent le parti de à être des perdants magnifiques. C’est une manière vertueuse pour eux de choisir l’endroit où faire reposer le cadavre de leurs principes.

Par exemple, les personnes peu attirantes physiquement peuvent maximiser leurs chances sur les marchés sexuel et économique en développant des compétences, en se maintenant en forme, en s’habillant bien et en se comportant avec dignité. Mais s’ils se sentent condamnés à perdre, ils s’enlaidiront et se rassureront en se disant que cela fait d’eux des « rebelles » et des « non-conformistes » qui luttent contre l’oppression et l’arbitraire des critères conventionnels de la beauté et des convenances.

Les gens qui sont convaincus que leurs relations sont vouées à l’échec les saboteront eux-mêmes, en provoquant des conflits sous des prétextes prétendument vertueux.

Les nationalistes blancs qui croient que notre cause est perdue tenteront d’étouffer le mouvement dans l’œuf. Ils s’acharneront à considérer comme essentielles leurs obsessions ésotériques, superflues et clivantes, ou exigeront un niveau de pureté idéologique, morale et raciale qui repoussera n’importe quel individu lambda. Nous nous épuiserons alors en luttes intestines et dans des combats de pureté où l’on risquera de se nous perdre nous-même.

Bien entendu, je suis tout à fait prêt à admettre qu’il existe quand même des gens animés des meilleures intentions du monde et qui se rebellent pourtant contre les conventions, sabordent leurs relations et déclarent qu’ils préfèrent perdre en gardant leurs principes intacts. Mais pour parler de quelque chose que je connais bien, je dois avouer que pendant une bonne partie de ma vie, si je me sabordais, c’est parce que j’étais persuadé que l’échec était inévitable et que la seule façon de sauver mon amour-propre était de faire grand bruit avec mes gros sabots. Ce qui m’a permis de prendre conscience du problème et d’éliminer en moi ce mode de pensée c’est d’avoir remis en question mes motivations et mon sens moral. Une grande partie d’entre vous retirerait sans doute aussi de grands bénéfices à une remise en cause de vous-mêmes.

Les nationalistes blancs adorent moquer les conservateurs en les qualifiant de « perdants magnifiques », mais de manière tout à fait logique nous avons les mêmes comportements d’auto-sabordage qu’eux. Parce que tout d’abord, beaucoup d’entre nous venons de la sphère conservatrice et que nous en portons encore le fardeau. Deuxièmement, le nationalisme blanc est un point de vue beaucoup plus radical que le conservatisme, de sorte que tout nous paraisse encore bien pire et que la victoire nous semble encore beaucoup plus lointaine. Il est donc naturel pour nous d’être pessimiste. Mais la plupart des dysfonctionnements de notre mouvement résultent principalement de notre conviction que la défaite est inévitable. Or, nous, nationalistes blancs, nous montrerons beaucoup plus civilisés, sérieux et efficaces lorsque nous commencerons à imaginer pouvoir gagner, pour changer.

Traduction de l’anglais : Pia Chantre

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