La France s’inquiète de la menace terroriste deux ans après les attentats de Paris

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REUTERS/Christian Hartmann

Deux ans après que des terroristes aient tué 130 personnes lors d’attaques coordonnées à travers Paris, les responsables français affirment qu’il subsiste un niveau sans précédent de menace « interne » tant à l’intérieur qu’ à l’extérieur du pays.

L’Etat islamique perdant du terrain en Irak et en Syrie, des centaines de citoyens français – et dans certains cas leurs enfants – ont commencé à rentrer en France, laissant le gouvernement dans un dilemme quant à la manière de traiter la situation.

Pour la première fois en tant que président, Emmanuel Macron rendra hommage lundi aux victimes des attaques de masse et des attentats suicides qui ont eu lieu à Paris et dans la banlieue nord de Saint-Denis le 13 novembre 2015.

Ces attentats, les plus meurtriers sur le sol français depuis la Seconde Guerre mondiale, ont poussé le pays à riposter, rejoignant les opérations militaires internationales visant l’EI et d’autres groupes islamistes militants en Irak, en Syrie, en Libye et ailleurs.

Il y a également eu l’adoption d’une législation plus stricte, la loi entrant en vigueur ce mois-ci donnat à la police des pouvoirs étendus pour fouiller les propriétés, effectuer des écoutes électroniques et fermer les mosquées ou d’autres endroits soupçonnés de prêcher la haine.

Les politiciens conservateurs affirment que les règlements ne vont pas assez loin, tandis que les groupes de défense des droits de la personne s’inquiètent, affirmant que les forces de sécurité jouissent d’une trop grande liberté pour restreindre les droits.

Macron – souvent parodié pour ses déclarations politiques teintées « d’un côté, et de l’autre » – a insisté sur la nécessité d’équilibrer sécurité et liberté. Alors qu’il a mis fin à l’état d’urgence après les attentats, des soldats lourdement armés patrouillent encore quotidiennement dans les rues de Paris, et à peine une semaine passe sans qu’une opération policière ne soit organisée contre des suspects.

« PLUS DÉÇUS QUE DÉSOLÉS »

Selon le ministère de l’Intérieur, des mesures extraordinaires ont aidé les services de renseignement à contrecarrer plus de 30 attaques au cours des deux dernières années. La semaine dernière, la police a arrêté neuf personnes et une autre a été arrêtée en Suisse dans le cadre d’une opération coordonnée de lutte contre le terrorisme.

« Ce qui nous inquiète, ce sont les plans d’attentats terroristes préparés par des équipes qui opèrent encore dans des zones de combat en Syrie et en Irak », a déclaré Laurent Nunez, directeur de la DGSI, dans une rare interview accordée au quotidien français Le Figaro.

Le risque d’une attaque locale reste également élevé, avec un risque d’attaques supplémentaires de la part d’individus isolés utilisant des méthodes « peu coûteuses » comme les voitures ou les couteaux pour tuer, a-t-il dit.

L’hypothèse d’un attentat à la voiture piégée ou d’un attentat-suicide à la bombe ne peut pas non plus être exclue, bien que ses services n’aient pas découvert un tel plan, a-t-il dit.

Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est de savoir ce qu’il faut faire au sujet des centaines de citoyens français qui sont allés se battre avec l’Etat islamique et qui pourraient maintenant chercher à rentrer chez eux, maintenant que le groupe militant a perdu la quasi-totalité du territoire que son califat autoproclamé gouvernait en Syrie et en Irak.

« Nous savons que la volonté des djihadistes d’agir est intacte », a dit Laurent Nunez.

Lors de sa visite à Abu Dhabi la semaine dernière, M. Macron a déclaré que les retours seraient étudiés au cas par cas.

« Certains d’entre eux reviendront par leurs propres moyens, d’autres seront rapatriés et d’autres, dans des circonstances particulières, seront jugés avec leurs familles dans les pays où ils se trouvent actuellement, notamment en Irak », a-t-il déclaré.

« Une majorité ne veut pas revenir en France compte tenu des procédures judiciaires auxquelles ils sont confrontés à leur retour. Mais certaines femmes, veuves et enfants, sont enclines à revenir » , a déclaré le procureur français François Molins. « Nous ne devrions pas être naïfs. Nous avons affaire à des gens qui sont plus « déçus » que « désolés ».

Source : traduction Reuters

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