Frappes US en Syrie : une « fenêtre d’opportunité » à la « Mathias Rust »?

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En mai 1987, Mathias Rust, déjouant tous les contrôles aériens soviétiques défrayait la chronique en posant son Cessna à immatriculation allemande sur la place Rouge à Moscou, une action qui a obligé Mikhail Gorbatchev et les dirigeants soviétiques à repenser leur position dans le monde et finalement à modifier leur politique à la maison et à l’étranger.

Un commentateur de Moscou a tracé exactement ce parallèle entre Rust et les frappes américaines en Syrie (forum-msk.org/material/news/13056258.html). D’autres disent que la dernière action américaine est bien pire pour Moscou que l’abattement d’un avion de chasse russe par la Turquie (rusmonitor.com/evgenijjikhlov-ehtot-geopoliticheskijj-razgrom-stal-stokrat-unizitelnejj-chem-tureckijj-perekhvat-bombardirovshhika-v- Noyabre-2015.html).

Le 28 mais 1987, le jeune Mathias Rust posait son avion sur la place Rouge devant les yeux ébahis des Moscovites et du monde.

Et d’autres commentateurs soulignent que l’attaque montre que Vladimir Poutine n’a pas pu défendre son allié Bachar Al-Assad (nv.ua/opinion/goltz/putinskij-dutyj-puzyr-955388.html) et que dans le conflit émergeant avec l’Occident la Russie n’aura d’autres vrais alliés au-delà de l’Iran et du Hezbollah (ng.ru/politics/2017-04-10/100_echo10042017.html).

 

Il y encore un mois, beaucoup donnaient Poutine gagnant sur tous les tableaux

L’intensité extrême de ces sautes d’humeur – il y a seulement un mois, beaucoup à Moscou avaient conclu que Vladimir Poutine gagnait sur le dossier syrien et se dirigeait vers un succès en Ukraine en raison de la nouvelle présidence américaine – incite à prendre ces commentaires avec beaucoup de précaution.

Mais il est évident que Vladimir Poutine et son régime ont souffert d’un revers majeur, auquel ils seront bien contraints de répondre d’une façon ou d’une autre alors même que personne, y compris eux-mêmes, n’aurait pu l’anticiper le mois dernier. La question de la situation problématique de Moscou est soulignée par le journaliste de Moscou Yevgeny Kiselyov.

Dans un commentaire pour Ekho Moskvy, il suggère que les politiques récentes de Vladimir Poutine se sont montrées vaines, comme l’a été sa promesse au début de son règne  d' »éliminer » le problème tchétchène, une conclusion soutenue par l’incapacité du Kremlin à trouver plus d’alliés que l’Iran et le Hezbollah (echo.msk.ru/blog/kiselev/1960108-echo/).

En émettant une déclaration conjointe avec l’Iran et le Hezbollah, Yevgeny Kiselyov poursuit, Moscou a mis en évidence son isolement et l’absurdité de ses appels au droit international, étant donné que non seulement l’Iran et le Hezbollah ont régulièrement bafoué le droit international mais la Russie également.

« La mégalomanie d’un président qui s’imagine maître des mers et des océans » 

Mais le Kremlin – en fait, Poutine – a également fait autre chose: il a montré que les «intérêts nationaux» de la Russie ne jouent aucun rôle dans ce qui se passe. « Il n’y a que la mégalomanie d’une personne qui veut être non seulement le président russe pour la vie, mais aussi le maître des mers et des océans ».

Valdimir Poutine peut être ce maître des mers et océans «seulement dans son monde rêvé », ironise Yevgeny Kiselyov. Mais lorsque la réalité survient, comme c’est le cas avec la démonstration de pouvoir américaine, personne n’accepte sa vision des choses. En conséquence, « il n’y aura pas de nouveau Yalta ou un nouveau Potsdam », dont il a été parfois spéculé il y a quelques semaines.

Poutine et d’autres peuvent se plaindre que les États-Unis continuent d’être «le gendarme du monde», conclut Yevgeny Kiselyov, mais «ce rôle est plus digne que le rôle d’un hooligan international», ce que tout le leader du Kremlin s’est montré capable d’être.

Source : traduction libre d’un article (en anglais) paru dans Window on Eurasia / Paul Goble

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