Gaston-Armand Amaudruz – Regrouper les forces saines pour les générations futures

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Rétrospective Gaston-Armand Amaudruz

SÉRIE – Editorial de G.-A. Amaudruz paru dans l’édition de juin 2014 de la revue nationaliste suisse Courrier du Continent, No 559, sous le titre « Au jour le jour ».

Le bras de fer mondial entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, pour ne mentionner que les trois grands du jour, s’accompagne de frémissements planétaires. Des puissances de deuxième rang cherchent à augmenter leur pouvoir. Ainsi, notamment, la Turquie, l’Iran, l’Inde, les Etats du continent sud-américain, la Corée du Sud, Israël, auxquels viennent s’ajouter les organisations non-gouvernementales (ONG) et les grandes multinationales, qui tiennent leur force du déclin des Etats-nations. Tout semble basculer, mais de quelle manière ? Prévoira qui pourra sur cette Terre malade.

Quant à ce qui fut notre Europe, le spectacle est consternant. La France, première puissance sous Louis XIV, est tombée en décomposition : une administration tentaculaire quasi autonome en assure encore le fonctionnement ; un chef d’Etat, héritier de Jean Jaurès (!?!), esquisse une politique étrangère qui tient davantage de la mise en scène que de l’intérêt général, tandis que le Parlement et les grands ministères surnagent comme ils peuvent pour maintenir un semblant de crédibilité. Bref, la France ressemble à un monstre à trois têtes, sans exemple dans la nature. Ailleurs en Europe, la décomposition des Etats se poursuit sous l’impulsion des directives d’une Commission européenne aux objectifs troubles et au fonctionnement opaque.

Notre Europe, qui fut notre rêve, est tombée aussi bas que possible. Conclusion : il faut changer de rêve. Reconstruire l’édifice à partir des familles, des communautés, des métiers et autres organisations prônant l’initiative privée. Quant aux organismes intermédiaires faisant office de courroie de transmission entre les administrés et le pouvoir étatique, rien de vraiment convainquant n’a été trouvé jusqu’ici, sinon une solution se serait peu à peu élaborée au cours de ces dernières décennies dites de « construction européenne ».

Voilà le problème sur lequel sèche l’Europe depuis la chute de l’Empire romain ! Entre les citoyens et l’Etat, nous voyons partout s’imposer des organismes intermédiaires qui confisquent le plus de pouvoir possible au détriment des peuples. Telle est la question centrale.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’information laisse généralement à désirer. Si vous achetez aujourd’hui un journal, celui-ci devrait en échange fournir un contenu objectif, cernant d’aussi près que possible la réalité.

Mais nous sommes loin d’en avoir pour notre argent, car la presse, pour vivre, a besoin d’annonceurs qu’il faut bien ménager. Solution : promouvoir une presse d’information sans publicité, certes plus onéreuse. C’est le prix à payer pour une information indépendante sur les problèmes de l’heure. On en est loin pour le moment.

Car il y a beaucoup de conditions préalables à réaliser avant d’atteindre cet objectif : tout d’abord, il faut acquérir une force suffisante pour rétablir la libre parole, laquelle à son tour permettra d’exposer les problèmes sans les travestir de considérations subjectives. Il existe une interdépendance entre la libre parole et le rassemblement des forces saines, l’une aidant l’autre, afin de concourir au succès final dont dépend le salut du monde vivant. Autant dire que le chemin à parcourir est à la fois long et semé d’embuches. Mais il n’existe que celui-là : un parcours du combattant attend les nouvelles générations.

Les peuples blancs resteront-ils maîtres de l’Europe orientale, méridionale et occidentale ? Où devront-ils céder et refluer vers le Nord ? Tout dépend de leur aptitude à lutter. Cependant, ce que l’on voit en ce moment ne pousse guère à l’optimisme. Consolons-nous : les véritables dirigeants ne sont pas représentatifs des peuples, dont les forces vitales ont été endormies. Le réveil peut surprendre en bien. En dernier ressort, c’est la nature qui aura le dernier mot, elle que les apprentis-sorciers au pouvoir croient pouvoir domestiquer.

A l’heure où chefs d’Etat, dirigeants d’entreprises multinationales et de grandes banques se disputent les leviers de commande, il importe que les forces saines se regroupent, d’abord sur le plan local et régional. Créer des cercles d’étude et de culture importe davantage que militer dans des partis à l’agitation décevante. Pour le moment, l’étude des remèdes ne pourra guère être autre chose qu’une école de formation pour le groupe et pour l’individu. Cela vaut toujours mieux qu’un engagement politique dans un parlementarisme corrupteur et dissolvant.

Aussi appelons-nous les nouvelles générations à préférer les activités modestes mais concrètes aux vains discours électoraux. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la volonté de voir loin et d’agir pour les générations futures.

CdC No 559, juin 2014

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