« Humilié » : 2017, année du « déclin » pour le centre-gauche européen, titrent des grands journaux de gauche

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L’année 2017 a été une période de « déclin  » et de « débâcle  » presque uniforme pour le centre-gauche européen, ont commenté les grand titres, le britannique The Guardian et l’américain The New York Times.

Sur l’ensemble du continent cette année, 946 régions ont participé à des élections d’importance nationale mais dans seulement 56 d’entre elles (soit un peu moins de 6 %), les partis de centre gauche ont maintenu leur part du vote ou l’ont améliorée.

Selon l’analyse du Guardian, dans près de 94 % des régions qui se sont rendues aux urnes en Europe cette année, le centre-gauche a perdu contre les mouvements d’extrême gauche, de droite et populistes.

Atomisé en France, presque anéanti aux Pays-Bas, humilié en Allemagne, le grand centre-gauche européen est en plein recul.

« Même dans son ancien bastion de la Scandinavie, la social-démocratie est aujourd’hui en difficulté », a écrit Jon Henley dans le journal grand public le plus à gauche du Royaume-Uni ce vendredi.

Légende : « Le déclin de la modérée social-démocratie en Europe. A gauche, 946 régions qui ont participé à un vote national en 2017. A droite, les 56 régions où le soutient au centre-gauche s’est amélioré ou a stagné. »

L’analyse du journal révèle que les groupes populistes de droite ont largement profité de la chute du centre-gauche mais que des gauchistes radicaux et d’autres droitiers ont également obtenu des voix.

Dans un article d’opinion du New York Times consacré à l’Allemagne, publié le jour précédent, un auteur du journal libéral (ndlr: libéral au sens américain) déclare de même que le centre-gauche européen est en retrait après 2017.

« Cette tendance à la baisse ne se limite pas à l’Allemagne – dans la plupart des grands pays d’Europe occidentale, les partis de centre-gauche sont en recul, et dans certains cas, ils ont pratiquement cessé d’exister », explique Jochen Bittner, qui écrit également pour l’hebdomadaire allemand de gauche libérale Die Zeit.

Légende en bas : Opinion: Qu’est-ce qui est arrivé à la social-démocratie allemande ? « Jadis le plus grand parti d’Allemagne, le SPD n’a pas vu la contradiction entre la globalisation et l’État-providence. »

Lors des élections fédérales allemandes, l’AfD populiste de droite a obtenu ses premiers sièges à l’Assemblée législative, avec une hausse de 12 %, tandis que le centre gauche et la droite ont connu leurs pires élections de l’après-guerre.

En France, les socialistes de l’ancien président François Hollande se sont effondrés devant les nouveaux centristes d’Emmanuel Macron, et le Front national populiste de droite a fait un bond fulgurant, avec Marine Le Pen, leur leader, atteignant pour la deuxième fois le dernier tour du scrutin présidentiel.

En Autriche, le centre-gauche a gagné 0,1 % mais l’aile droite a pris le pouvoir sous la direction du jeune Sebastian Kurz.

Aux Pays-Bas, le parti travailliste néerlandais a connu une défaite écrasante, tandis que le Parti de la liberté, populiste de droite dirigé par Geert Wilders, a fait un bond.

Les articles parus dans le Guardian et le New York Times viennent à mesure que de nouvelles recherches révèlent que la part des votes des partis populistes en Europe a presque triplé depuis 2000, passant de 8,5 % à 24,1 %.

Selon l’Institut Tony Blair pour le changement, » le paysage politique de l’Europe subit la plus grande transformation depuis la fin de la guerre froide. »

Au cours des 17 dernières années, le nombre de partis populistes à travers le continent a presque doublé, passant de 33 à 63, avec le plus grand changement en Europe de l’Est.

En moyenne, en 2017, environ 13 % des voix en Europe occidentale ont été attribuées aux partis populistes, contre 32 % environ à l’Est.

Source: Breitbart / Liam Deacon

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