En Italie, le « FascioFacebook » rassemble des dizaines de milliers de jeunes nostalgiques de Mussolini

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En Italie, la propagande du régime fasciste est toujours un délit même si elle est largement tolérée. Signe de l’émergence d’une extrême droite de plus en plus présente sur le terrain et dans les mentalités, l’exaltation du souvenir de Mussolini marche très fort sur internet, spécialement sur Facebook.

A l’intérieur du Facebook italien existe un monde souterrain dans lequel l’on s’emploie chaque jour à rappeler les fastes perdus du régime, à lutter contre la Peste Rouge, partager des photos de défilés au pas de l’oie et exploiter l’image de Mussolini à des fins commerciales.

Des dizaines de milliers de nostalgiques de celui qu’ils considèrent « l’un des meilleurs chefs d’Etat qu’ait connus l’Italie » et non pas « le pire des dictateurs » expriment dans des communautés leur nostalgie du Duce.

Le FascioFacebook, en ce qu’il consiste à réunir en pages et groupes des milliers de personnes partageant des photomontages de Mussolini, films d’époque du « ventennio » et actualités récentes centrées sur l’immigration, n’est pas un phénomène nouveau. Pendant des années ces communautés étaient d’ailleurs restées dans leur coin, interagissant mal avec le reste de Facebook et sortant rarement de leur bulle.

Des heures de discours en « direct »

Le FascioFacebook a cependant su évoluer avec son temps et s’adapter à la façon « jeune » et moderne de communiquer sur internet. Ainsi, la mode est cette année au Facebook direct. Direct, enfin d’une certaine façon, car les groupes l’utilisent pour transmettre environ quatre-vingts ans plus tard les discours de Mussolini.

I #Discorsi di #Mussolini

Posted by Essere Fascista NON è reato on Sonntag, 2. April 2017

 

Il ne fait aucun doute que c’est une utilisation assez originale. Et l’idée est relativement nouvelle. Les premiers groupes à utiliser cette retransmission directe en décalé, début 2017, sont « Etre fasciste n’est pas un crime » (50 000 fans) et les « Jeunes fascistes italiens » (85 000 fans).

Dans la plupart des cas, il s’agit de discours du Duce tirés de documentaires sur le fascisme qui auraient tout à fait leur place sur la chaîne History Channel. Ce qui frappe, ils sont cependant longs, très long. Des heures et des heures de Mussolini parlant, avec peu ou pas de contexte permettant au public d’aujourd’hui d’en saisir la portée.

Mais il y a aussi une autre utilisation « créative » du direct. Le véritable pionnier de ce point de vue est la page « Révolution Fasciste » (30 000 fans), dont les vidéos se composent d’images aléatoires en arrière-plan de chansons nationalistes comme « Trieste 1953 », de de discours-fleuves de Mussolini et de scènes de commémoration de la mort du Duce filmées à Predappio.

La page « Être fasciste n’est pas un crime »

Quand une page diffuse en direct les fans sont avertis. En moyenne, plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs alors se connectent. La durée de ces directs, l’absence totale de contexte et en particulier le mur qui se garnît de commentaires entendus et d’émoticônes faisant le salut fasciste, font penser à une sorte de commémoration rituelle ou historique.

La raison du succès n’est pas seulement technique, il y a aussi la facilité d’utilisation, la capacité à engager les gens et l’efficacité de la communication.

Des groupes qui renaissent aussitôt

Parfois un dérapage ou une dénonciation attire l’attention des autorités – une loi de 1952 réprime l’apologie du fascisme – et quelqu’un finit au tribunal ou en prison. En Décembre 2014, par exemple, une enquête menée par le ministère public de l’Aquila a conduit à l’arrestation d’une dizaine de personnes accusées d’avoir mis en place une « association subversive de mouvance néo-fasciste ». Celle-ci consistait essentiellement en un groupe d’individus réuni sur Facebook postant des photomontages d’un goût douteux sur Cécile Kyenge, la ministre pour l’Intégration du gouvernement Letta, d’origine congolaise.

« En 70 ans l’Italie est passée du fascio à la pagaille »
        « Nous ferons renaître l’Etat fasciste »

En Mars 2016, pareillement, une enquête coordonnée par le procureur de Varese a mené à l’arrestation de 13 personnes actives dans le groupe « Vessilli Neri » (Drapeaux noirs) et quelques mois plus tard, en mai, un homme de 35 ans de Bergame qui administrait le groupe « DVX NOBIS » (Le Duce nous guide), avait été dénoncé.

Parfois également, c’est Facebook Italie qui ferme des pages ou groupes. Qui parfois renaissent aussitôt sous un nom différent. Voire tout simplement sous le même nom. L’histoire du groupe « I Giovani fascisti italiani » (Les jeunes fascistes italiens) est à cet égard bluffante. Supprimé en février 2015 alors qu’il affichait quasi 140 000 fans, il renaît quelques semaines plus tard sous la même identité. Au 6 juillet 2017, en progression constante, il compte déjà 85 633 abonnés.

Le Duce ne sera plus. Mais pour les fans de ces groupes un smartphone suffit pour se convaincre d’être à l’époque fasciste. Ce qui signifie bien quelque chose.

                                 « Je vous manque. Admettez-le »

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Occupè vous de la realitè que avez vous sur votre territoire! Il me semble que madame Le Pen de droite, aussi en france, a raggroupèe beaucoup de gens!! Il faudra voir aussi ceux qu’il est à la base de tout ça! Je pense de milliers des gens qui en non ont outre que du mecontent vers ceux qui devries gouverner obgiectivement sans discriminer la population native, Les françaises!! En faisant cadeux des droites á des jens qui viens seilement reclamer privileges. Les gens ils en ont marre!! Tout ça pousse vers le Nationalism!
    Je m’escuse pou les fouts grammair mais je ne suis pas francais mais italian!

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