John Wear — Des juristes et des avocats américains dénoncent l’injustice du Tribunal de Nuremberg

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Paru dans le Courrier du Continent

Les procès de Nuremberg et ceux qui ont suivi ont été organisés à des fins politiques plutôt que pour rendre une justice impartiale. Cet article présente les efforts de trois avocats américains pour dénoncer et corriger l’injustice de ces procès.

1) Charles F. Wennerstrum

Le juge de la Cour suprême de l’Iowa, Charles F. Wennerstrum, qui a présidé le procès des généraux allemands tenu à Nuremberg, a démissionné de son poste, dégoûté par la procédure. Dans un entretien accordé au Chicago Tribune, il a critiqué l’examen partial des preuves lors des procès. Le juge Wennerstrum a déclaré que l’accusation avait sélectionné les éléments de preuve lors des procès parmi un grand nombre de documents allemands saisis. La défense n’a eu accès qu’aux documents que l’accusation a jugés importants pour l’affaire. [1]

Le juge Wennerstrum a également déclaré que les procureurs et tout le personnel du Tribunal de Nuremberg étaient plus intéressés par la vengeance que par la justice. Il a déclaré : « L’accusation n’a pas réussi à maintenir l’objectivité et à écarter la vindicte partisane et les ambitions personnelles en vue d’aligner les condamnations comme des trophées de guerre… Ces procès devaient convaincre les Allemands de la culpabilité de leurs dirigeants. Ils ont simplement convaincu les Allemands que leurs dirigeants avaient perdu une guerre contre des vainqueurs impitoyables. » [2]

Le juge Wennerstrum a encore déclaré : « Toute l’atmosphère était malsaine… Des avocats, des greffiers, des interprètes et des juristes ont été sélectionnés… Ils ne sont devenus américains que ces dernières années. Leurs origines étaient ancrées dans les haines et les préjugés de l’Europe… Si j’avais su il y a sept mois ce que je sais aujourd’hui, je ne serais jamais venu ici… »

Derrière les grands idéaux annoncés, des motifs inavouables guident la procédure. L’absence de recours dans ces procès a laissé le juge Wennerstrum « avec le sentiment que la justice n’a pas été rendue » [3].

2) Edward L. Van Roden

Edward L. Van Roden, juge de Pennsylvanie, et Gordon Simpson, juge à la Cour suprême du Texas, étaient membres d’une commission chargée d’enquêter sur la torture et les sévices infligés à des accusés allemands dans des procès pour crimes de guerre menés par des Américains. Le rapport de la Commission Simpson a examiné 139 condamnations à mort prononcées contre des Allemands qui n’avaient pas encore été exécutés. Les affaires concernant les 139 condamnés se répartissaient en trois groupes : les Allemands impliqués dans des crimes commis dans les camps de concentration, dans l’assassinat des équipages d’avions de guerre américains abattus ou lors de l’incident de Malmédy.

Van Roden a déclaré dans un article du magazine Progressif qu’il était choqué par les méthodes utilisées pour obtenir les aveux des accusés.

Les déclarations admises comme preuves ont été obtenues de prisonniers qui avaient d’abord été maintenus à l’isolement pendant plusieurs mois. Ils étaient confinés entre quatre murs, sans fenêtre et sans possibilité de faire de l’exercice. Deux repas par jour leur étaient livrés par une fente dans la porte. Ils n’étaient autorisés à parler à personne. Ils n’ont eu aucune communication avec leurs familles et aucun aumônier n’était admis.

Cet isolement cellulaire s’est révélé suffisant, dans certains cas, pour convaincre les Allemands de signer des déclarations préparées d’avance. Ces déclarations impliquaient non seulement que le signataire reconnaissait sa culpabilité, mais aussi celle d’autres accusés. Les enquêteurs mettaient une cagoule noire sur la tête de l’accusé, puis le frappaient au visage avec une matraque de caoutchouc. Beaucoup d’accusés allemands avaient les dents cassées. Certains ont eu la mâchoire fracturée. Tous les Allemands sauf deux, dans les 139 cas examinés par la commission Simpson, avaient reçu des coups dans les testicules qui provoquèrent de graves lésions. C’était la routine pour les enquêteurs américains. [4]
Van Roden a déclaré que les prisonniers allemands qui refusaient de signer de fausses déclarations devaient subir un traitement encore plus sévère : parfois, un prisonnier qui refusait de signer était conduit dans une pièce faiblement éclairée, où des enquêteurs civils portant des uniformes de l’armée américaine étaient assis derrière une table noire avec un crucifix au centre et deux bougies allumées, une de chaque côté. « Vous allez maintenant comparaître devant vos juges » disait-on à l’accusé.

Le tribunal factice prononçait une sentence de mort. Ensuite, on disait au « condamné » : « Vous serez pendu dans quelques jours, dès que le général aura confirmé la sentence, mais entre-temps, signez ces aveux et nous pourrons surseoir à votre exécution. »
Certains ne signaient toujours pas.

La Commission Simpson été choquée par la présence d’un crucifix utilisé dans cette mise en scène. [5]

3) Willis N. Everett, Jr.

L’avocat américain Willis N. Everett, Jr. a été chargé de défendre les 74 accusés allemands mis en cause dans l’incident de Malmédy. Le procès s’est déroulé du 16 mai au 16 juillet 1946 devant un tribunal militaire composé d’officiers américains de rang supérieur, régis par les Statuts du Tribunal militaire international de Nuremberg [7].

Everett et ses assistants se sont divisés en plusieurs groupes pour interroger les accusés. Plusieurs accusés lui avaient confié qu’ils pensaient avoir participé à un véritable procès… ce n’était qu’une mascarade pour forcer les accusés à signer des aveux sous la menace d’être pendu… Un lieutenant-colonel était assis à une table drapée de noir qui portait une croix blanche et dont la seule lumière émanait de deux bougies allumées à chaque bout. Un accusé a été jugé et condamné à mort dans ce décor, mais il devait écrire avant son exécution des aveux complets de sa main. Ensuite, des coups, la vision de la corde du bourreau, un bandeau sur les yeux et la cagoule noire s’il persistait à ne pas avouer. Pas un n’a flanché, mais tous ont déclaré que l’accusation avait fabriqué leurs déclarations mais que c’était sans importance puisqu’ils devaient mourir le lendemain. Et ainsi de suite, avec chacun des accusés. Ces témoignages sont probants car ils étaient tous à l’isolement et sans possibilité de se concerter [8].

Joachim Peiper, le principal accusé du procès de Malmédy, a fait une impression extrêmement favorable sur Everett.

Peiper a témoigné au procès sur les violences subies pendant son interrogatoire : il a déclaré que le dernier jour de son séjour à Schwäbisch-Hall, il avait été convoqué pour un interrogatoire pendant lequel il devait porter, comme d’habitude, une cagoule noire sur la tête.

Alors qu’il attendait cagoulé dans le couloir de la prison, Joachim Peiper fut frappé par une personne inconnue au visage et aux parties génitales avec un objet contondant [9].

Au procès de Malmédy, tous les accusés furent reconnus coupables et condamnés à la peine capitale. Après le procès, Peiper écrivit à Willis Everett une lettre dans laquelle il exprimait sa gratitude pour le travail accompli en tant qu’avocat de la défense : « Avant que nos pas ne se séparent, je tiens à vous remercier particulièrement pour toute l’aide que vous nous avez apportée en tant qu’être humain, en tant que soldat et principal avocat de la défense au cours de ces huit dernières semaines. Pendant cette période d’accablement, vous et le lieutenant-colonel Harold McCown m’avez permis de retrouver la foi que j’avais perdue. Cela restera mon seul bon souvenir et ce réconfort m’a permis de supporter les tourments de l’affaire de Malmédy. » [10]

Willis Everett en mission

Willis Everett était convaincu que le procès de Malmédy avait été une parodie de justice. Une centaine de ses amis et d’autres officiers américains lui conseillèrent d’oublier l’affaire de Malmédy et de tourner la page. Cependant, l’indignation d’Everett était tellement profonde qu’elle le poussa à tout tenter en faveur des condamnés de Malmédy. [11]

Everett rédigea un mémoire de 228 pages sur l’enquête et le procès, affirmant que les condamnations prononcées contre les accusés de Malmédy avaient été fabriquées notamment sur la base « d’aveux obtenus illégalement et frauduleusement ».

Le mémoire de défense affirmait également que le procès était une parodie de justice ne visant que les soldats allemands puisque les Alliés étaient également coupables des mêmes crimes. Everett a envoyé ce document au bureau du lieutenant-colonel Clio Straight pour qu’il soit inclus dans la procédure de révision qui était obligatoire avant que les sentences ne deviennent exécutoires. [12]

Everett s’est impliqué corps et âme dans une campagne visant à réformer le jugement de Malmédy. Après avoir lu l’article du juge Charles Wennerstrum dans le Chicago Tribune, Everett lui écrivit pour qu’il l’aide à obtenir un nouveau jugement : « J’ai toujours dit au commandant général de l’EUCOM que j’interpellerai la Cour suprême des Etats-Unis s’il ne renvoyait pas l’affaire pour qu’elle soit rejugée. Franchement, je ne connais aucun moyen de saisir la Cour suprême, j’ai bluffé à ce sujet pour le forcer à renvoyer l’affaire devant un tribunal… Nous partageons tous les deux le même point de vue sur ces procès pour crimes de guerre, sauf que j’en suis révolté et que vous êtes plus mesuré dans votre approche. » [13]

Le juge Wennerstrum a été la source de judicieux conseils pour Everett au cours des mois à venir et il lui a présenté des hommes politiques potentiellement favorables à sa cause. Everett a poursuivi sa campagne sur plusieurs fronts : appel judiciaire, publicité et pressions au Congrès pour obtenir un nouveau procès dans l’affaire de Malmédy. [14]

La Cour suprême des Etats-Unis a rejeté une requête d’Everett demandant à ce que l’affaire de Malmédy fasse l’objet d’une nouvelle instruction. Everett a ensuite formé un recours devant la Cour internationale de justice de La Haye (CIJ). Everett savait qu’il y avait peu de chances que la CIJ examine l’affaire, car seuls les Etats sont parties prenantes devant la CIJ.
Everett a discuté avec le juge Wennerstrum d’un argument novateur selon lequel, puisqu’il n’y avait plus de gouvernement allemand après la reddition sans condition du Reich, il n’y avait personne d’autre qu’Everett pour faire appel en faveur des condamnés à mort. Les deux avocats ont convenu qu’il fallait malgré tout essayer.

Le juge Wennerstrum a également suggéré qu’il devait agir de manière encore plus audacieuse : si les statuts de la CIJ interdisaient aux particuliers de faire appel de cette juridiction, on pourrait prétendre que le droit international public lui permettait de le faire quand même puisque les condamnés ne pouvaient pas bénéficier de la protection qu’un Etat de droit doit garantir à ses citoyens. [15]

Comme prévu, la CIJ avait déclaré irrecevable l’appel interjeté par Everett dans l’affaire de Malmédy.

Le 29 décembre 1948, Everett apprit également que certaines des condamnations à la peine capitale prononcées dans l’affaire de Malmédy avaient été approuvées par le général Lucius Clay, gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine. Everett était désespéré de constater que l’armée américaine était déterminée à camoufler ses forfaitures en supprimant par la pendaison des innocents qui étaient aussi des témoins gênants [16].

La justice prévaut finalement

Le rapport de la Commission Simpson recommandait que toutes les peines de mort non encore exécutées dans l’affaire de Malmédy soient commuées en peine de réclusion à perpétuité. Le rapport confirmait les doutes d’Everett concernant les procès simulés et précisait que l’enquête préliminaire n’avait pas été menée correctement. La tourmente résultant du rapport de la commission ainsi que les remous provoqués par l’article publié par Edward L. Van Roden ont amené le Sénat américain à enquêter sur le procès de Malmédy. [17]

L’enquête menée par le Comité sénatorial des forces armées a permis de déterminer qu’il y avait « peu ou pas de preuves » à l’appui de l’affirmation de Van Roden selon laquelle les accusés de Malmédy auraient été victimes de violences physiques [18].

Cependant, le Comité a estimé que des procédures illégales telles que des procès simulés avaient eu une influence défavorable sur la procédure, voire sur son résultat. [19]

Le 30 janvier 1951, le général Thomas T. Handy, commandant en chef du commandement européen américain, commuait les peines de mort en emprisonnement à vie.
Handy a fait allusion au fait que les « crimes de guerre » avaient eu lieu dans une sit

ation de combat confuse et désespérée pour justifier la commutation des peines prononcées contre les accusés de l’affaire de Malmédy. [20]

La décision de Handy a redonné espoir aux défenseurs et aux condamnés de Malmédy. Joachim Peiper a écrit à Everett : « Grâce à Dieu, nous avons été entendus, et c’est à vous que j’adresse nos bénédictions. Pendant toutes ces longues et sombres années, vous avez été le phare des âmes désespérées des garçons de Malmédy, la voix et la conscience de l’Amérique, et votre succès est celui des causes désespérées. Permettez-moi donc, Colonel, de vous exprimer la gratitude éternelle de ceux qui étaient vêtus de la veste rouge des condamnés à mort, ainsi que la reconnaissance de toutes les familles concernées » [21].

Les accusés de Malmédy ont été progressivement libérés grâce à la commission de révision annuelle. Dernier condamné de Malmédy à sortir de prison, Joachim Peiper a été libéré le 22 décembre 1956 [22].

Sacrifice des avocats américains

Défendre la cause des accusés de Malmédy avait exigé beaucoup de courage et de sacrifice personnel de la part des avocats américains.

Le général Telford Taylor, procureur général pour les crimes de guerre à Nuremberg, a publiquement reproché au juge Charles Wennerstrum d’avoir fait des déclarations « contraires aux intérêts et de la politique des Etats-Unis ». Dans une lettre ouverte au juge Wennerstrum, le général Taylor a déclaré qu’il avait un point de vue délibérément malveillant et totalement infondé sur ces procès.

La lettre de Taylor à Wennerstrum concluait : « Si vous avez effectivement partagé les opinions que vous êtes censés défendre, vous vous êtes rendu coupable de faute grave en continuant à persister dans cette idée. » [23]

Edward L. Van Roden a déclaré à Everett qu’il avait également payé cher le prix de son implication dans l’affaire de Malmédy. Des indices probants indiquent que Van Roden a été inscrit sur une liste noire par le bureau du procureur général, raison pour laquelle il s’est vu refuser tout service actif dans la réserve de l’armée, ce qui a provoqué des effets négatifs sur ses perspectives de retraite. [24]

Willis Everett a également consenti un énorme sacrifice personnel et financier pour libérer les accusés de Malmédy.

Le stress physique et émotionnel lié à la procédure d’appel a entraîné une détérioration de sa santé, ce qui a provoqué une crise cardiaque. Everett a estimé que les dépenses personnelles engagées dans cette affaire pouvaient atteindre 50 000 dollars, à quoi il faut ajouter le manque à gagner pour son cabinet d’avocat à cause du temps consacré à son engagement bénévole.

Le consul de l’Allemagne de l’Ouest à Atlanta a reconnu le dévouement d’Everett en lui remettant à bien plaire un chèque de 5000 dollars en guise de remerciements pour ses efforts persévérants en faveur des accusés de Malmédy.

Pour les avocats américains Charles Wennerstrum, Edward L. Van Roden et Willis Everett, l’esprit de justice primait tout autre considération et les poussait à s’engager au détriment de leurs intérêts professionnels et personnels.

Leur engagement basé sur un impératif éthique et le sens des valeurs morales ont été grandement appréciés par de nombreux Allemands.

Joachim Peiper a écrit à Willis Everett : « Vous avez été le meilleur ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, donnant ainsi un exemple respecté et reconnu bien au-delà des seuls défenseurs de l’affaire de Malmédy. » [26]

NOTES
[1] Foust, Hal, “Nazi Trial Judge Rips Injustice,” Chicago Daily Tribune, Feb. 23, 1948, pp. 1-2.
[2] Ibid.
[3] Ibid.
[4] https://codoh.com/library/document/1129/ ; E. L. Van Roden, “American Atrocities in Germany,” The Progressive, February 1949, p. 21f.
[5] Ibid.
[6] Ibid.
[7] Parker, Danny S., Hitler’s Warrior: The Life and Wars of SS Colonel Jochen Peiper, Boston, Mass.: Da Capo Press, 2014, p. 148.
[8] Weingartner, James J., A Peculiar Crusade: Willis M. Everett and the Malmedy Massacre, New York: New York University Press, 2000, pp. 42-43.
[9] Parker, Danny S., Hitler’s Warrior : The Life and Wars of SS Colonel Jochen Peiper, Boston, Mass.: Da Capo Press, 2014, p. 171.
[10] Ibid., p. 183.
[11] Weingartner, James J., A Peculiar Crusade : Willis M. Everett and the Malmedy Massacre, New York : New York University Press, 2000, pp. 119, 138.
[12] Ibid., pp. 120-122.
[13] Ibid., p. 144.
[14] Ibid., pp. 145, 179.
[15] Ibid., pp. 150, 175, 181-183.
[16] Ibid., p. 174.
[17] Parker, Danny S., Hitler’s Warrior : The Life and Wars of SS Colonel Jochen Peiper, Boston, Mass.: Da Capo Press, 2014, p. 187.
[18] http://www.loc.gov/rr/frd/Military_Law/pdf/Malmedy_report.pdf.
[19] Parker, Danny S., Hitler’s Warrior : The Life and Wars of SS Colonel Jochen Peiper, Boston, Mass.: Da Capo Press, 2014, p. 187.
[20] Weingartner, James J., Crossroads of Death: The Story of the Malmédy Massacre and Trial, Berkeley, Cal. : University of California Press, 1979, 236.
[21] Ibid., pp. 236-237.
[22] Parker, Danny S., Hitler’s Warrior: The Life and Wars of SS Colonel Jochen Peiper, Boston, Mass.: Da Capo Press, 2014, pp. 194, 200.
[23] Foust, Hal, “Nazi Trial Judge Rips Injustice,” Chicago Daily Tribune, Feb. 23, 1948, p. 2.
[24] Weingartner, James J., A Peculiar Crusade : Willis M. Everett and the Malmedy Massacre, New York : New York University Press, 2000, p. 209.
[25] Ibid., pp. 199, 220.
[26] Ibid., pp. 222, 227.

Source : https://inconvenienthistory.com/10/3/6276

Publié par le Courrier du Continent No 605, février 2019, pages 8-9-10

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