La rencontre Poutine-Le Pen essuie une vague de critiques

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© DR. Marine Le Pen et Vladimir Poutine se sont entretenus pendant 1 h 30, vendredi 24 mars au Kremlin.

La présidente du Front national et candidate à la présidentielle a été reçue ce vendredi par Vladimir Poutine, le président russe, à Moscou. Une rencontre qui suscite les critiques de ses concurrents.

La rencontre a pris nombre d’observateurs de court. Et pour cause: elle n’avait pas été annoncée à l’agenda officiel et s’est déroulée hors de toute présence de la presse étrangère. Ce vendredi, en déplacement en Russie, Marine Le Pen a été reçue pendant plus d’une heure par le président russe Vladimir Poutine.

© DR. Twitter. « J’ai échangé avec le Président Poutine sur le sort des Chrétiens d’Orient, menacés chaque jour par les fondamentalistes islamistes », écrit Marine Le Pen sur son compte Twitter.

Il est exceptionnel que le président de la Russie reçoive un candidat présidentiel à une date aussi rapprochée d’une élection. Mais pour la candidate du Front national à la présidentielle, Vladimir Poutine a fait une exception. « Chacun trouve son compte dans cette rencontre », analyse Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de la Russie à l’Institut français des relations internationales, interrogée par la chaîne France 24.

« La Russie est prête à entretenir des contacts avec les représentants de toutes les forces politiques, que ce soit avec des chefs d’Etat en poste ou avec des représentants de l’opposition, il s’agit d’une pratique normale », a déclaré le porte-parole Dmitri Peskov, ajoutant qu' »il est très important de discuter avec les forces (politiques) prônant la nécessité de maintenir un dialogue bilatéral » avec la Russie.

Hamon: « Le Pen, soumise au Kremlin »

En France toutefois, la rencontre a soulevé les critiques, notamment celles de Benoit Hamon, le candidat PS à l’élection présidentielle qui se tiendra dans un mois. Ce dernier a largement critiqué cette entrevue: « Soumise, voilà ce qu’est Madame Le Pen, soumise au Kremlin! ». « Soumise parce que manifestement elle a bénéficié de millions d’euros de banques russes, soumise parce que Vladimir Poutine soutient son projet de dislocation de l’Europe pour le laisser maître du jeu demain sur le continent européen, soumise fondamentalement parce que Vladimir Poutine l’inspire quant à la manière de diriger un pays », a-t-il ajouté. Benoît Hamon a regretté « cette allégeance de Marine Le Pen à la Russie au moment où elle prétend défendre les intérêts de la France ». « Nous soumettre au Kremlin, accepter l’annexion de la Crimée, la guerre en Ukraine… Voulons-nous de cela? », s’est interrogé le candidat.

Mélenchon : « Poutine adoube Le Pen ! »

Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon a quant à lui aussi réagi à cette visite : «Poutine adoube Le Pen ! C’est bien la preuve que je n’ai rien à voir avec».

Macron: « Leur fascination pour la Russie de Poutine est délétère. »

Dans une longue interview accordée aujourd’hui au journal Libération, le candidat Emmanuel Macron a souligné un important point de clivage entre les candidats à la présidentielle sur les questions internationales. Et notamment concernant la Russie.

« C’est un de mes grands désaccords avec madame Le Pen, monsieur Fillon et monsieur Mélenchon », explique le candidat d’En Marche, avant de mettre des mots sur cette divergence : « Leur fascination pour la Russie de Poutine est délétère. ». « Il faut certes discuter avec la Russie pour assurer la stabilité au Moyen-Orient, a-t-il poursuit. Mais n’oublions pas qui ils sont, ce qu’ils font, et la nature de leur régime », ajoute l’ancien ministre de l’Economie.

Les relations entre la France et la Russie divisent les candidats

La question des relations entre la France et la Russie avait donné lieu lors du grand débat présidentiel télévisé du 20 mars à un vif échange entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, qui a défendu la renégociation des frontières de l’ancien bloc soviétique. Une idée alors approuvée par François Fillon, allié du candidat de la France insoumise sur cette question, et dont les résultats à la primaire de la droite avaient été salués par la presse russe qui voyait en François Fillon « un ami de Moscou ».

Quant au FN, comme le titrait Le Monde en novembre 2016, il y a entre le parti de Marine Le Pen et la Russie, « une idylle qui dure ».

 

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