L’armée US ouvre une enquête après le recrutement d’un ancien combattant français en Ukraine

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Hier, aux côtés des rebelles en tant que combattant volontaire dans l’est séparatiste de l’Ukraine. Aujourd’hui, soldat dans une division d’infanterie US à Hawaï ! Le quotidien américain Washington Post révèle le parcours peu banal d’un ancien nationaliste français.

L’armée de terre américaine vérifie actuellement si le recrutement du «première classe franco-américain Guillaume Cuvelier» a suivi «les procédures appropriées», a déclaré le colonel Patrick Seiber, un porte-parole de l’US Army. « Dans des cas exceptionnels, l’armée peut permettre à quelqu’un d’être pardonné de ses erreurs passées et de servir pour son pays« , a rappelé un représentant de l’armée US, le Lt. Col. Randy Taylor, cité par le journal.

Guillaume Cuvelier, 29 ans, a été envoyé pour une formation de base en janvier dernier et a obtenu son diplôme d’infanterie à Fort Benning, dans l’Etat de Géorgie.

Selon le Washington Post, qui a eu quelques contacts par messagerie avec Guillaume Cuvelier, celui-ci affirme avoir changé et vouloir fuir la publicité. «L’armée américaine est ma seule chance d’avancer et de me couper de mon passé», a-t-il dit au quotidien, plaidant sans succès pour que son nom et sa photo ne soit pas publiés.

«En publiant un article sur moi, vous ruinez ma carrière», selon les messages cités par le quotidien américain, qui a retracé le parcours peu banal de Cuvelier, depuis la mouvance d’extrême-droite dans l’Ouest de la France jusqu’à l’US Army.

Un ancien militant nationaliste en France

Cuvelier a grandi à Rouen, en France, et est diplômé de l’université en 2009, selon son profil Facebook, qui a depuis été supprimé. En 2010, il avait été candidat aux élections régionales dans l’Eure pour le «Parti de la France», petite formation politique fondée par l’ancien dirigeant du Front national Carl Lang.

Cuvelier faisait également partie du groupe néo-fasciste «Troisième voie» et d’un mouvement d’identité appelé «Les jeunes idéologues», selon Anton Shekhovtsov, membre invité de l’Institut des sciences humaines de Vienne, qui se concentre sur les mouvements de droite à travers En Europe et a beaucoup écrit sur le conflit d’Ukraine.

En Ukraine, il combattait l’impérialisme américain

Dans plusieurs documentaires publiés sur internet, Cuvelier, qui se faisait appeler Lenormand dans le Donbass, expliquait pourquoi avec plusieurs compatriotes il se battait en 2014 pour la Novorossie, cet entité chère à Vladimir Poutine: « C’est dans l’intérêt de l’Ukraine d’être libre, de l’Union européenne et de l’Otan ».

En 2014, « Lenormand » (au centre) paradait fréquemment devant la presse avec ses compatriotes français engagés côté séparatiste. © DR

Très proches des valeurs nationalistes prônées par le Kremlin, du christianisme à la Russe, et parfaitement conscients d’avoir franchi une ligne jaune, « Lenormand » et ses compagnons d’armes n’imaginaient pas revenir en France.

Des traces sur internet évoquent par ailleurs une expérience militaire pour le Français en 2015 en Irak, avec un groupe de volontaires occidentaux venu soutenir les peshmergas, les combattants kurdes irakiens.

 

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