Le géant franco-suisse du ciment LafargeHolcim affiche sa volonté de participer à la construction du mur avec le Mexique

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© DR. Ce projet à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, est au centre d’une crise diplomatique entre Mexico et Washington et suscite des critiques à travers le monde.

Le géant franco-suisse du ciment, dont le slogan est « A new leader for a new world », est sur les rangs pour remporter le gigantesque appel d’offres pour la construction du mur anti-clandestins voulu par Donald Trump pour renforcer la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

En bref :

  •  Le groupe franco-suisse affiche sa volonté d’être le grand gagnant du colossal programme de travaux publics en préparation (1 000 milliards de dollars /950 milliards d’euros) aux Etat-Unis
  • Le projet controversé de mur anti-clandestins se trouve au centre d’une crise diplomatique entre Mexico et Washington
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a appelé le groupe franco-suisse à « bien réfléchir »  
  • LafargeHolcim pourrait faire pencher la balance de son côté face au cimentier mexicain Cemex, fortement pressenti pour emporter la construction du mur

Lorgnant sur le colossal programme de travaux publics en préparation aux États-Unis, le groupe franco-suisse LafargeHolcim se dit prêt à vendre son ciment pour le mur anti-clandestins promis par Donald Trump, assure son PDG. Ce projet à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, est au centre d’une crise diplomatique entre Mexico et Washington et suscite des critiques à travers le monde.

Une barrière discontinue est déjà installée depuis plusieurs années sur plus d’un millier des quelque 3.140 km de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. «Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d’infrastructures aux États-Unis», déclare Eric Olsen, le patron du géant du ciment. «Nous sommes le premier cimentier aux États-Unis (…). Nous sommes ici pour soutenir la construction et le développement du pays», justifie le dirigeant.

Questionné sur les éventuelles conséquences sur la réputation du groupe, Eric Olsen insiste sur le fait que LafargeHolcim ne fait pas de politique. «Nous sommes ici (aux États-Unis) pour servir nos clients et répondre à leurs besoins. Nous ne sommes pas une organisation politique», défend le patron. «Nous n’avons pas d’opinion politique», martèle-t-il, refusant par ailleurs de s’exprimer sur le financement indirect par Lafarge en 2013 et 2014 de groupes armés en Syrie, pays déchiré par un long conflit, pour maintenir en activité une des ses cimenteries.

© DR. De 10 à 12 m de hauteur, le mur tel que promis par Donald Trump, devra s’étaler le long des 3200 km de frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. « Un peu plus de 1 000 km existent déjà, et il en faudrait encore 1 600 », a déclaré le nouveau président des Etats-Unis.

Créations d’emplois

L’entreprise espère être un des grands gagnants du programme d’investissements de 1000 milliards de dollars promis par Donald Trump pour rénover les infrastructures américaines (ponts, tunnels, routes, aéroports). Ce plan, dont l’annonce est imminente, devrait inclure la construction du mur frontalier, croit savoir la presse américaine. «Il va y avoir une hausse importante des dépenses d’infrastructures», anticipe d’ores et déjà Eric Olsen, parlant des premiers effets sur les résultats de LafargeHolcim à partir de 2018. «Nous sommes bien placés pour tirer profit de ces investissements».

«Il faut que cette entreprise réfléchisse bien», a réagi Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères. Le ministre a mis en garde Lafarge, invitant ses dirigeants à «bien réfléchir à ses propres intérêts» économiques.

© DR. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères

« Lafarge dit “je ne fais pas de politique”. Très bien, mais je rappelle que les entreprises  et nous avons travaillé au gouvernement pour développer cette dimension ont aussi une dimension sociale et environnementale. J’en appelle à ses responsabilités. Elle devrait bien réfléchir à ses propres intérêts : il y a d’autres clients qui vont regarder ça avec une certaine stupéfaction. »

Le groupe, qui a renoué avec les bénéfices en 2016 après des pertes l’année précédente, devrait annoncer dans les prochaines semaines aux États-Unis des créations d’emplois, un sujet cher à Donald Trump, élu sur la promesse de rapatrier les emplois industriels sur le sol américain. «Je ne peux pas donner de chiffre exact mais ce sera important», avance Eric Olsen. Autre élément qui pourrait séduire Donald Trump, qui martèle depuis des semaines sa stratégie de donner la priorité aux salariés, marchandises et entreprises américains: LafargeHolcim dispose de sites de production au Texas et des opérations dans le Nouveau-Mexique et en Arizona, soit trois des quatre États américains frontaliers du Mexique.

Le géant, né en 2015 de la fusion entre les cimentiers français Lafarge et suisse Holcim, dont le slogan est « A new leader for a new world » (« un nouveau leader pour un nouveau monde »), se distingue de son rival irlandais CRH, qui a fait savoir qu’il ne fournirait pas de matériaux pour la construction du mur du président Trump.
Par ailleurs, le cimentier vient de construire deux nouvelles usines dans le Maryland et l’Oklahoma et a ouvert de nouvelles capacités dans les États de New York et du Missouri, en prévision du redressement en cours du secteur de la construction. Cette forte présence américaine pourrait faire pencher la balance de son côté face au cimentier mexicain Cemex, fortement pressenti pour emporter ce projet.

 

Source: diverses agences et médias (Le Figaro, Le Monde, Libération)

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