Un leader nationaliste russe défend une « solution finale » pour l’Ukraine

0
317

ANALYSE Vladimir Jirinovski, le leader flamboyant et souvent scandaleux du Parti libéral-démocrate de la Russie, ne doit pas être ignoré, car il exprime souvent des idées circulant parmi les personnalités les plus puissantes à Moscou qui, pour diverses raisons, ne sont pas prêtes à les faire avancer en public.

Ce modèle fait des dernières prévisions de Jirinovski sur l’avenir de l’Ukraine un discours particulièrement troublant. Il a déclaré au cours d’un talk-show sur Pierviy Kanal jeudi dernier que « la solution finale » au conflit en Ukraine sera la partition « pas pour demain » de ce pays mais après plusieurs cycles de négociations.

Selon Jirinovski, « l’Ukraine du sud-est et sa population russe iront à la Russie mais le nord-ouest deviendra un état nationaliste de sept à huit millions de personnes [et] deviendra membre de l’OTAN et de l’Union européenne ». De cette façon, « le problème sera résolu: il n’y aura plus de question ukrainienne! ».

Un nouveau pays appelé Galicie

Lviv sera la capitale de ce nouvel Etat, poursuit le leader du LDPR, parce que Kiev, « la mère des villes russes, » doit faire partie de la Russie, et le nouveau pays centré sur Lvov sera appelée Galicie, un espace enclavé, et en aucun cas Ukraine avec un débouché sur la mer. Ainsi, le nom « Ukraine » disparaîtra des cartes géographiques.

Deux traits de discours de Jirinovski sont particulièrement remarquables. D’une part, ses idées sur la partition de l’Ukraine ne sont pas aussi éloignées de celles du projet de Novorossiya caressé par Vladimir Poutine, qui donnerait à la Russie un pont terrestre non seulement sur la Crimée mais également vers la région de Transnistrie, en Moldavie, privant ainsi l’Ukraine d’un accès à la mer.

Et d’autre part, Jirinovski suggère qu’il voit un avenir dans lequel un Etat ukrainien – quoi que l’on ne l’appellerait plus ainsi et qu’il n’aurait plus rien de commun avec ses frontières actuelles -, serait membre des deux institutions occidentales clés, l’OTAN et l’UE. Une indication que ces paroles reflètent probablement dans le cas présent ce que Moscou croit être en mesure d’offrir comme compromis acceptable dans ses négociations avec l’Occident.

 

Source : traduction libre d’un article (en anglais) paru dans Window on Eurasia / Paul Goble

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous ou sur notre page Facebook

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez votre commentaire
Entrez votre nom ici

*