Les Russes ethniques devenus citoyens estoniens forment une part croissante de la Ligue de défense estonienne

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Capture d'écran reportage Spektr.

Non seulement les Russes de souche sont de plus en plus nombreux à devenir citoyens estoniens, mais ils rejoignent de manière toujours plus croissante les rangs de la Kaitseliit, la Ligue de défense estonienne qui, jusqu’à récemment, était considérée par de nombreux russophones comme une organisation nationaliste estonienne profondément anti-russe.

Ce développement, chroniqué par le journaliste russe Yevgeniya Volokhonskaya pour le magazine online moscovite Spektr, est important. D’une part, il montre que les Russes de souche qui ont choisi de devenir citoyens estoniens n’agissent pas uniquement pour des raisons pragmatiques comme l’accès à l’UE, comme le suggèrent certains analystes moscovites, mais s’identifient à l’Estonie et à ses valeurs.

D’autre part, il indique que les institutions estoniennes, même celles qui s’identifient le plus étroitement au nationalisme estonien, sont tout à fait prêtes à accepter sur un pied d’égalité les citoyens estoniens russophones, ce qui va à l’encontre du refrain de Moscou selon lequel la loi sur la citoyenneté estonienne et bien d’autres choses sont motivées par un ethno-nationalisme étroit.

Ces deux facteurs signifient à leur tour que l’Estonie est une société beaucoup plus intégrée que Moscou et que beaucoup en Occident le considèrent et que le gouvernement russe ne peut pas compter sur les russophones de cette république balte pour écouter le chant des sirènes de la propagande du Kremlin, même s’ils continuent à regarder la télévision russe.

Volokhonskaya dit qu’« il y a dix ans, le Kaitseliit était considéré dans le milieu russophone local comme un phénomène purement national. Maintenant, cependant, avec les Estoniens ethniques, de plus en plus de résidents russophones rejoignent ses rangs ».

Les commandants du Kaitseliit disent, poursuit le journaliste moscovite, qu’il n’existe pas de « statistiques officielles » sur le nombre de Russes de souche et d’Estoniens de souche : « Ils sont tous citoyens estoniens et il est inapproprié de les diviser sur une base ethnique. »

Plus que toute autre institution, le Kaitseliit est étroitement lié à l’histoire de l’Estonie. Il a été créé en 1918 et a existé jusqu’au début de l’occupation soviétique en 1940. Puis il a été restauré en 1990 et existe depuis lors. Il compte actuellement plus de 25 000 membres dans ses rangs.

Ils « coopèrent activement avec les autorités locales, la police, les gardes-frontières, les organismes de sauvetage et les services d’incendie », explique le magazine Spektr. « Les Russes et les Estoniens …. agissent ensemble pour éteindre les incendies et nettoyer les dégâts, ainsi que pour participer aux opérations de recherche et de sauvetage. » Tout le monde travaille ensemble : leurs origines ethniques ne sont pas pertinentes. Ce qui compte, ce sont les compétences personnelles.

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Les Russes de souche qui participent à ces activités disent qu’ils le font pour servir leur pays, bien que certains membres de la communauté russophone d’Estonie croient encore que le Kaitseliit comprend de nombreux Estoniens ayant des opinions ethno-nationalistes. Cependant, à mesure que l’expérience avec cette organisation se poursuit, ces points de vue ont tendance à se dissiper.

Un citoyen estonien d’origine russe, avec lequel la journaliste s’est entretenu, l’a le mieux exprimé : les gens varient en de nombreuses qualités, mais les différences entre les personnes d’un même groupe ethnique sont plus grandes que les différences entre ces groupes.

Source: Window on Eurasia / Paul Goble

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