L’expulsion d’un clandestin irlandais arrivé il y a 18 ans crée une onde de choc aux Etats-Unis

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Capture écran Video RTE / Prime Time

Les promesses d’expulser 11 millions d’immigrés sans papiers – un chiffre depuis revu à la baisse –  ainsi que la construction d’un mur qui doit protéger les 3200 kilomètres de frontière qui séparent le Mexique et les Etats-Unis ont été les thèmes de campagne présidentielle favoris de Donald Trump.

Sous la présidence Obama, les personnes sans casier judiciaire n’étaient pas renvoyées dans leur pays. D’après les nouvelles directives de l’administration américaine, tous les immigrés clandestins vivant aux Etats-Unis sont désormais susceptibles d’être expulsés, ne faisant une exception explicite que pour les sans-papiers arrivés enfants sur le territoire.

Jusqu’ici, les immigrants latinos du Mexique et d’Amérique centrale étaient la cible essentielle des autorités américaines en termes d’arrestations et d’expulsion de clandestins vers leur pays d’origine.

John Cunningham est devenu le premier émigrant irlandais à être expulsé sous la présidence de Donald Trump et attirer l’attention du public. Son cas fait grand bruit à Boston, et à travers les Etats-Unis, parmi l’importante communauté irlandaise.

Arrivé en 1999 avec un visa de 90 jours

John Cunningham est venu à Boston en 1999. Comme beaucoup d’immigrants irlandais aux États-Unis, il est arrivé avec un visa de 90 jours pour un travail d’été. Mais alors qu’il devait repartir, il s’est installé, a travaillé comme électricien et a même créé sa propre entreprise, restant dans le pays sans autorisation.

Le 16 juin dernier, près de deux décennies plus tard, les agents américains de l’immigration et des douanes sont venus chez lui pour l’arrêter. Il a été expulsé vers l’Irlande le 5 juillet.

« Son expulsion a créé une onde choc dans la communauté irlandaise», s’est confié un ami proche de John Cunningham au quotidien irlandais Irish Times. « Il y avait une incrédulité générale que cela ce soit réellement produit ».

Selon la BBC, qui a également enquêté sur l’affaire Cunningham, les immigrants blancs et sans papiers naviguent désormais aux Etats-Unis entre privilège et panique. « Il y a une peur », a témoigné Jerry, un clandestin irlandais arrivé en 2011. « Vous pouvez marcher dans la rue et tomber sur la mauvaise personne, vous pouvez vous faire arrêter au volant de votre véhicule, entrer dans le mauvais bâtiment ou montrer la mauvaise pièce d’identification. »

L’Institut de politique de migration estime qu’il y a 16 000 Irlandais sans papiers vivant aux États-Unis. L’ambassade d’Irlande à Washington, elle, rapproche ce chiffre à 50 000. La plupart vivent à Boston, New York ou Chicago.

Difficile de rester sous le radar des contrôles d’immigration

En mars dernier, John Cunningham s’était confié sur son expérience de clandestin à la télévision irlandaise RTÉ qui préparait une émission sur les sans-papiers irlandais vivant aux Etats-Unis.

« La plupart des gens ici associent sans-papiers aux immigrants qui traversent la frontière du sud des Etats-Unis, expliquait-il. Mais Ils ne pensent pas à l’Irlandais qui vit juste à côté de chez eux. »

John Cunningham estimait pendant longtemps qu’en tant qu’homme blanc, il  pouvait rester sous le radar des contrôles d’immigration, ceux-ci ciblant principalement les immigrants issus du Mexique et de l’Amérique centrale.

Il avait témoigné à la télévision irlandaise que la police locale et les responsables de l’immigration ne mettaient jamais en doute sa situation régulière lors de contrôles. Comme si son accent irlandais lui valait un laissez-passer.

 

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