Le parlement espagnol réclame que Franco quitte son mausolée

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El Valle de los Caidos. Image Wikipedia.

Fait unique en Europe, un dictateur possède une sépulture publique. Le général Franco trône 40 ans après sa mort au Valle de los Caídos, à une heure de Madrid. Le Parlement a voté, jeudi 11 mai, une résolution présentée par les socialistes demandant « l’exhumation des restes de Francisco Franco et leur transfert hors du Valle de los Caidos », le gigantesque mausolée dans lequel il repose.

Faut-il raviver les plaies de la guerre civile espagnole en déterrant le corps d’un dictateur? Un personnage si controversé peut-il posséder un tombe publique sous un monument gigantesque à sa gloire ? Ce sont deux questions qui reviennent hanter régulièrement le débat politique espagnol. Rappel des faits: 1936 une guerre civile éclate en Espagne, la gauche républicaine s’entretue avec les troupes d’extrême-droite emmenées par le Général Franco. Ce dernier gagne le conflit et instaure un régime dictatorial en Espagne qui durera jusqu’à sa mort en 1975. Soucieux de laisser sa trace physique dans l’histoire du pays, Franco se fait construire dès la fin des années 50 une sépulture avec une gigantesque croix catholique de 150 mètres de hauteur dans un lieu situé à une heure de Madrid : « el Valle de los Caídos » .

A la mort du dictateur et jusqu’au début des années 2000, la tombe de Franco est devenue un lieu de pèlerinage pour les nostalgiques du régime qui assistent à des messes prononcées en faveur du défunt. Il n’était pas rare de voir débarquer des néo-nazis venir rendre hommage au dictateur.

Les élus du parti au pouvoir se sont abstenus
Le congrès des députés espagnol a demandé jeudi au gouvernement conservateur que les restes de Franco soient exhumés de l’immense mausolée controversé où le dictateur est enterré.
Un texte réclamant ce retrait, en application d’une loi visant à mieux honorer la mémoire des victimes de la dictature, a été adopté avec 198 votes favorables et un vote contre. Les élus du Parti populaire (PP, droite) au pouvoir se sont abstenus.

En Espagne, l’héritage politique de Franco reste un sujet sensible

Il faudra la loi de mémoire historique instaurée par le gouvernement socialiste de Jose-Luis Zapetero en 2007 pour que deviennent interdits ces rassemblements. Néanmoins l’exécutif de l’époque ne trouve pas un consensus assez large pour retirer la tombe de Franco. Il faut dire qu’en Espagne, l’héritage politique de Franco reste un sujet sensible. Tout un secteur du Partido Popular (PP), le mouvement de droite actuellement au pouvoir et fondé par un ancien ministre de Franco ne condamne que du bout des lèvres l’épisode dictatorial espagnol.

Une part majeure de la société, moins idéologique, considère que la transition de la dictature en 1975 vers la démocratie s’est formidablement bien déroulée en Espagne, dans un esprit de concorde et de pacifisme relatif. Par conséquent le sujet est définitivement clos et rouvrir des polémiques en déterrant un mort ne servirait à rien, à part raviver d’inutiles tensions. La gauche remet toutefois régulièrement le sujet dans l’espace public.

C’est justement le cas de cette motion proposée au parlement espagnol par le groupe socialiste. Le texte est une motion, et pas une loi. Quel que soit le résultat, le gouvernement conservateur n’aura aucune obligation légale de suivre le choix du parlement. La philosophie de la démarche est de conseiller le gouvernement à agir.

L’idée est de déplacer le corps de Francisco Franco qui serait enterré dans un endroit privé choisi par sa famille. Le monument de « la Valle de los Caídos » deviendrait un mémorial pour les victimes de la guerre civile. La droite du PP s’appuie sur un rapport d’experts qui préconise qu’il doit y avoir le fameux large consensus dans la société espagnole avant d’effectuer quoi que ce soit. Le PP dit ne pas voir ce consensus.

 

Source : Equinox / Nico Salvado

L’intégralité de l’article ici : http://www.lessentiel.lu/fr/news/europe/story/Trois-ans-de-guerre-et-10-000-morts-en-Ukraine-25071048

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