Renaud Camus fustige le manque de solidarité entre les mouvements politiques anti-immigration

0
582
Renaud Camus

Texte de son intervention ci-dessous:

Plieux, mercredi 11 avril 2018, une heure et demie du matin.
Je ne sors pas de la stupéfaction où me plonge le manque de solidarité et d’entraide, parmi les protagonistes, les mouvements et les institutions de la résistance à l’invasion migratoire.
Je ne réclame certes pas l’union, mais quelle force serait la nôtre, si nous nous soutenions les uns les autres ! Et ce serait si facile…
Un exemple qui me frappe, mais vraiment parmi des dizaines d’autres, est celui de Pierre Sautarel et du site Fdesouche.
Ce garçon a construit avec beaucoup d’intelligence et de talent un site qui est visité régulièrement par des centaines de milliers de personnes. On disait, au début, qu’il s’agissait d’un sous-marin du Front national, mais je ne crois pas que ce soit vrai, l’évolution idéologique de l’une et l’autre partie ne va pas du tout dans ce sens. En revanche la fondation du Conseil National de la Résistance Européenne devrait réjouir Sautarel et Desouche, au moins comme une possibilité parmi d’autres. Mais rien, jamais un petit doigt levé en notre faveur, jamais un retweet, jamais la moindre marque d’approbation et d’appui. Sautarel ne m’aime pas, je crois, peut-être à la suite de malentendus entre nous à une époque où il apparaissait sous divers pseudonymes et où j’avais critiqué comme peu appétissants des macarons qu’un de ses doubles, mais peut-être était-ce lui, offrait à ses lecteurs ; ou bien le différend est plus socio-politique, et il juge maladroites, ou intolérables, mes critiques contre la petite bourgeoisie et la prolétarisation du monde. Mais quand cela serait ? Et quand je serais seul responsable de ces pataquès ? L’exigence et l’urgence en seraient-elle moins fortes de s’unir et de surmonter nos humeurs et nos désaccords ? Est-il raisonnable de laisser de petites antipathies personnelles (que je ne partage pas, malgré une certaine rancune de ma part face à ce gâchis) empêcher une entraide qui serait d’évidence si constructive ? À quoi bon avoir fabriqué avec soin et succès cette superbe machine, Fdessouche, si c’est pour la faire ne servir à rien ?
Dans un genre assez différent, je pourrais dire exactement la même chose d’un magazine comme Valeurs actuelles : là non plus jamais, jamais, jamais le plus léger coup de main, jamais la moindre pichenette qui pourrait aider à nous mettre en stelle. Je suis d’évidence personna non grata entre les pages de ce magazine, je ne sais trop pourquoi.
Je pourrais aussi bien mentionner un Damien Rieu, et tous les identitaires plus ou moins ralliés au Front national qui, comme les membres du Front national eux-mêmes, ont sans doute reçu strictes instructions de m’ignorer, et le CNRE a fortiori, même quand ils nous paraphrasent presque littéralement. Mais passons plutôt à l’étranger. Soit une dame Ann-Mary Waters, en Grande-Bretagne, très active présidente du mouveement For Britain. C’est elle qui nous a joints, après mon appel de Colombey. Je lui ai proposé deux choses, un rendez-vous et d’appartenir au CNRE. Elle a accepté le rendez-vous, mais remis jusqu’à lui de donner sa réponse sur l’autre point. Encouragés néanmoins, le CNRE et moi retweetons à peu près tout ce qu’elle émet, et c’est beaucoup. Mais jamais elle ne nous rend la pareille, comme si nous avions la peste. Pourquoi ?
J’ai essayé de joindre en Angleterre le fameux Tommy Robinson. Je lui ai écrit, il ne m’a pas répondu. On me dit qu’il est très paranoïaque — on le serait à moins… — et qu’il change de compte, d’adresse-mail et de numéro de téléphone en toute occasion. Quelqu’un qui le connaît me communique le bon numéro du moment. J’arrive en effet à lui parler, très brièvement, et plus difficilement à le comprendre, car il a en anglais un accent à couper au couteau, plutôt plus fort que le mien, il me semble. De toute façon ce n’est pas le bon moment, il est assez modérément aimable, oui il a mon numéro de téléphone car il le voit s’afficher, il va me rappeler dans une heure. Une semaine après j’attends toujours. Je ne peux tout de même pas harceler ce garçon, qui a quarante ans de moins que moi, et tâcher d’obtenir de lui, à force d’importunités, qu’il veuille bien me prendre en considération.
Tout est comme ça. Pourquoi ces gens multiplient-ils les difficultés et, il faut bien le dire, les humiliations et couleuvres à avaler, les exigences de sollicitation perpétuelle, le temps inimaginable qu’ils vous font perdre, surtout ? Pourquoi ? Alors qu’il est tellement évident que tout soutien réciproque multiplierait nos chances par dix, ou par cent ? Énorme mystère pour moi.
Renaud Camus

Source : Suavelos

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous ou sur notre page Facebook

Vos partages nous permettent de continuer, merci !