La Russie a rendu possible le programme balistique de la Corée du Nord, selon un analyste

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Dans deux articles publiés en ligne cette semaine, l’analyste russe Aleksandr Nemets détaille les preuves rassemblées par de nombreux observateurs montrant que Moscou est fortement impliquée dans le programme de fusée de la Corée du Nord et les « plans agressifs » de Pyongyang pour l’utiliser contre d’autres pays.

Il est absolument essentiel, dit-il, que la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis comprennent que tout ce qui est en train de brasser dans la région est ce que Moscou ou plus précisément Poutine veut « et non pas une action malhonnête de Kim Jong Un comme beaucoup l’imaginent » (kasparov. ru/material. php? id=59AD9D48C5F93 et kasparov. ru/material. php? id=59B19008494AB).

Dans le premier de ces articles, Aleksandr Nemets retrace l’histoire des livraisons russes de missiles à la Corée du Nord au cours des dernières décennies et la façon dont Pyongyang les a modifiés, apparemment avec l’aide de la Russie, et présente ensuite trois conclusions principales:

Tout d’abord, dit-il, « le développement de la fusée balistique relativement primitive Khvasun-10, celle qui correspond au niveau des fusées soviétiques des années 1960, du début des années 1992 jusqu’à la série d’essais de 2016, a duré 24 ans. » Ce que les Nord-Coréens ont fait, c’est « une copie de la fusée soviétique R-27 ».

D’une certaine façon, elle n’était même pas aussi bonne, mais il est important de noter que le Khvasun-10 ne contient rien d’original, « un schéma qui suggère le faible potentiel scientifique-technique de la Corée du Nord », affirme Aleksandr Nemets.

Deuxièmement, poursuit-il, « même ce résultat primitif aurait été impossible sans l’aide très intensive de la Russie, surtout en 2015-2016. Pourquoi Moscou s’est-elle sentie obligée de fournir cela? Manifestement pas pour de l’argent…. Sans aucun doute, le but de Moscou était d’infliger un maximum de tort à l’Amérique. »

Et troisièmement, « la fusée balistique Khvasun-12, qui a été testée avec succès en mai 2017 et qui a une portée de plus de 4000 kilomètres et qui est capable de frapper Guam et l’Alaska, est une version beaucoup améliorée du Khvasun-10, bien qu’elle soit fondamentalement basée sur les mêmes technologies. »

Pris dans leur ensemble, dit Nemets, tout cela montre qu’ « il est absolument exclu que le système industriel et scientifique-technique médiocre de la Corée du Nord ait pu créer le Khvasun-12 aussi rapidement. Si la part russe dans le Khvasun-10 était conditionnellement supérieure à 80 pour cent, alors dans le cas du Khvasun-12, elle approchait 100 pour cent. »

La volonté de Poutine de « faire le maximum de mal aux Etats-Unis »

Dans le deuxième article, l’analyste élargit son champ d’investigation afin de suggérer que le calendrier des actions de la Corée du Nord, en particulier ses tirs de missiles et ses menaces, reflète moins un calendrier de Pyongyang qu’un calendrier moscovite destiné par le président russe Vladimir Poutine à faire le maximum de mal aux Etats-Unis.

Aleksandr Nemets soutient que les actions de la Corée du Nord ont eu lieu précisément au moment où les relations russo-américaines se détérioraient, alors que les attentes de Moscou pour un nouvel accord avec Donald Trump ont été remplacées par la reconnaissance du fait que Washington allait prendre une ligne dure contre la Russie pour son ingérence dans les élections américaines et son agression en Ukraine.

Les responsables ukrainiens ont pointé du doigt ces liens, mais leurs propos ont été rejetés par beaucoup de personnes qui pensent que Kiev tente simplement de ternir la réputation de la Russie (et de répondre aux affirmations de Moscou selon lesquelles les missiles de la Corée du Nord provenaient d’usines ukrainiennes) afin de gagner plus de soutien de l’Occident, suggère l’analyste.

Mais maintenant, un fonctionnaire russe a implicitement fait le lien entre les intentions de Moscou et les actions de Pyongyang, dit Nemets. Sergey Ryabkov, représentant de la Russie auprès des Nations Unies, a déclaré que « le gouvernement de la Fédération de Russie avait été forcé de réagir au déploiement additionnel des complexes (boucliers anti-missiles) américains du THAAD en Corée du Sud et au Japon qui sont capables d’intercepter des roquettes balistiques. »

Mis dans un langage plus normal, dit l’analyste de Moscou, cela montre que « Moscou, exaspéré par le fait que les voisins [de la Corée du Nord] n’approuvent pas les essais nucléaires et thermonucléaires de Pyongyang et le lancement de fusées au-dessus du territoire japonais, a tout simplement été contraint de faire quelque chose. »

Source : traduction d’un article (en anglais) paru dans Window on Eurasia / Paul Goble

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