En Russie profonde, les partisans d’un « Etats-Unis de Sibérie » caressent toujours le rêve de se séparer de Moscou

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Etats-Unis de Sibérie / United States of Siberia / Соединенные Штаты Сибири

Depuis les débuts d’un mouvement indépendantiste régionaliste au milieu du 19e siècle, les partisans d’une Sibérie détachée de Moscou ont fréquemment défini leur territoire-continent comme une « Amérique russe », parce qu’il a commencé à être colonisé par les Européens à peu prés au même moment que les Etats-Unis (17e siècle), bien qu’il ne soit pas (encore) devenu indépendant.

Cette analogie a toujours grandement troublé les responsables tsaristes et soviétiques, dit le militant sibérien Yaroslav Zolotaryev, et les appels lancés au cours des cinq dernières années en faveur de la formation d’«un États-Unis de Sibérie » ont eu le même impact sur les responsables moscovites de la Fédération de Russie postcommuniste (afterempire. info/2017/11/10/uss/).

Drapeau du pays chimérique des « Etats-Unis de Sibérie ».

Les ressorts de cet élan indépendantiste tiennent historiquement en le rejet de la mainmise de la lointaine mais redoutable Moscovie sur l’immense Sibérie, considérée par le gouvernement central tout au plus comme une colonie. Egalement en la croyance insolente que seul copier l’Amérique jusque dans son drapeau permettra à la Sibérie de se détacher du pouvoir central et d’assurer un chemin propre de nation prospère et civilisée.

En 1992, un article du professeur américain Walter Russell Mead paru dans le Los Angeles Times avait fait du bruit dans le microcosme indépendantiste sibérien. Walter Russell Mead avançait l’idée iconoclaste que les États-Unis dépensent deux mille milliards de dollars et achètent un morceau de la Sibérie de la taille des États-Unis et contenant de grandes réserves de pétrole, de bois, de gaz naturel, de diamants, d’or et de citoyens appauvris.

Depuis le 17 août 2014, date à laquelle les autorités de Novossibirsk ont refusé aux activistes sibériens la possibilité de défiler en ville sous le slogan « Assez de nourrir Moscou! », les manifestations en faveur des Etats-Unis de Sibérie ou d’une fédéralisation de la Russie sont toutes interdites. Pas de quoi faire cesser le rêve que caressent les activistes sibériens de voir un jour leur région de trente millions d’habitants « faire sécession de la Russie et de la Tchétchénie » et se mettre au diapason de l’Amérique.

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