La Russie redoute le retour sur son territoire des milliers de « revenants » du djihad

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Dans le métro aussi, les passagers déposent des fleurs pour rendre hommage aux victimes de l'attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg qui a fait 14 morts lundi 3 avril 2017.

Attentat en Russie: Le pays confronté à la menace du retour de 6 à 7000 djihadistes

La menace que constituent les «revenants», comme les appelle le journaliste David Thompson, plane aussi sur la Russie. Entre 6 et 7.000 personnes originaires des anciennes républiques soviétiques auraient rejoint les rangs de Daesh, explique Samuel Carcanague, chercheur à l’IRIS, spécialisé sur l’espace post-soviétique et les questions de sécurité. Alors que l’organisation terroriste perd du terrain en Irak et en Syrie, les autorités russes redoutent le retour de ces combattants aguerris, capables de commettre des attentats d’importance sur son territoire.

Entre 6 et 7.000 personnes originaires des anciennes républiques soviétiques auraient rejoint les rangs de Daesh, estime le chercheur Samuel Carcanague,

Le risque est d’autant plus élevé que « les russophones constituent le contingent le plus important dans les troupes de Daesh, après les Arabes », souligne Samuel Carcanague. Il remarque également que « le commandement militaire de l’Etat islamique avait même été confié à un russophone ». « La majorité de ces combattants russes viennent des républiques caucasiennes », dit-il. D’autres, à l’instar d’Akbarjon Djalilov, l’auteur présumé de l’attentat de Saint-Pétersbourg, sont originaires du Kirghizistan ou d’Ouzbékistan.

Dans le collimateur de Daesh

Bien que l’attentat n’ait toujours pas été revendiqué, les enquêteurs veulent savoir si cet homme de 22 ans, né au Kirghizistan mais de nationalité russe, avait des liens avec Daesh. La Russie est en effet dans le collimateur du groupe terroriste depuis 2015. « En soutenant Bachar el-Assad et en affichant sa proximité avec l’Iran et le Hezbollah chiite, le pays est devenu une cible de l’Etat islamique », affirme Samuel Carcanague. « Il y a déjà eu quelques actions revendiquées par Daesh, notamment dans le Caucase russe », poursuit le chercheur. Mais ces attentats n’avaient pas l’ampleur de celui de lundi.

Les services de sécurité Russes sont donc sur le sur le qui-vive depuis plusieurs mois. A plusieurs reprises, en 2016, ils ont déjoué des attentats préparés en Russie par des militants liés au groupe djihadiste. En décembre 2016, déjà, le FSB annonçait avoir interpellé plusieurs individus qui planifiaient « une série d’attaques terroristes d’envergure à Moscou à l’aide de puissants engins explosifs artisanaux ». Selon les services secrets, ils agissaient « sur les ordres directs d’un émissaire de l’organisation terroriste Etat islamique basé en Turquie ».

«D’autres vont passer à travers les mailles du filet»

Conscients de la menace que fait planer le retour en Russie des combattants de Daesh, les autorités du pays ont mené plusieurs actions en Syrie « pour les empêcher de revenir », explique Samuel Carcanague. « Mais d’autres vont passer à travers les mailles du filet. » Et le chercheur d’ajouter : « La Russie étant un régime assez autoritaire, les autorités augmenteront probablement dans les prochains jours le niveau de sécurité. La population n’a aucun problème avec ça. »

 

Source: 20Minutes.fr / Thibaut Chevillard

L’intégralité de l’article ici : http://www.20minutes.fr/monde/2044211-20170405-attentat-russie-pays-confronte-menace-revenants

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