Les travailleurs immigrés forment désormais 10 % de la population russe, poussant la proportion musulmane à près de 25 %

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© РИАМО, Аlexandre Kojokin

Vadim Kozhenov, président de la Fédération des migrants de Russie, estime que les travailleurs immigrés et leurs familles forment maintenant près de dix pour cent des résidents de la Fédération de Russie.

Étant donné que la plupart des travailleurs migrants en Russie aujourd’hui sont originaires d’Asie centrale et donc d’origine musulmane, sinon toujours pratiquants, les propos de Kozhenov suggèrent fortement que la part musulmane de la population de la Fédération de Russie n’est pas dans les chiffres que certains ont revendiqués, mais plutôt d’environ 25 pour cent du total.

C’est un choc pour de nombreux Russes ethniques qui ont été endormis par l’insistance du régime Poutine à affirmer que les Russes de souche forment plus de 80 % du total, des revendications qui ont toujours été problématiques étant donné qu’elles n’incluaient pas les immigrants des anciennes républiques soviétiques en général et d’Asie centrale en particulier.

Tout d’abord, cela signifie que les travailleurs immigrés, qui forment aujourd’hui des proportions démesurément importantes dans les grandes villes – ils se déplacent rarement vers les zones rurales et très rarement vers les petites ou moyennes villes – deviendront de plus en plus en vue et seront plus susceptibles de former des ghettos ou de faire des revendications politiques.

Deuxièmement, cela signifie que les musulmans, encouragés par cette nouvelle annonce de de leur influence croissante, sont également susceptibles de devenir plus actifs, en insistant pour que Moscou les traite avec le plus grand respect dû à une communauté qui comprend maintenant plus d’un habitant sur quatre du pays – et probablement plus.

Et troisièmement, cela signifie qu’il y aura probablement un contrecoup russe face à une telle immigration, surtout si les tensions avec l’Occident sur l’Ukraine et la Syrie se résorbent partiellement et ouvrent ainsi la voie aux Russes pour revenir aux attitudes plus xénophobes qu’ils exprimaient régulièrement avant que l’invasion de l’Ukraine par Poutine ne les éclipse.

Source: traduction d’un article (en anglais) paru sur Window on Eurasia / Paul Goble

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