Trudeau transforme la question d’une citoyenne en une séance de lynchage public

2
467
Capture d'écran Youtube

La scène se passe il y a quelques jours dans un rassemblement libéral sur la Rive-Sud de Montréal. Justin Trudeau y harangue ses troupes, quand soudain, une dame de la foule, qui s’est présentée sans invitation, on le comprend, lui pose une question.

Avec un désagréable surplus d’agressivité, il faut bien le dire, et une hargne qui ne l’honore pas, elle demande, quand le gouvernement Trudeau remettra-t-il au Québec les millions qu’il lui doit suite à la crise de l’immigration illégale qui a marqué l’été 2017 ?

Insultes

C’est à ce moment que Justin Trudeau perd un écrou et vire fou. Il se met alors à invectiver la femme en la traitant de raciste et en rajoutant qu’elle n’a pas sa place au Canada. Il hurle, il gueule et la foule, naturellement, s’empresse de l’applaudir. Elle se laisse aller au doux plaisir du lynchage. Elle rêve manifestement d’en finir avec le chien galeux qui s’est infiltré parmi eux.

Et jamais, le premier ministre et ses fidèles ne doutent de leur bon droit.

Reconstruisons le raisonnement de la tirade improvisée du premier ministre : les immigrés illégaux, qui entrent au Canada sans permission et sans respecter ses règles d’admission, sont les bienvenus au Canada, mais les Canadiens qui remettent en question l’immigration illégale sont désormais des indésirables. En d’autres mots, il suffit de franchir la frontière sans en avoir le droit pour devenir Canadien, mais il suffit de rappeler que cette frontière devrait être respectée pour ne plus être digne de l’être.

C’est très fort.

On retrouve là un bon exemple du paradoxe politique dominant de notre époque : c’est au nom de la tolérance qu’on pratique l’intolérance. Ceux qui croient incarner la vertu sont à ce point convaincus d’avoir le monopole du vrai, du bien et du cœur qu’ils se croient tout permis.

Devant eux, ils ne voient pas des citoyens en désaccord avec leur vision du monde, mais des monstres, ennemis de l’humanité, qu’il faut faire taire et chasser de la vie publique. Leur vision serait à ce point inadmissible qu’on se fera une fierté d’être intolérant avec eux en leur collant les étiquettes les plus détestables.

On tirera néanmoins une leçon de cet épisode loufoque – ils ne manquent pas, en Trudeauland.

Autrefois, pour être raciste, il fallait croire en l’inégalité des « races » et vouloir organiser la société à partir de cette hiérarchie fantasmée.

Ensuite, les antiracistes professionnels ont étendu la signification de ce terme. Pour être raciste, il suffisait de constater que toutes les cultures ne sont pas faites pour cohabiter.

Puis ils l’ont encore étendu : il suffisait de critiquer l’immigration massive et de vouloir la réduire significativement pour être raciste.

Racisme ?

Maintenant, il suffit apparemment de critiquer l’immigration illégale et de demander au gouvernement fédéral d’assumer ses responsabilités financières dans le dossier pour devenir raciste.

Conclusion possible : les mots ne veulent plus rien dire.

Conclusion alternative : Justin Trudeau devrait s’acheter un dictionnaire pour connaître le sens des mots qu’il utilise avant d’engueuler une prochaine citoyenne.

Source: Le Journal de Montréal / Mathieu Bock-Côté

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous ou sur notre page Facebook

Vos partages nous permettent de continuer, merci !