Un journal moscovite pose la question la plus gênante : « Quel est le secret du succès de l’Estonie ? »

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Le journal moscovite indépendant Novyye izvestiya souligne que le salaire moyen en Estonie est maintenant « environ 1800 euros » alors qu’en Russie, malgré toutes ses ressources naturelles, il s’élève à « environ 500 euros » – et souligne que si la Russie ne disposait pas de ces ressources, son salaire moyen serait « d’environ 290 euros ».

Reconnaissant qu’il s’agit d’un « énorme fossé civilisationnel » , le document dit qu’il est surprenant qu’en dépit de ce retard par rapport à l’Estonie et à d’autres pays, le document note que « la Russie aime beaucoup critiquer et dénigrer les pays plus développés ».

Et Novyye izvestiya de poser alors une question des plus gênantes : « Quel est le secret du succès de l’Estonie ? » Sa réponse mérite d’être citée in extenso :

« A la base de l’économie estonienne se trouve la mentalité scandinave rationnelle du peuple, une éthique protestante du travail et l’un des niveaux de corruption les plus bas du monde…. Et bien que dans la Baltique il n’y ait même pas un dixième de un pour cent de la richesse naturelle qui existe en Russie, ces pays vivent et se développent mieux et plus rapidement que la Russie.
Toutes ces années, les pays de la Baltique rattrapent le temps perdu, ce qui ressort clairement de leurs routes, de leurs taux de rémunération et de leurs soins de santé. Le secteur agricole se développe, de nouvelles productions se mettent en ligne alors qu’ils n’ont ni gaz, ni pétrole, ni diamants, ni rien.
Si les pays baltes n’avaient pas été occupés en 1940 par les Russes, leur salaire moyen serait aujourd’hui deux fois plus élevé qu’il ne l’est. Il est généralement considéré que le niveau de 2000 euros fait un Etat florissant. La Finlande est à ce niveau, un pays qui est aujourd’hui l’un des plus riches au monde qui s’est défendu de l’occupation soviétique par une guerre en 1939-1940.
Par suite de l’occupation et de la colonisation, en 1991, 48 % de la population de la Lettonie, 39 % de la population de l’Estonie et 15 % de la population de la Lituanie étaient des colons russes. La résistance à l’occupation russe a duré en Lituanie jusqu’en 1954, une résistance qui n’a été écrasée que par deux divisions entières des forces régulières de l’URSS. En conséquence, environ 40 000 personnes sont mortes.
Après le recouvrement de l’indépendance en 1991, les petits pays baltes, accablés par le colossal lest des colons russes, ont pu s’intégrer avec succès dans la communauté européenne. La Fédération de Russie[en revanche] suit sa propre «voie spéciale ».
Selon les indices de corruption compilés par Transparency International, la Russie figure parmi les 50 pays les plus corrompus du monde. Néanmoins, la propagande russe continue de dénigrer les Baltes, en diffusant de fausses informations à leur sujet[concernant la corruption là où ils sont parmi les moins nombreux dans le monde ainsi que sur d’autres questions].
Les Russes aiment particulièrement parler de l’aide de l’UE que les pays baltes reçoivent et qui sont utilisés comme prévu plutôt que d’aller dans la poche de quelqu’un, comme c’est l’usage dans les pays de la CEI.
Il est également curieux que de nombreux Russes vivant aujourd’hui dans les pays baltes ne se donnent pas la peine d’apprendre la langue officielle de leur pays et ne ressentent aucune gratitude à l’égard de ces pays.
Ils ne se plaignent que de la vie difficile et du mauvais état des pouvoirs en place, ne soupçonnant pas une seule minute que le problème réside en eux. Avec plaisir, ils racontent comment l’Europe est au bord de l’effondrement et comment la Russie et la Biélorussie sont florissantes – même si elles ne sont pas attirées par la Russie et préfèrent « pourrir » dans l’Union européenne.

Source: traduction d’un article (en anglais) paru sur Window on Eurasia / Paul Goble

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