René-Louis Berclaz — Le shabbat-goy et les idiots utiles

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Martin Schulz. Photomontage.

Par René-Louis Berclaz dans le Courrier du Continent

Rigoureusement sélectionné pour sa stupéfiante dextérité mentale et manuelle, le shabbat-goy vide les pots de chambre et sert la soupe presque simultanément le samedi dans la demeure du maître juif ; il joue par conséquent un rôle d’une extrême importance puisqu’il permet au Juif de respecter scrupuleusement les commandements de Yahvé le jour du shabbat en le libérant des fastidieuses contraintes de la vie domestique.

Ce méritoire dévouement permet au Juif pieux d’atteindre l’état de transcendance nécessaire pour parvenir aux plus hauts degrés de l’art de la choutzpah et de la science de l’enfumage grâce à quoi il pourra surpasser les prodiges des plus grands fakirs en transformant les enfants du Bon Dieu en canards sauvages.

Le shabbat-goy peut employer à sa guise les autres jours de la semaine pour arrondir ses fins de mois : il sera alors dirigeant d’une entreprise multinationale ou banquier international, haut fonctionnaire ou magistrat, prélat ou barbouze, ministre ou député, homme de lettres ou homme de main, amuseur à la télévision ou aboyeur à la radio, voire même président de la République ou conseiller fédéral…

Consécration suprême, un certain shabbat-goy colle si bien à ce profil qu’un ancien président du Conseil italien l’avait ironiquement qualifié de « kapo » dans l’hémicycle de Strasbourg, précisant qu’il serait parfait pour jouer ce rôle dans un film sur Auschwitz. Tout le monde aura reconnu Martin Schultz, ancien président du Parlement européen et ancien président du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD). L’eurocrate avait en effet déclaré dans un entretien accordé à Avraham Burg, ancien président de l’Organisation sioniste mondiale, et publié dans le quotidien Haaretz du 14 février 2016 : « Pour moi, la nouvelle Allemagne n’existe que pour assurer l’existence de l’Etat d’Israël et du peuple juif. »

Alors que le shabbat-goy se tient plutôt du côté du manche, l’idiot utile se complaît quant à lui dans la contemplation béate des éléphants roses, une aventure qui se termine le plus souvent à ses dépens.

On attribue à Lénine la paternité de cette expression qui désignait alors les porteurs de valise de la Révolution judéo-bolchevique. L’exemple le plus emblématique d’idiot utile est certainement celui de Fritz Platten (1883-1942), que Lénine avait rencontré lors de ses séjours en Suisse. C’est depuis là que le chef bolchevique avait pu fomenter en toute quiétude la révolution la plus meurtrière de l’Histoire. La police fédérale avait reçu des consignes pour regarder ailleurs…

Membre fondateur du Parti communiste suisse, Fritz Platten avait commencé sa carrière d’agitateur professionnel en se rendant à Riga pour participer à la Révolution russe de 1906.

Après avoir organisé depuis la Suisse le retour de Lénine en Russie dans le fameux wagon plombé (avril 1917), Fritz Platten devint en quelque sorte l’homme de confiance de Lénine à cause de son dévouement aveugle.

En effet, il sauva la vie de Vladimir Illitch en faisant de son corps un bouclier lorsque celui-ci fut victime d’un attentat à Petrograd en janvier 1918. Fritz Platten reçut le projectile à sa place en se jetant devant lui.

Délicate attention, Lénine lui offrit en guise de remerciement un magnifique pistolet Mauser, du même modèle que celui qui allait servir à tuer le tsar et sa famille quelques mois plus tard…

Au terme de la Première guerre mondiale, Fritz Platten reçut une mission vraiment impossible consistant à déclencher la Révolution bolchevique en Suisse : il devait y organiser une grève générale qui coïnciderait avec la fin des hostilités (novembre 1918) et le début des troubles en Allemagne.

Ce plan aurait dû aboutir à imposer un régime bolchévique dans une grande partie de l’Europe. Comme on pouvait s’en douter, les quelques troubles furent rapidement réprimés par l’armée suisse qui était encore partiellement mobilisée.

Quelques mois plus tard, alors que la Bavière était plongée dans le chaos suite au putsch communiste d’avril 1919 qui imposa une République soviétique aux Bavarois, ainsi placés sous la férule des juifs Eisner et Léviné. Ces agitateurs, qui s’étaient fait les chantres de la paix universelle en prônant la fin des hostilités en Europe, déclarèrent la guerre à la Confédération helvétique pour une sombre histoire de locomotives…

La promptitude avec laquelle les corps francs mirent un terme au régime bolchévique en Bavière ne laissèrent pas le temps au Conseil fédéral d’élaborer la réponse qu’il convenait d’apporter à cet inconcevable affront à la neutralité perpétuelle et inviolable garantie par les Puissances de la Sainte-Alliance lors du Congrès de Vienne en 1815 !

De retour à Moscou, Fritz Platten devint en 1919 membre fondateur de l’Internationale communiste (Komintern).

Après la mort de Lénine, Fritz Platten perdit son protecteur et s’attira la méfiance de Staline parce qu’il connaissait trop bien les futurs « renégats », à savoir les Trotski, Kamenev, Zinoviev, Radek, Boukharine et tous les autres traitres avérés ou en puissance…

Fritz Platten fut alors relégué à des tâches relativement subalternes, mais ô combien utiles, consistant à mettre sur pied des fermes modèles dont la production était destinée à Staline et à ses acolytes. Il s’acquitta avec succès de sa nouvelle mission mais il ne put malgré tout échapper aux purges qui frappèrent la vieille garde léniniste.

En 1938, au cours d’une perquisition, les agents du NKVD trouvent le fameux pistolet offert par Lénine : c’était bien la preuve qu’il voulait assassiner Staline !

Condamné à mort et déporté dans un goulag à Lipovo, Fritz Platten, comme ses lettres l’attestent, persistait à croire à un regrettable malentendu. Il est fusillé « par erreur » le 22 avril 1942…

Le conseiller fédéral Kaspar Villiger inaugure quant à lui le règne des « Fake news » en Suisse, mais c’est la seule chose qu’il saura vraiment anticiper en politique…

Surnommé « Mister Harmony », Kaspar Villiger déteste la polémique et la bagarre mais le passé le rattrapa le 1er août 2000, quand il se fait conspuer sur la mythique prairie du Grütli par des centaines de patriotes indignés. Ces manifestants n’avaient certes pas oublié son discours du 7 mai 1995 devant l’Assemblée fédérale. Kaspar Villiger, alors président en exercice de la Confédération, avait présenté à la communauté juive des excuses officielles pour le tampon « J » apposé en 1938 sur le passeport des juifs du Reich, faisant ainsi accroire que la Suisse était responsable de cette odieuse discrimination…

Revenant 23 ans plus tard sur cette sombre histoire, le quotidien de référence Le Temps publia en date du 6 mai 2018 un article intitulé : « Suisse : Polémique sur l’enseignement de l’Holocauste à l’école », dont voici le passage qui contredit l’allégation de Kaspar Villiger selon laquelle l’apposition du tampon « J » aurait été voulue par le Conseil fédéral de l’époque : « Le manuel, réalisé par Lehrmittelverlag Zurich, écrit que la Suisse a demandé à l’Allemagne d’introduire la mention « juif » sur les documents de voyages des personnes de confession juive. C’est une inexactitude que reconnaît Christian Mathis, l’auteur. La requête de tampon « J » a été faite par l’Allemagne en 1938. (…) La maison d’édition changera la formulation aussi bien dans les manuels en stocks que ceux qui ont déjà été distribués. »

Voilà de quoi démentir les propos tenus le 7 mai 1995 par le conseiller fédéral Kaspar Villiger en guise d’excuses : « En introduisant le tampon « J », l’Allemagne a fait droit à une requête suisse. Ce tampon a été approuvé par la Suisse en octobre 1938. En nous fondant sur une conception par trop étroite de l’intérêt national, nous avons alors fait un choix incorrect. Le Conseil fédéral le regrette profondément et il s’en excuse, tout en étant bien conscient qu’au final une telle défaillance est inexcusable. »

Il faut savoir que depuis 1926, les ressortissants allemands pouvaient entrer sans visa en Suisse sur simple présentation d’un passeport. Le principe de réciprocité permettait aux citoyens suisses d’entrer en Allemagne dans les mêmes conditions.

En août 1938, conséquence de l’échec de la Conférence internationale d’Evian qui était censée résoudre la question des réfugiés juifs en provenance de la nouvelle Allemagne, l’ambassade de Suisse à Berlin présenta au Ministère des Affaires étrangères du Reich une notification l’informant qu’un visa devrait être délivré par un consulat suisse à tout ressortissant allemand désireux de se rendre en Suisse. L’Allemagne rétorqua que cette décision allait entraîner une mesure de réciprocité et que les ressortissants suisses seraient eux aussi dans l’obligation d’obtenir un visa pour se rendre en Allemagne.

Le Ministère des Affaires étrangères du Reich proposa alors d’apposer un tampon « J » sur les passeports des Juifs allemands dans l’idée que cette mesure allait faciliter le contrôle des Juifs quittant l’Allemagne pour se rendre en Suisse ou ailleurs. Le Conseil fédéral prit note de cette mesure, qui n’était point due à son initiative ni d’ailleurs de son ressort, du moment qu’elle n’obligeait pas la Suisse, en fonction du principe de réciprocité, à apposer un tampon « J » sur le passeport des Juifs suisses. Seule une telle mesure aurait pu justifier des excuses de la part de la Suisse vis-à-vis de la communauté juive.

Comment est-il possible de croire que la Suisse aurait pu s’y opposer, du moment qu’une telle « proposition », formule purement diplomatique, émanait d’un grand pays voisin qui venait de conclure en septembre 1938 à Munich un accord de paix avec la France et la Grande-Bretagne salué dans le monde entier ?

Dès janvier 1939 la Suisse imposa le régime du visa pour tous les étrangers : la question du séjour des étrangers en Suisse se réglait au cas par cas (tourisme, affaire, transit, travail, asile politique, établissement) sans aucune discrimination due à la race. La présence ou l’absence d’un tampon « J » ne changeait rien aux procédures d’admission.

Mais quelle mouche avait bien pu piquer « Mister Harmony » pour l’inciter à sortir de son chapeau ce gros bobard, une calomnie qui a gravement entaché la réputation des citoyens du pays dépositaire des Conventions de Genève ?

L’explication se trouve certainement dans le rachat en 1935 de la fabrique de cigares Geska à Schönaich près de Stuttgart par la société Villiger Söhne AG.

Le propriétaire de cette entreprise en vente, un certain Strauss, préférait changer de pâturage et son prix avait peut-être été sous-estimé, vu les circonstances… Allez savoir pourquoi, le vilain mot de « spoliation » n’a pas dû être agité à la « une » des journaux et il n’aurait de toute façon rapporté que des cacahouètes. Les excuses officielles de la Confédération n’ont rien coûté à Kaspar Villiger mais elles rapportèrent 1,25 milliard de dollars au Congrès juif mondial (CJM) grâce à l’affaire des fonds juifs en déshérence, le deuxième épisode de cette histoire fabriquée de toutes pièces.

L’art de l’enfumage est sans secret pour un fabricant de cigares très habile à jouer les faux idiots pour défendre des intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

Source : Courrier du Continent No 601, septembre 2018, page 12

(article modifié et complété en date du 3 février 2019)

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