Retour sur la libération surprenante de Wolfgang Fröhlich le 4 mars dernier

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Wolfgang Fröhlich est cet ingénieur-chimiste autrichien qui n’a cessé, malgré une répression de plus en plus violente exercée à son encontre par le régime en place, de militer pour montrer combien la thèse officielle d’après laquelle plus de trois millions de juifs ont été tués
durant la guerre dans des chambres ou camions à gaz, est techniquement insoutenable.

Il est coupable du seul délit d’avoir contrevenu à une censure qui, dans des démocraties comme l’Autriche, l’Allemagne ou la France, interdit au mépris de la liberté d’opinion et de la recherche scientifique d’exprimer publiquement sur certaines données historiques relatives à la période 1933-1945 une opinion non conforme à l’enseignement officiel. Pour avoir contrevenu à cette censure Wolfgang Fröhlich a passé près de 15 ans dans une cellule, dont 11 ans et 6 mois sans interruption depuis septembre 2007.

La décision de libération relatée comme suit par la Kronen Zeitung, n’est pas encore définitive car le Parquet a fait appel. Elle n’en est pas moins surprenante.

Car il faut savoir que Fröhlich a été l’objet de cinq procès au terme desquels il a été systématiquement condamné pour infraction aux prescriptions de l’article 1, alinéa 3h du Verbotsgesetz, (loi d’interdiction), une loi en son genre unique au monde, et pour laquelle
il n’est pas nécessaire d’expliquer aux Autrichiens de quelle interdiction il s’agit : que dit en effet l’article 1 alinéa 3h dont n’a cessé d’être victime Wolfgang Fröhlich : « Seront punis des peines prévues par l’alinéa 3g [5 à 10 ans d’emprisonnement, et jusqu’à 20 ans si le délinquant est tenu pour particulièrement dangereux (sic)] quiconque – par imprimé, radio, autre support médiatique ou tout autre moyen lui permettant d’accéder à un public nombreux – nie, minimise grossièrement, approuve ou cherche à justifier le génocide ou d’autres crimes nationaux-socialistes contre l’humanité ». On notera que dans l’article publié par le journal Kronen Zeitung le nom de Wolfgang Frölich n’est jamais mentionné.

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UN PROCÈS POUR INFRACTION A LA LOI DITE D’INTERDICTION
(Verbotsgesetz-Prozess)

LIBERATION D’UN NÉGATEUR DE L’HOLOCAUSTE ÂGÉ DE 67 ANS

COUP DE THÉÂTRE DANS LE PROCÈS INTENTÉ A UN NÉGATEUR DE L’HOLOCAUSTE
POUR INFRACTION À « LA LOI D’INTERDICTION »

Le lundi 4 mars 2019 le Tribunal de grande instance de Krems a rejeté la requête du procureur réclamant l’internement d’un homme âgé de 67 ans dans un établissement spécialisé pour délinquants mentalement déficients. Les jurés avaient préalablement décidé à l’unanimité que l’homme n’était pas « capable de discernement ».

Selon la présidente du Tribunal les conditions exigées par la loi pour ce genre d’internement n’étaient pas réunies. D’ailleurs les délits à craindre pouvant être commis par l’inculpé ne constitueraient pas des actes dont les conséquences seraient suffisamment graves pour être
pénalement sanctionnés.

Le procureur a toutefois annoncé qu’il portait plainte en nullité contre cette décision avec constitution d’appel. Le jugement n’est donc pas définitivement exécutoire. « J’espère ne plus avoir à vous revoir » a ajouté la présidente au sexagénaire qui n’en a pas moins été
immédiatement libéré.

L’inculpé avait envoyé de la maison d’arrêt où il était incarcéré des écrits dans lesquels il contestait l’existence de chambres à gaz sous le régime national-socialiste. Mais parce que la cour suprême (OGH) avait annulé partiellement la nouvelle condamnation prononcée pour cela en mars 2018 avec proposition au Ministère public pour un internement dans une maison spécialisée pour aliénés, un nouveau tribunal allait devoir se prononcer à nouveau sur la responsabilité mentale du condamné.

En effet, cet homme de 67 ans avait déjà été condamné à cinq reprises de 2003 à 2016 pour infractions à l’article 1, alinéa 3h de la loi autrichienne dite « d’interdiction » (Verbotsgestz).

Cet ancien conseiller du district de Vienne, d’ailleurs exclu du parti FPÖ en 1994, se référait en effet sans cesse dans des écrits adressés à partir de sa prison à une foule de destinataires aux rapports d’expertise qu’il avait rédigés dans les années 1900 et en 2001, rapports selon lesquels des chambres à gaz homicides utilisant le gaz Zyklon-B étaient une absurdité scientifique et n’auraient jamais pu fonctionner. Selon lui on « trainait » depuis des années des enfants au camp de Mauthausen où on leur montrait « de fausses chambres à gaz ».

Il ajoutait qu’il n’avait nullement enfreint « la loi d’interdiction ».

Je n’ai, disait-il en effet, jamais nié l’Holocauste, mais seulement rectifié certains faits bien précis. Il qualifiait les condamnations dont il avait été l’objet d’abus de pouvoir et soutenait que bien d’autres personnes parlaient à son sujet du « plus grand scandale de justice de la Deuxième République d’Autriche ».

Il proposait en conclusion de signer un engagement solennel selon lequel il ne rédigerait plus à l’avenir de semblables écrits. Et il éviterait autant que possible d’aborder le thème en cause.

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On se rend compte à cette lecture d’un extrait de la presse autrichienne combien les journalistes sont embarrassés pour expliquer pourquoi on a emprisonné pendant quinze ans un homme dont le seul crime a été de contester des données historiques considérées comme officielles et intangibles.

A la lecture d’articles tels que celui traduit ci-dessus, dont nous avons dû d’ailleurs parfois nous écarter pour le rendre compréhensible, le citoyen autrichien moyen aura bien du mal à comprendre de quoi et de qui il s’agit. Il est vrai que les motifs qui ont conduit la « justice »
autrichienne à libérer séance tenante un homme qu’elle avait incarcéré pour ses idées pendant près de quinze est difficile à interpréter.

Résumons ce qu’ont été les derniers développements de cette affaire :

En mars 2018 le tribunal régional de Krems avait condamné Fröhlich, déjà incarcéré depuis 11 ans et cinq mois à 4 ans de prison supplémentaire pour avoir à nouveau envoyé à diverses personnalités des documents contestant l’existence des chambres à gaz et où il se plaignait du sort qui lui était réservé.

Les jurés avaient en outre déclaré, contre l’avis « d’experts », que Fröhlich était psychiquement parfaitement responsable de ses actes. Mais paradoxalement ils n’en avaient pas moins fait droit à la demande du Ministère public voulant que le condamné exécute sa peine dans un établissement pour détenus souffrant de troubles psychiques.

Il semble en effet que lorsqu’ils sont confrontés à des opposants irréductibles qui, comme Fröhlich, ne leur cèdent en rien, des régimes dits ou non démocratiques comme celui en place en Autriche ne voient guère comme solution que de les faire passer pour plus ou moins fous et de les traiter en conséquence.

Mais en appel la Cour suprême (OGH) avait annulé partiellement le jugement de mars 2018 en ce qui concerne l’affirmation d’une pleine responsabilité psychique du condamné ; d’où l’obligation pour un nouveau tribunal de statuer sur cette question de responsabilité.

C’est là qu’est arrivée la surprise. Car si le 4 mars 2019 les jurés de ce nouveau tribunal (celui de Krems) ont effectivement décidé que, contrairement à ce qui avait été jugé en mars 2018, Fröhlich n’était psychiquement pas responsable de ses actes, ils ont en outre estimé qu’à supposer qu’il récidive, lesdits actes ne représenteraient pas quelque chose de suffisamment grave ou de suffisamment dangereux pour qu’ils puissent faire l’objet d’une sanction.

Moyennant quoi Fröhlich a été libéré sur le champ, le jour même du jugement, c’est-à-dire le 4 mars au soir !

A ce niveau d’incohérence on devrait crier au scandale. Comment, dira-t-on, comment a-t-on pu enfermer un homme comme Fröhlich dans une cellule pendant près de quinze ans pour des actes qui selon la présidente du tribunal elle-même ne méritent pas de sanction ? (Taten,
die keine mit Strafe bedrohten Handlungen mit schweren Folgen, darstellen).

Mais c’est ici qu’il faut bien comprendre le double intérêt qu’il y a à déclarer fous les opposants les plus irréductibles. D’une part on déprécie durablement les expertises et documents qui ont été écrits par un Fröhlich déclaré incapable de discernement par des « experts » judicieusement choisis.

D’autre part les déclarations passées ou futures qu’a faites ou fera « un irresponsable » ne sont plus aussi graves qu’on avait pu le supposer pendant les longues années de son incarcération durant lesquelles on avait pris au sérieux, mais à tort, les thèses d’un homme dont on n’avait pas encore pu détecter suffisamment les déficiences mentales.

Tel est le niveau d’injustice et de cynisme auquel « la justice autrichienne » est arrivée.

Espérons que Fröhlich comprendra que son maintien en liberté est lié à son acceptation, au moins tacite, de sa supposée déficience mentale et reconnaissons que cela n’est pas chose aisée.

Rappelons aussi que la haine de certains magistrats en charge de son affaire n’a pas désarmé puisque le Ministère public a fait appel et que donc Wolfgang Fröhlich, dont la santé est par ailleurs déficiente, n’est pas totalement assuré de ne pas devoir finir sa vie dans une cellule.

Vous pouvez exprimer votre soutien à Wolfgang Fröhlich en lui écrivant à l’adresse suivante :

Herrn Dipl. Ing.
Wolfgang Fröhlich
Mauerbachstrasse 37/13
A-1140 WIEN (AUSTRIA)

Source : Bocage-Info