Überfolk : Musique pour les nations

0
219

La pochette du premier album d’Überfolk, Music for Nations, dépeint un chemin sinueux sur les collines, focalisant le regard sur un point central éloigné, impliquant un voyage vers un idéal. Un tel voyage nous oblige néanmoins à traverser la terre et le sol, à travers les broussailles et les ronces de la vie terrestre. Cela donne une image appropriée de la musique contenue dans ce projet de deux albums, car Music for Nations concerne en effet des personnes ayant des racines, des personnes appelées à une vision et des personnes ayant un héritage commun et un destin commun.

Comparer cette approche à celle de l’art moderne qui, par définition, ne peut s’enraciner dans aucune perspective ethnique spécifique, à moins que cette perspective ne soit ironique ou ne fétichise une culture non européenne. L’art moderne reste coincé dans des abstractions cérébrales nihilistes, ouvertes à des « interprétations » sans fin. En particulier dans le cas de la musique, nous entendons de plus en plus de mouvements vers des rythmes simples et des paroles « goo goo goo ga ga ga » absurdes commercialisées dans le monde entier auprès des consommateurs de produits musicaux (j’hésite à les appeler chansons) pour que « chacun » puisse en profiter. Bref, la musique devient de la restauration rapide.

Les ambitions d’Überfolk sont nécessaires en ce moment de l’histoire. Si le projet lance un appel aux peuples de tous horizons pour qu’ils récupèrent leur propre patrimoine et repoussent le consumérisme mondial gris, il n’en reste pas moins qu’il est le fait de deux personnes d’origine européenne et qu’il porte donc sans gêne les marques de leur patrimoine.

L’auteur-compositeur et chanteur principal, George Burdi, et le chanteur principal et chanteur de fond, Cat Weiss (connu sur YouTube sous le nom de Philosophicat) ont collaboré avec divers instrumentistes et compositeurs pour créer Music for Nations. L’œuvre montre comment naviguer dans le monde dans lequel nous vivons actuellement – non pas en emportant votre patrimoine et en le subsumant dans une notion synthétique, brouillée et multiculturelle, mais en le doublant. Le vieil adage sur la religion, « Beaucoup de chemins peuvent mener au même sommet, mais il faut marcher sur un seul chemin pour arriver au sommet », s’applique d’autant plus à l’expérience de l’humanité entière en faisant l’expérience de l’héritage particulier de votre peuple.