Stéphane Courtois : Lénine – L’invention du totalitarisme

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Paru dans Blanche Europe

Stéphane Courtois figure sûrement parmi les meilleurs spécialistes du communisme. On lui doit, en particulier, Le PCF dans la guerre. De Gaulle, la Résistance, Staline (1980), Histoire du Parti communiste français (1995) et naturellement Le livre noir du communisme (1997), sans doute son ouvrage le plus connu, que tout nationaliste se devrait de posséder dans sa bibliothèque.

Autant dire que c’est avec une certaine excitation que je me suis jeté sur sa récente biographie de Lénine. Après l’avoir lu, j’avoue être légèrement déçu. Le livre possède certes de grandes qualités – il est rédigé de manière plaisante, il fait le point sur les recherches les plus récentes et il offre un remarquable appareil critique – mais il m’a quelque peu indisposé par ses interminables développements sur le « totalitarisme ».

Ce concept, inventé par (((Hannah Arendt))) au début des années 1950, aujourd’hui mis à toutes les sauces – amusez-vous à ce sujet à réaliser une brève recherche sur Google, je vous garantis des surprises – a fini par perdre toute signification. De manière assez pénible, Courtois veut à tout prix faire d’Hitler le disciple de Lénine, allant même jusqu’à écrire que « les nazis vouaient une grande admiration » au fondateur de l’URSS !!!

Je comprends le but de Courtois. Il s’agit de montrer le caractère profondément criminel du communisme. Dans l’esprit de nos contemporains, le nazisme apparaît comme le mal absolu. Donc, montrer que le nazisme est l’enfant du bolchevisme revient à disqualifier cette idéologie qui possède toujours de nombreux adeptes, en particulier en France.

Bien sûr qu’il existe un lien entre le bolchevisme et le nazisme, mais pas au sens où Courtois l’entend. Le national-socialisme a été la réaction de la fraction la plus saine du peuple allemand face à la peste rouge qui menaçait d’engloutir toute l’Europe.

Certes, les nazis ont aussi emprunté certaines méthodes aux bolchéviks, comme l’instauration d’un parti unique, mais ils n’ont jamais cherché à détruire la cellule familiale, ils ont toujours respecté la liberté de culte et ils n’ont jamais supprimé la propriété privée. Le régime nazi avait indéniablement un caractère coercitif, mais l’usage de la terreur, jusqu’au déclenchement de la guerre, a conservé un caractère sélectif. Il suffit de comparer la « Nuits des longs couteaux », moins d’une centaine de victimes, avec les grandes purges conduites par Staline qui se traduisirent par des centaines de milliers d’exécutions (un million de personnes exécutées durant l’année 1937 selon l’historien américain R. Conquest). De même, en 1937, les camps de concentration du Troisième Reich ne comptaient que 5000 ou 6000 détenus (qui étaient en partie des droits communs), alors qu’à la même époque, des millions de personnes étaient envoyées au Goulag en URSS…

Autre critique, S. Courtois n’évoque jamais les fondements judaïques du bolchevisme. Certes Lénine n’avait qu’un quart de sang sémite dans les veines, mais la plus grande partie de son entourage était constituée de membres du Peuple élu.

On comprend la discrétion de Courtois car s’il insistait sur ce point, il ne trouverait d’abord aucun éditeur et il encourrait en plus les foudres du CRIF ainsi que de toute une meute d’organismes malfaisants. Mais nous, nous le savons bien, le communisme est le rejeton du judaïsme. On ne peut le comprendre sans rappeler ses racines talmudiques.

Une fois ces réserves exprimées, venons-en maintenant au livre lui-même. Plus qu’un récit détaillé de la vie du fondateur de l’URSS, il s’agit d’une biographie intellectuelle. Spécialiste incontesté du communisme, S. Courtois, avec une érudition époustouflante, s’attelle à décrire la genèse de l’idéologie bolchevique. Il décortique les différentes influences subies par Lénine, Marx n’étant en définitive qu’une référence parmi de nombreux autres auteurs.

Courtois détaille, parfois un peu trop longuement à mon gré, les interminables querelles de chapelles entre groupuscules révolutionnaires russes. Pour quelqu’un comme moi, totalement hermétique au communisme, au marxisme et à leurs dérivés, suivre ces controverses sur d’obscurs points de doctrine est à la fois une expérience éprouvante mais en même temps fascinante. On se rend compte, une fois de plus, à quel point le bolchevisme n’est qu’un sous-produit du judaïsme talmudique. Tous ces débats absurdes font irrésistiblement penser aux algarades opposants différentes factions de rabbins hassidiques sur l’interprétation d’un point quelconque de la Mishna. De ce goût immodéré de la chicane, Lénine va développer un refus absolu du compromis et une fascination morbide pour la violence. Dans ses lettres, les mots « tuer », « écraser », « anéantir », « massacrer » reviennent comme un leitmotiv.

Cette attirance pour le sang, peut paraître paradoxal, car Lénine n’a rien d’un homme d’action. C’est un pur intellectuel. Jusqu’à la prise du pouvoir, il n’a jamais rien fait d’autres que d’annoter des livres, écrire d’innombrables articles et rédiger des libelles, vivant fort bourgeoisement grâce à la fortune héritée de ses parents et de la famille de son épouse. Son seul vice, la fréquentation assidue des prostituées et des maison closes, ce qui lui vaut d’attraper la syphilis, probablement à l’origine de la démence qui caractérise la fin de sa vie.

En 1917, il assiste en spectateur, depuis Zurich, à la chute du tsarisme. Revenu en Russie avec l’aide de l’Allemagne impériale, il se contente de faire ce qu’il a toujours fait : lancer des appels au meurtre et à la violence. Il apparaît dans la Petrograd en proie à la révolution comme une sorte de Marat, dénonçant complot sur complot, réclamant des têtes, prophétisant des malheurs. Obligé de se cacher, il ne joue en définitive aucun rôle important dans le coup d’état organisé par Trotski, qui devait conduire les bolchéviks au pouvoir.

Devenu, quasiment par un coup du hasard, le maître de la Russie, Lénine continue à vivre comme il a toujours vécu. Il s’entoure d’une petite bande de fidèles et crée une sorte de micro-société pour dominer un pays entier grâce à la terreur et au meurtre.

« Comment faire une révolution sans fusiller ? » avait-il remarqué le jour de la prise du pouvoir. De fait, il n’a que deux mots à la bouche : pendez ! fusillez ! Dès les premières heures de son gouvernement, ce ne sont qu’exécutions sommaires, meurtres de masse systématiques (2 millions de morts pendant la guerre civile), génocide de classe et ethnique (entre 300.000 et 500.000 Cosaques tués sur une population de 3 millions), déportations, famines organisées (environ 5 millions de personnes mortes de faim entre 1921 et 1923).

L’hiver 1920-1921 voit s’accroître l’agitation ouvrière contre les « nouveaux (((maîtres))) ». À Cronstadt, les marins révoltés instaurent une Commune révolutionnaire résolument anticommuniste. Les anciens soutiens des bolchéviks rejettent le pouvoir communiste. Des pogroms éclatent un peu partout pour faire payer à la juiverie ses crimes et sa connivence avec les bolchéviks.

Après avoir impitoyablement écrasé la révolte ouvrière, qualifiée de « mouvement petit-bourgeois, anarchiste et paysan » et expédié les survivants dans les camps, Lénine est contraint d’accorder la NEP (Nouvelle politique économique) à un pays exsangue, ravagé par la famine. Cette pause est toute relative. Au même moment, il fait bombarder avec des obus à gaz les paysans révoltés de Tambov. Et en janvier 1922, il ordonne « l’exécution du plus grand nombre possible de représentants du clergé réactionnaire et de la bourgeoisie réactionnaire. Plus grand sera le nombre des exécutions, mieux ce sera. »

Cet homme impitoyable a cependant les nerfs fragiles. De plus en plus irritable et fatigué, il sombre progressivement dans la démence. Terrassé par une affection cérébrale en mai 1922, il perd peu à peu l’usage de la parole et retombe en enfance. Une de ses dernières préoccupations, avant de sombrer définitivement dans la folie, concerne l’expulsion des intellectuels « contre-révolutionnaires ». Pour lui, ces intellectuels ne sont pas le « cerveau » mais la « merde » de la nation.

Dans l’avant-dernier chapitre du livre, S. Courtois fait un sort au mythe d’un Staline ayant trahi l’idéal de Lénine. Il montre au contraire que le Géorgien s’est comporté comme le fidèle continuateur de son prédécesseur. Cette légende continue cependant d’être enseigné dans la plupart des lycées de France, où on oppose stupidement le « bon » Lénine au « méchant » Staline.

Le dernier chapitre s’interroge justement sur la gloire posthume de Lénine, sur la façon dont il fut quasiment déifié du temps de l’URSS, mais aussi comment il continue dans un pays comme la France a être perçu comme une personnalité positive.

Peu d’hommes ont marqué à ce point l’histoire du monde tout en restant aussi brièvement au pouvoir, à peine le temps d’un quinquennat. Lénine, maître absolu de la Russie entre novembre 1917 et mai 1922, a été certainement une des figures centrales du siècle dernier.

Un livre à lire, en dépit des quelques critiques que nous avons faites. N’oublions jamais que l’anticommunisme radical constitue une des bases de notre vision du monde.

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