Le cycle de vie tragique des baby-boomers

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Paru dans Blanche Europe

Traduction de l’article de Morghot’s Review.


Le chef d’oeuvre cinématographique de David Lean Le pont de la rivière Kwai raconte l’histoire de prisonniers de guerre britanniques aux mains des Japonais, obligés par leurs geôliers de s’atteler à la construction d’un pont. Le colonel Nichols (Alec Guinness), officier commandant des prisonniers, devient alors totalement obsédé par la construction de l’ouvrage, voyant cette tâche comme un moyen de faire respecter l’ordre dans ses rangs, mais aussi de prouver aux Japonais la supériorité britannique. L’obsession du colonel rend la vie de ses hommes difficile, plus difficile encore que l’oppression japonaise. Finalement, le pont est terminé, et Nichols contemple ce qui est sûrement le plus bel ouvrage de toute l’Asie… construit par ses hommes !

Nichols prend conscience de sa folie, mais trop tard : son pont est utilisé par les Japonais pour transporter des tonnes de matériel et des milliers d’hommes. Les alliés essayent désespérément de détruire le pont pour empêcher l’ennemi de se ravitailler. Nichols s’est laissé emporter par son hybris chauvin, oubliant que le pont serait un atout stratégique majeur pour l’armée japonaise. Après avoir détruit son pont, aux portes de la mort, les derniers mots du colonel seront : « Qu’ai-je fait ? ».

On peut retrouver ce syndrome dans un récent article de Polly Toynbee publié dans The Guardian : Nous, les baby-boomers : révolution ou néolibéralisme ?

Titre de l'article de Polly Toynbee

Polly nous conte sa jeunesse pendant les années 60 aux USA. Rien ne manque au tableau : la drogue, la musique, la guerre du Vietnam, ce sentiment général de liberté et la volonté de « faire tomber les barrières ». Malgré la taille conséquente de l’article, Polly ne s’attarde pas vraiment à répondre à sa propre question : révolution ou néolibéralisme. Ce serait probablement trop douloureux à admettre. Pourtant, elle nous offre ces lignes :

De nos révolutions contre le “Système” ont émergé un individualisme qui s’est transformé en néolibéralisme. Des idées hippies des premiers entrepreneurs de la Silicon Valley sont sorties le chacun pour sa peau, les exonérations d’impôts et un mépris des gouvernements et des nations. C’est le côté obscur de la liberté anti-establishment.

Le postulat de base de la thèse de Polly est celui de la pureté d’origine des idées de la Révolution Culturelle menée par les hippies pendant les années 60. Pourtant le “Système” dont parle Polly (les puissances d’argent, en réalité) avait reconnu le potentiel de ces concepts plusieurs décennies auparavant. Il avait déjà reconnu l’utilité de l’hyper-individualisme et de la réduction des interdits moraux en vue de la maximisation du profit à extraire de la population.

Durant la première moitié du XXe siècle, Edward Bernays, le neveu (juif) du célèbre (((psychanalyste))) Sigmund Freud, fut employé par les puissances d’argent pour mener une série d’expériences sur la population américaine. Ces expériences avaient pour but d’augmenter la consommation de cette population, pour le plus grand profit des patrons de Bernays.

Une de ses premières missions, pour le compte de Lucky Strike, fut d’encourager les femmes à fumer. Fumer était, pour les femmes américaines des années 30, un interdit tacite, et Lucky Strike était bien déterminé à occuper cette part de marché. Par la publicité, Bernays encouragea ces femmes à fumer en associant la cigarette à la liberté, faisant de la cigarette le symbole freudien phallique de libération de la femme.

Malgré cela, la société civile, dominée alors par les hommes, continuait de voir d’un mauvais oeil les fumeuses.

Cette anecdote montre comment les interdits d’une société conservatrice vont à l’encontre des intérêts des puissances d’argent et des industriels. Et malgré la publicité (ou propagande) d’un Bernays, les codes moraux s’opposaient la maximisation des profits.

Le capitalisme des années 60 rencontra les mêmes problèmes que le marxisme 50 ans plus tôt : le mode de vie alors vertueux, chrétien, patriarcal ainsi que les valeurs familiales empêchaient l’avènement de la future société matérialiste dont certains rêvaient pour l’Occident. Que cette société soit accomplie via le capitalisme ou le marxisme, le problème restait le même, et logiquement, ces deux idéologies dites ennemies y trouvèrent la même solution : le marxisme culturel ou École de Francfort.

Les thèses des professeurs juifs de l’Ecole de Francfort n’étaient pas passées inaperçues aux yeux des puissances d’argent, qui financèrent les recherches de ces universitaires via une fondation dédiée, l’Institut Rockefeller. Voici une brève liste des objectifs de cet institut :

  1. Création de lois anti-racistes
  2. Promotion d’un changement continuel pour créer la confusion
  3. Apprentissage du sexe et de l’homosexualité aux enfants
  4. Sape de l’école traditionnelle et du statut de l’enseignant
  5. Destruction de l’identité par l’immigration incontrôlée
  6. Promotion de l’alcoolisme
  7. Faire le vide dans les églises
  8. Promotion d’un système judiciaire clément envers les criminels
  9. Création d’une dépendance du peuple envers l’État via les aides sociales
  10. Prise de contrôle des médias et abrutissement du contenu
  11. Destruction de la famille

On retrouve dans cette liste la totalité de la culture des années 60, ne manquent que les jeunes filles protestant seins nus contre la guerre du Vietnam et quelques riffs de guitare. Polly Toynbee a passé sa vie à défendre ces idées, tout en se demandant simultanément pourquoi la haute finance continuait de gagner en puissance. Elle fait partie de ces gens qui, après avoir détruit l’identité d’un peuple au nom de l’égalité, se demandent pourquoi tout le monde ne devient pas comme eux, des enfants gâtés vivant leurs vies dans un trip de LSD permanent.

Ces hippies dits anti-Système ont crée un nouveau Système, rejeton bâtard des puissances d’argent et du Flower Power. Ce nouveau Système finira par aboutir à la marchandisation de l’humanité, alors que Google et Apple s’occupaient à développer les applications qui allaient permettre à cette nouvelle génération d’exprimer leurs individualités pour combler à la carence identitaire.

Femmes lors de soldes à Londres

Dans cet article, Polly Toynbee nous livre ses réflexions, depuis sa villa de Toscane, un verre de Chianti dans une main, un recueil de poème dans l’autre. Hillary Clinton et Polly Toynbee ont 69 ans, elles sont nées à deux mois de différence, et ont toutes les deux fait partie de la gauche progressive leurs vies durant. Mais le Système n’en a pas encore fini avec Hillary…

On l’a un peu oublié maintenant, mais cette élection était supposée être la première accession d’une femme à la présidence des États-Unis. Après le premier président noir, c’était au tour de la première femme de continuer le programme de destruction, et peut-être y aura-t-il le premier mexicain après elle. Suivant les principes de son mentor, le marxiste juif Saul Alinsky, ce pur produit de la Révolution Culturelle a dédié sa vie au féminisme et à la gauche. La vie “exemplaire” d’Hillary aurait dû être récompensée par l’accession au Bureau Ovale, le poste le plus convoité au monde. Elle aurait dû être opposée à un candidat républicain générique et sans charisme, qu’elle aurait inondé d’accusations de racisme et de sexisme, se plaçant comme l’outsider, la victime, frêle femme luttant contre une classe politique patriarcale.

Mais le succès stupéfiant de Donald Trump a tout changé. Il n’est pas le candidat républicain lambda, facilement submergé par la vague libérale. Les classes libérales marchandes découvrent alors que le Système, leur Système, est attaqué. Trump se permet de critiquer la mondialisation, de traiter les médias d’ordures, tout cela avec un soutien populaire indiscutable. Mais il est trop tard pour changer de candidat. Dès lors, le plan comm’ qui faisait d’Hillary la première femme présidente tombe à l’eau. Elle est maintenant présentée comme la mieux qualifiée pour le poste, la protectrice du statut quo. C’est elle maintenant la conservatrice.

Hillary Clinton soutenue par ses gardes du corps

Le corps d’une femme de 69 ans ne soit pas fait pour encaisser le stress et les chocs d’une campagne présidentielle, mais il faut qu’elle aille jusqu’au bout, l’enjeu est trop important. La classe mondialiste ne peut pas se permettre de la voir abandonner. Si cela signifie devoir la ramasser étalée sur le pavé, la fourguer à l’arrière d’un minibus pour la perfuser de Diazepam, alors qu’il en soit ainsi. La corruption d’Hillary est maintenant absolue ; elle est prête à sacrifier sa santé, sa vie, pour le Système. Elle se laisse physiquement dévorer par la Bête Talmudique qui l’a créée, il y a de cela bien des années. Sa mission est maintenant de survivre et d’empêcher Trump d’entrer à la Maison Blanche. Une fois sa mission accomplie, elle aura la permission de mourir.

Il y a longtemps, Hillary regardait le ciel en fumant un joint, et rêvait d’un monde meilleur, fait d’égalité, de fraternité, de paix. Aujourd’hui, alors que son corps est porté comme un sac de patates par des hommes en costumes noirs, peut-être lui arrive-t-il de lever les yeux et de se demander comme le colonel Nichols : « Qu’ai-je fait ? ».

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