Alexandre Calame – Paysagiste suisse

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Paru dans Renegade Tribune

Biographie de la National Gallery of Art : Alexandre Calame est né en 1810 à Vevey dans le canton de Vaud en Suisse, fils d’un sculpteur sur marbre. En 1813, la famille s’installe à Neuchâtel, alors sous gouvernement prussien, où Calame passe son enfance, marqué par un accident en 1820 qui lui coûte la vue d’un œil. Après la faillite de son père, la famille s’installe à Genève en 1824, où le jeune Alexandre trouve un emploi de commis de banque. La mort de son père en 1826 l’a laissé, à seize ans, comme seul soutien pour lui et sa mère. Pour compléter ses revenus et payer les dettes laissées par son père, il colore des gravures de vues alpines pour l’imprimerie. Un employeur aimable, sentant un peu de talent chez le garçon, lui a offert un petit salaire qui lui a permis de prendre des cours à Genève auprès du peintre François Diday (1802-1877), un spécialiste des paysages alpins. A partir de 1829 Calame commença à produire des aquarelles de sa propre composition, et à partir de 1830 ses premières peintures timides à l’huile. Extrêmement travailleur, il a fait des progrès rapides. Marié en 1834 à une musicienne, Amélie Muntz-Berger, élève de Franz Liszt, il expose d’abord au Salon de Paris en 1835 et visite Paris en 1837, où il se familiarise avec l’œuvre de paysagistes contemporains tels Jules Dupré (1811-1889) et Théodore Rousseau (1812-1867). Au cours de l’été 1838, Calame voyagea en Hollande, recueillant à La Haye et à Amsterdam des impressions sur l’œuvre des grands paysagistes néerlandais, parmi lesquels Jacob van Ruisdael (1628/1629-1682) le toucha particulièrement. L’année suivante, son L’« Orage à la Handeck », très remarqué au Salon de Paris, lui vaut une médaille d’or de seconde classe. Par la suite, Calame acquit rapidement une large reconnaissance, passant d’une médaille d’or de première classe au Salon de Paris de 1841 pour la vue de la vallée d’Asarca, et l’achat de ce tableau par le roi Louis-Philippe, à l’attribution de la Légion d’honneur des Waldstetten après le Salon de 1842. Des étudiants de toute l’Europe commencent à affluer dans son atelier. Son tour d’Italie, entrepris en 1843 avec la suite de ses disciples, fut immortalisé par Rodolphe Toepffer dans Voyage en zigzag (Paris, 1844), un des classiques du livre romantique illustré. En 1845, Calame était considéré comme ayant surpassé son professeur, Diday, dans ce qui était leur spécialité commune, les grandes vues alpines sous un ciel orageux. Charles Baudelaire, dans sa revue du Salon de 1845, plaisante en disant qu’une fois qu’on pensait qu’un seul artiste à double personnalité se cachait sous les noms de Diday et Calame, mais depuis lors  » on note qu’il utilisait le nom Calame les jours où sa peinture allait bien « . Les grandes pièces d’exposition qui répandirent le nom de Calame dans toute l’Europe furent composées selon un schéma qui faisait appel à des avant-plans de rochers, de torrents et de pins balayés par le vent, au-delà desquels la vue s’ouvrait sur des panoramas lointains de hautes montagnes, une formule qu’il égayait de détails bien observés tirés d’études approfondies sur la nature. De nombreux voyages l’amènent en Angleterre (1850), en Allemagne, aux Pays-Bas (1852) et en Méditerranée (1853). Exposant à l’Exposition universelle de Paris de 1855, il se distingue par Napoléon III qui achète son Lac des quatre cantons. Malgré le caractère provincial de son milieu et le caractère presque exclusivement suisse de son art, Calame jouit d’une étonnante reconnaissance internationale, comme en témoignent son élection dans huit académies nationales et une abondante récolte d’honneurs et de décorations des cours de Russie, de Prusse, de Belgique et des Pays-Bas ; seule la presse critique française continue de l’ignorer. Dans les dernières années de sa vie, sa productivité a été taxée et sa santé fragile mise à rude épreuve par les nombreuses commandes qui lui ont été confiées par une importante clientèle aristocratique et commerciale. Profondément religieux, de tempérament taciturne et mélancolique, compulsivement travailleur, Calame souffrait de maladies fréquentes et vieillissait prématurément. Une pleurésie a contribué à sa mort en 1864, dans sa cinquante-quatrième année, à Menton, en France.