Pourquoi les Européens doivent rejeter le christianisme – Partie 5

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Paru dans Blanche Europe

Sommaire des différentes parties.

Traduction de « Why Europeans must reject Christianity » par Ferdinand Bardamu – Partie 5

Qu’a fait le christianisme pour l’Europe ?

Le christianisme est un culte violent, destructeur et meurtrier. C’est dangereux pour les raisons suivantes : 1) la religion favorise la survie des malades, des faibles et des imbéciles aux dépends d’une bonne hygiène raciale. Cela réduit considérablement le QI de la population et le potentiel pour l’aboutissement civilisationnel, et ; 2) le culte s’appuie sur la foi aveugle au lieu de la persuasion rationnelle, ce qui a entraîné de longues périodes de chaos généralisé et d’effusion de sang, en particulier au cours de la christianisation de l’Europe. Ces dangers ont même été remarqués par les auteurs païens contemporains, qui ont immédiatement reconnu la menace qu’un christianisme triomphant poserait à la survie de la culture occidentale.

Le christianisme n’a jamais «civilisé» ou «domestiqué» les Européens. Au contraire, les Européens ont été forcés de subir une existence néolithique lorsque les chrétiens étaient à l’apogée de leur pouvoir et de leur influence. L’Église a envoyé des hommes de génie dans les monastères ou les a consacré à la prêtrise. Ceci les a empêchés de transmettre leurs gènes, un important effet dysgénique qui a réduit le QI européen collectif. Seule la science païenne et la raison de l’antiquité classique pouvaient ré-domestiquer les Européens après 500 ans d’obscurité intellectuelle totale.

L’Église a défendu avec succès l’Europe de l’invasion, soutiennent certains apologistes, mais rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. La confiscation des biens de l’Église par Charles Martel afin de défendre l’Europe des intrus musulmans s’est heurtée à une opposition ecclésiastique significative. Si l’Église avait réussi à retenir les fonds nécessaires, toute l’Europe aurait été réduite à une province du califat Omeyyade. Néanmoins, Martel a été incapable de poursuivre les Sarrasins à travers les Pyrénées et à les déloger de leur fief andalou. Les musulmans ont poursuivi leur occupation de la péninsule ibérique pendant 800 ans, jusqu’à leur expulsion finale par Ferdinand et Isabelle à la fin du 15ème siècle. Le sud-ouest de la France et l’Italie ont été périodiquement attaqués et parfois dominés par des envahisseurs musulmans. L’émirat de la Sicile a duré plus de deux siècles. Même après la conquête normande, une présence musulmane est restée sur l’île. Les musulmans de Sicile ont finalement été expulsés au milieu du XIIIe siècle. Les croisades pour reprendre la Terre Sainte aux Sarrasins (1095-1291), une série d’opérations militaires à grande échelle sous la direction conjointe de la papauté et de l’aristocratie féodale, ont échoué à atteindre leur objectif principal. En 1204, les croisés chrétiens ont mis à sac Constantinople dans une orgie de viols, de pillages et de meurtres. Les croisés ont causé tant de dégâts que les Byzantins ont été incapables de résister à leurs conquérants ottomans en 1453.

Le christianisme ne fournissait aucune défense adéquate de l’Europe. L’Église en a seulement fait assez pour se maintenir comme une institution viable. Au cours du processus, l’Église a affaibli l’Europe, la faisant mûre pour la conquête par les califats Omeyyade et ottoman.

Les apologistes reconnaissent timidement que, bien que le christianisme ait entravé les progrès scientifiques et techniques, il a néanmoins apporté des «contributions» à des domaines aussi divers que l’architecture et la philosophie. À y regarder de plus près, ces «contributions» ne sont ni «chrétiennes» ni dignes d’être considérées comme des «contributions». L’exemple des grandes églises du Moyen Âge est fréquemment débité, mais celles-ci ont leur origine dans les méthodes de construction romaines. Le dôme, l’arc brisé et la voûte, les caractéristiques typiques de l’architecture de style roman médiéval sont toutes empruntées à l’architecture romaine impériale des temps pré-chrétiens. Le plan architectural de base de la plupart des églises médiévales est la basilique romaine, un édifice public réservé aux fonctions officielles. Même le style gothique qui a supplanté le style roman employait encore les caractéristiques architecturales d’origine romaine. La voûte en croisées d’ogives typique de l’architecture gothique a été initialement utilisée dans le Colisée romain de Vespasien et par Hadrien dans la construction de sa Villa des monts Tiburtins.

Tout en reconnaissant l’art roman comme un «accomplissement», le religieux chrétien négligera facilement la disparition presque totale des méthodes de construction romaines de l’Europe occidentale depuis près de 300 ans. Ce fut le résultat direct de l’action active de l’Église en matière de suppression des connaissances scientifiques et techniques occidentales. De l’achèvement du mausolée de Théodoric à Ravenne à la consécration d’Aix-la-Chapelle en 805, rien d’autre d’importance monumentale n’a été construit en Europe occidentale. Pendant la période intermédiaire, les Européens, comme leurs ancêtres du néolithique, sont revenus à l’utilisation de matières périssables pour la construction.

Les apologistes du christianisme mentionneront Thomas d’Aquin et la scolastique comme les points forts du développement non seulement médiéval, mais intellectuel européen, même si Thomas d’Aquin a fait reculer le progrès scientifique et technologique européen de plusieurs centaines d’années. La scolastique était un objet de la risée et de moquerie à la Renaissance. Les religieux mentionnent la «contribution» chrétienne de l’université, oubliant les nombreuses institutions d’enseignement supérieur qui ont existé et même prospéré dans le monde antique. Les premières universités enseignaient la scolastique, donc elles étaient la ligne de front dans la guerre chrétienne contre les valeurs païennes de la curiosité intellectuelle, de l’amour du progrès en soi et de la rationalité empirique.

Dans l’esprit religieux chrétien, la science et la technologie sont d’origine chrétienne parce que les hommes faisant des découvertes et des inventions pendant la Révolution scientifique étaient symboliquement des Chrétiens, comme Galilée et Newton. Cet argument est aussi absurde que de soutenir que l’invention grecque de la logique, de la rhétorique et des mathématiques résultent des croyances théologiques païennes grecques parce qu’Aristote et d’autres scientifiques et philosophes de l’antiquité étaient des païens. Non, ces hommes étaient des «chrétiens» parce que les aveux publics d’athéisme étaient dangereux à une époque où même la spéculation théologique la plus anodine pouvait porter atteinte à la réputation et détruire des carrières. Il faut rendre un hommage appuyé au courage et à l’honnêteté de ces hommes qui ont été capables d’abandonner la confiance du christianisme dans une foi aveugle, souvent face à la censure publique, et d’avoir consciemment ré adopté les valeurs épistémiques païennes qui ont produit le «miracle grec» 2000 ans avant la Révolution scientifique.

Les religieux chrétiens prétendent que le Nouveau Testament, une collection de gribouillages enfantins écrits par des barbares semi-illettrés, est une contribution importante à la civilisation occidentale. Comme cela a été souligné depuis des générations, même par d’autres religieux chrétiens, l’œuvre est réputée pour son utilisation d’une piètre grammaire et d’un style littéraire brut peu raffiné. Une grande partie a été composée par des Juifs qui ne parlaient même pas couramment la koinè grecque. Globalement, le Nouveau Testament est une production inférieure comparée aux auteurs les plus épouvantables de la prose attique. Même saint Jérôme, le traducteur de la Vulgate, a exprimé du mépris pour le style littéraire vulgaire, simpliste de la Bible. Il préférait l’élégant latin de Cicéron à la place.

Qu’est-ce que le christianisme a apporté à l’Europe ? La réponse est rien ! Pas d’art, ni culture, ni monuments architecturaux, ni science ou technologie. Le christianisme a été un gaspillage massif du potentiel intellectuel et physique européen. De plus, le christianisme a presque détruit l’Europe.

L’Église a rejeté plus de 99% de la littérature ancienne, y compris des œuvres relatives à la science, aux mathématiques, à la philosophie, à l’ingénierie et à l’architecture. Ce fut la plus grande campagne de censure et de répression littéraires dans l’Histoire, acte de génocide physique et culturel qui a presque coupé l’Europe médiévale des grandes réalisations de l’antiquité classique. C’était un génocide culturel parce que l’Église a presque éradiqué toute une civilisation et une culture ; ceci fut un génocide physique parce que l’élimination délibérée par l’Église de la connaissance profane a mis des millions de vies en danger, les soumettant inutilement aux ravages de la maladie, de la guerre, de la famine et de la pauvreté. Loin d’être en grande partie bénigne, l’Église chrétienne est une mafia religieuse assoiffée de pouvoir. Elle est seule responsable de la perpétration des plus grands crimes de l’Histoire contre les Européens. Combien de temps l’Église chrétienne échappera-t-elle au châtiment de ce criminel méfait ? Aucune autre religion n’a causé autant de souffrances et de dégâts à l’Europe que cette syphilis spirituelle connue sous le nom de christianisme.

Le christianisme : la grand-mère du bolchevisme ?

 En 1933, l’historien allemand Oswald Spengler écrivait : «Tous les systèmes communistes du monde en Occident sont en fait dérivés de la pensée théologique chrétienne … Le christianisme est la grand-mère du bolchevisme». Ce seul fait suffit à faire du christianisme l’une des forces les plus destructrices dans l’histoire du monde, une force si radioactive qu’elle détruit tout dans son voisinage immédiat. Mais comment cela est même possible ?

L’égalité est un aspect si fondamental du kérygme de l’Église que si elle était supprimée toute la structure idéologique de l’orthodoxie chrétienne s’effondrerait comme un château de cartes. La «catholicité» de l’Église signifie que l’adhésion au corps du Christ est ouverte à tous les hommes, indépendamment des différences ethnolinguistiques ou socio-économiques. Le salut, parce qu’il est également disponible pour tous, signifie que tous les hommes possèdent la même capacité innée de le réaliser. Il y a aussi l’égalité universelle dans la dépravation pécheresse, ainsi que dans la possession d’une grâce divine non méritée. Le commandement de Jésus d’aimer son prochain comme soi-même n’est que l’application de principes universalistes et égalitaires à la vie sociale humaine. Dans le Nouveau Testament, les croyants sont appelés à être au service les uns des autres, dans le but de réaliser l’égalité sociale dans le cadre ecclésiastique.

L’assimilation de l’idéalisme platonicien par les théologiens anténicéens a ajouté une dimension métaphysique aux déclarations égalitaires du Nouveau Testament. Lorsque Dieu créa l’homme, il transmit le souffle de la vie par ses narines. Ce «souffle», psyché, ou anima, traduit par «âme», a servi de principe de vie au corps animé. L’égalité des âmes devant Dieu s’obtient parce que tous portent la même imago dei ou image de Dieu. Dans le jardin d’Éden, l’homme vivait dans des conditions d’égalité naturelle. Saint Augustin écrit qu’avant la chute, personne n’exerçait de domination ou souveraineté sur quiconque, mais que tous gouvernaient de manière égale et indifférente sur la création subalterne. L’égalité naturelle qui existait jadis dans cette préhistoire mythique a été perdue à cause du péché, qui a corrompu la nature humaine. Cela a amené l’esclavage et d’autres inégalités dans le monde. L’Église croyait que le royaume de Dieu rétablirait les conditions édéniques à la fin des temps.

Pour l’Église anténicéenne, croire en l’égalité spirituelle n’était pas une formule sclérosée à réciter par cœur comme le Symbole des Apôtres, mais une réalité toujours présente avec des conséquences « anticipées » dans le monde réel. Les récits évangéliques incorporant des éléments de communisme primitif ont été accueillis favorablement par l’Eglise et déclarés canoniques. Dans le chapitre 3 de l’évangile selon l’apôtre Luc, Jean le Baptiste, un membre des Esséniens communistes, exhorte ses disciples à partager leurs vêtements et leur nourriture avec ceux qui sont démunis. Les déclarations communistes de Jean préfigurent le communisme primitif plus explicite de Jésus.

Dans le chapitre 4 de l’évangile selon l’apôtre Luc, Jésus commence son ministère en inaugurant une «année de grâce du Seigneur». Il s’agit d’une référence directe au Jubilé hébreu, qui avait lieu tous les cinquante ans après l’achèvement de sept cycles sabbatiques. La proclamation du Jubilé signifiait l’affranchissement des esclaves, l’absolution de la dette, la redistribution des biens et la propriété commune des produits naturels de la terre. Selon le Lévitique, personne ne possédait la terre, à l’exception de YHWH ; seul son l’usufruit pouvait être acheté. Ce ne fut pas une année de Jubilé au sens propre inaugurée par Jésus. Les passages cités dans Luc proviennent d’Isaïe et non du Lévitique, qui contient la législation hébraïque actuelle. L’imagerie associée au Jubilé est utilisée pour décrire les caractéristiques eschatologiques accomplies du nouvel âge inauguré par le Messie à venir. Son retour symbolise le renversement complet de l’ordre ancien. Le nouvel âge engendrera des relations sociales communistes par la transformation éthique des croyants. D’un point de vue herméneutique biblique, le Jubilé de la Torah préfigure le Jubilé supérieur maintenant réalisé dans le ministère de Jésus.

Les enseignements de Jésus en matière économique vont bien au-delà du partage communautaire lévitique. Ils nécessitent une réorganisation à grande échelle de la société selon des lignes égalitaires et communistes. Dans le chapitre 6 de l’évangile selon l’apôtre Luc, Jésus ordonne à son public de donner à tous ceux qui leur demandent la charité, sans distinction, qu’ils soient amis ou ennemis. Sa condamnation des représailles violentes est étroitement liée à cette éthique de partage universel ; l’arrangement social communiste envisagé par Jésus ne peut s’épanouir dans une atmosphère de violence et de suspicion. L’âge eschatologique inauguré par le Messie est celui où prêter sans attendre de récompense financière est devenu une nouvelle obligation morale, obligation qui doit être effectuée si l’on veut obtenir un trésor aux cieux.

Cette pratique communiste chrétienne primitive qui était moralement obligatoire est soutenue par de nombreux passages du Nouveau Testament. Selon Jean 3:16-17, les vrais croyants sacrifient leurs vies pour le bien des autres, surtout en donnant à ceux qui sont dans le besoin ; n’importe qui refusant de faire cela ne peut prétendre être un chrétien de bonne moralité.

Dans l’Église anténicéenne, la communion fraternelle n’était pas seulement spirituelle, mais comprenait une aide mutuelle sous forme d’assistance matérielle et économique concrète. L’épître canonique de Jacques définit la vraie religion comme celle qui prend soin d’«orphelins et de veuves », une ancienne expression hébraïque en faveur des défavorisés sur le plan économique. Ceux qui favorisent les riches sur les pauvres, au lieu de traiter les deux de façon égale, sont des pécheurs qui ont besoin de repentance. Ils ont transgressé le grand commandement de Jésus, « aime ton prochain comme toi-même». Jacques dit que «la foi sans les œuvres est morte». En quoi consistent les «œuvres» ? Nous sommes informés que la vraie foi est montrée par ceux qui nourrissent et vêtent le misérable sur terre. Si on refuse de le faire, l’identité même de chrétien est mise en péril.

Dans la deuxième épître aux Corinthiens, Paul fournit une justification théologique supplémentaire en faveur de la pratique chrétienne communiste primitive, utilisant la «kénose» du Christ comme point de référence. Les chrétiens étaient censés suivre l’exemple de Jésus, qui était «riche» dans son état préexistant, mais qui s’est volontairement «appauvri» lui-même afin que les croyants deviennent «riches» par le biais de sa «pauvreté». Ceci signifiait que les communautés chrétiennes les plus riches étaient moralement obligées de partager leur abondance de richesses avec les plus pauvres. Le but de redistribuer la richesse d’une communauté chrétienne à un autre, écrit Paul, était la réalisation de l’égalité économique entre les croyants.

L’identification apostolique de la «vraie foi» avec une redistribution matérielle a conduit à la mise en place du premier système de protection sociale au monde et d’une économie nationale à planification centrale. Bien que certaines formes de communisme primitif aient existé avant les pratiques communistes chrétiennes institutionnalisées des trois premiers siècles de notre ère, elles étaient réservées aux petites communautés d’intellectuels de langue grecque ou de fanatiques religieux juifs. Ce qui rendait le communisme chrétien unique était son universalisme moral et son orientation non-ethnocentrique. Étant donné l’impulsion égalitaire de l’idéologie communiste primitive chrétienne, il ne faut pas s’étonner que le principe organisateur central de l’économie marxiste classique, «De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins», ait été repris textuellement des pages du Nouveau Testament.

Le marxisme-léninisme, une idéologie meurtrière du XXe siècle qui a entraîné la mort de plus de 100 millions d’individus dans le monde, a été directement inspiré par les déclarations éthiques du Nouveau Testament. C’est une source de grande gêne pour le religieux chrétien. Pour se défendre, les apologistes soulignent le caractère volontaire de la pratique communiste dans le christianisme primitif. Pourtant, cette esquive apologétique est clairement anachronique. La liberté définie comme la capacité de choisir en l’absence de coercition extérieure est une idée singulièrement moderne héritée des philosophies du libéralisme qui ont suivi le siècle des Lumières. Cette idée de liberté affirme la volonté souveraine comme celle obéissante à elle-même, mais aussi réductible aux lois fondamentales du marché libre. Cependant, cette compréhension de la liberté est diamétralement opposée à celle rencontrée dans l’ancienne tradition philosophique grecque. Dans cette perspective, il n’y a pas de distinction nette entre l’action volontaire et l’obligation involontaire ; les individus ne sont pas conceptualisés comme des agents autonomes avec une multitude d’options à choisir. La liberté est plutôt la capacité de poursuivre le Bien sans entrave ; seule une volonté qui fonctionne bien, dans laquelle le sujet a pleinement réalisé sa véritable essence, peut le faire. Faire le mal va à l’encontre du bon fonctionnement de la volonté ; ce n’est pas une expression de la capacité individuelle de liberté. Personne ne refuse de plein gré ou volontairement de poursuivre le bien ; ils manquent plutôt d’une formation morale suffisante ou du contrôle de soi adéquat.

Le chrétien dans le monde antique était libre de ne pas adorer ou de ne pas consommer de la viande sacrifiée aux idoles ; il n’était pas libre de faire le contraire parce qu’alors il ne poursuivrait plus le Bien. Un chrétien qui violait l’interdiction de l’idolâtrie n’exerçait pas légitimement son libre arbitre, même si l’interdiction avait été violée en l’absence de coercition externe. Une telle action était plutôt le résultat d’une ignorance morale ou d’une erreur. On pourrait en dire de même de la pratique chrétienne primitive du communisme. Celle-ci n’était que « volontaire » dans le sens que les chrétiens poursuivaient librement un résultat moralement acceptable. Si la liberté est la poursuite du Bien sans obstacle, les chrétiens étaient moralement obligés de participer aux pratiques socio-économiques communistes de l’Église, sinon ils n’auraient pas été considérés vertueux devant Dieu.

Les origines chrétiennes du libéralisme moderne et du socialisme

Les conséquences «anticipées» de l’égalité spirituelle signifiaient l’égalité sociale et économique pour l’Église, menant à l’établissement d’un communisme formel au sein des premières communautés chrétiennes. Ce n’était pas seulement de la philanthropie, mais un système de protection sociale extrêmement organisé qui optimisait la redistribution de la richesse. Le communisme des premiers chrétiens était répandu et a duré pendant des siècles, traversant les frontières à la fois géographiques et ethnoculturelles. Les pratiques communistes de l’Église anténicéene étaient enracinées dans la tradition de Jésus du Ier siècle. L’existence du communisme des premiers chrétiens est bien attestée par les Pères anténicéens et par les contemporains païens.

Une fois le christianisme devenu la religion officielle de l’État, l’Église est devenue de plus en plus hiérarchique du fait que les fonctions ecclésiastiques ont été fusionnées avec celles de la bureaucratie impériale. Les pratiques socio-économiques communistes de l’Église primitive ont été abandonnées par les chrétiens à l’époque médiévale. Cette notion a été remplacée par une vision de l’inégalité comme statique, résultat d’une «grande chaîne d’existence» qui classait les choses du plus bas au plus élevé. Les théologiens utilisaient la grande chaîne pour justifier sur le plan cosmologique l’ordre social stratifié de manière rigide qui était né des cendres du vieux monde romain. Il ajoutait un vernis de légitimité idéologique au système féodal en Europe. Dans la grande chaîne, le vicaire du Christ, le pape, était placé en haut, suivi des monarques européens, du clergé, de la noblesse et, tout en bas, des paysans sans terre. Cela impliquait une vision de l’égalité spirituelle comme «incompatible». Saint Thomas d’Aquin a fourni une justification supplémentaire pour l’inégalité le long de lignes rigoureusement téléologiques. Dans la Summa Contra Gentiles, la diversité et la variété dans la création reflètent l’ordre harmonieux établi par Dieu. Si l’univers ne contenait que des choses égales, un seul type de bien existerait et cela nuirait à la beauté et à la perfection de la création.

La vision incompatible de l’égalité chrétienne a été dominante jusqu’à la Réforme protestante du XVIe siècle. L’acte emblématique de Martin Luther – le clouage des 95 thèses à la porte du château de Wittenberg en 1517 – a initié une crise d’autorité ecclésiastique qui devait avoir des répercussions énormes sur l’avenir de l’histoire occidentale. Le pape n’était plus le représentant suprême du Christ sur la terre, mais un tyran irrémédiablement corrompu, qui avait jeté gratuitement l’Église dans le désert de l’oubli et de l’erreur spirituels.

L’accès à des œuvres auparavant inconnues de science et de philosophie anciennes a introduit dans un public instruit des valeurs épistémiques païennes qui allaient ouvrir la voie à la Révolution scientifique du XVIIe siècle. Le cri humaniste « aux sources !» fut accueilli avec empressement par les réformateurs. Cela leur a permis de saper les principes herméneutiques scolastiques (c.-à-d. le Quadrige) et les grandes doctrines du christianisme médiéval. La redécouverte des manuscrits les plus fiables de la Bible a été un catalyseur important de la Réforme.

Les théologiens réformés, armés de méthodes humanistes textuelles et philologiques, ont étudié le Nouveau Testament et les Pères anténicéens dans les langues originales. Ceci a conduit à une «renaissance» chrétienne, une redécouverte du monde chrétien primitif. Comparés à la morale laxiste et à l’indifférence spirituelle du clergé de la fin du Moyen Âge, les 4 ou 5 premiers siècles de l’Église primitive semblaient être un âge d’or, celui qui a conservé la pureté doctrinale de l’orthodoxie chrétienne jusqu’au pape Grégoire Ier, libre des distorsions grossières de la théologie scolastique et de la tradition ecclésiastique. Les enseignements et pratiques du début du christianisme, oubliés pendant le Moyen Âge, sont redevenus populaires parmi les protestants.

Les réformateurs ont cherché à retrouver l’esprit du christianisme primitif en incorporant les principes égalitaires et majoritaires dans les prémices d’un contexte ecclésiastique moderne. La pensée égalitaire a d’abord été énoncée dans l’enseignement de Luther sur le sacerdoce universel de tous les croyants. Contrairement à l’enseignement chrétien médiéval, qui considérait le clergé comme les membres d’une aristocratie spirituelle, Luther a proclamé tous les chrétiens comme étant des prêtres égaux devant Dieu, chacun ayant la même capacité de prêcher et de servir les autres croyants. Sur cette base, Luther a exigé de mettre fin au traitement différencié du clergé et des laïcs sous le droit canon. Il a également défendu le principe majoritaire en contestant la prérogative ecclésiastique romaine de nommer les ministres pour les congrégations chrétiennes. Calvin, l’autre grand chef de la Réforme, a reconnu les conséquences réelles de l’égalité spirituelle dans le monde réel, mais l’a abordé sous l’angle de l’égalité universelle dans la dépravation totale.

Les radicaux protestants ont considéré les politiques égalitaires des principales églises réformées comme fondamentalement inadéquates ; toute réalisation concrète de l’égalité spirituelle chrétienne impliquait une renaissance à grande échelle des pratiques socio-économiques communistes de l’église primitive. Müntzer, l’un des premiers disciples de Luther, est représentatif de cette version égalitaire plus radicale de l’évangile. En 1525, un groupe de fanatiques religieux, dont Müntzer, s’empara du contrôle de Mühlhausen en Thuringe. Au cours de leur bref règne sur la ville, ils ont mis en œuvre le programme des Onze Articles, un document révolutionnaire appelant à la justice sociale et à l’élimination de la pauvreté. Les idoles ont été brisées, les moines ont été chassés de leurs couvents et des biens monastiques ont été saisis et redistribués aux pauvres. De la chaire, Müntzer livra des sermons enflammés ordonnant à sa congrégation de se débarrasser de « l’idole » des biens privés s’ils souhaitaient que «l’esprit de Dieu» demeure parmi eux. En tant que chef de file lors de la guerre des Paysans allemands, il fut capturé en mai 1525 après la défaite de son armée à Frankenhausen. Il fut torturé puis exécuté, mais pas avant que ses ravisseurs aient été en mesure de lui arracher les aveux : Omnia sunt communia. Que la confession représente les paroles exactes de Müntzer est controversée ; néanmoins, elle reflète fidèlement la piété antimatérialiste de Müntzer et le point de vue selon lequel les enseignements de l’Évangile devaient être intégralement mis en œuvre.

La rébellion de Münster de 1534-1535, dirigée par Jan Matthys et Johann de Leiden, fut beaucoup plus extrême dans son radicalisme. Après la prise de la ville par les anabaptistes, Matthys déclara Münster comme étant le site de la nouvelle Jérusalem. Catholiques et luthériens ont ensuite été chassés de la ville, leurs biens confisqués et redistribués aux pauvres «selon leurs besoins» par des diacres choisis avec soin par Matthys. Ils se sont mis à imposer aux habitants de la ville le communisme primitif de l’église des premiers jours. L’argent a été aboli ; les résidences privées sont devenues la propriété publique de tous les croyants chrétiens ; les gens étaient obligés de cuisiner et de manger leur nourriture dans les cuisines et les salles à manger communes, à l’imitation des « agapes» du paléochristianisme. Chose plus inquiétante, Matthieu et Johann ont même ordonné de brûler en masse tous les livres, sauf la Bible. C’était pour symboliser une rupture avec le passé pécheur et le début d’une nouvelle époque communiste, comme l’An Un de la Convention nationale révolutionnaire française. A l’automne 1534, toutes les propriétés privées dans les limites de la cité furent officiellement abolies dans la ville de Münster sous contrôle anabaptiste. Mais la commune anabaptiste ne devait pas durer longtemps. Après un siège prolongé, les chefs de bande anabaptistes, y compris Johann de Leiden, furent capturés, torturés puis exécutés par l’évêque de Münster.

Les Bêcheux (ou « Vrais Niveleurs ») et les Niveleurs (ou « Agitateurs »), actifs pendant les guerres civiles anglaises (1642-1651) et le protectorat (1653-1659) furent fortement influencés par l’enseignement chrétien primitif. Les Bêcheux, fondée par Gerard Winstanley, ont été inspirés des pratiques socio-économiques communistes des premiers chrétiens. Ils ont essayé d’établir un communisme agraire en Angleterre, mais étaient opposés à cette entreprise, souvent avec violence, de riches agriculteurs et des représentants des gouvernements locaux qui les ont qualifiés d’athées et de libertins. Les Niveleurs, une faction radicale puritaine, plus influents, ont essayé de démocratiser en profondeur l’Angleterre en introduisant des politiques de tolérance religieuse et de suffrage masculin universel. Leur rejet du pouvoir monarchique arbitraire du roi Charles Ier en faveur de la démocratie égalitaire avait été finalement façonné par des prémices théologiques chrétiennes. D’éminents Niveleurs comme «Freeborn» John Lilburne ont plaidé en faveur de principes démocratiques égalitaires fondés sur une interprétation exégétique du Livre de la Genèse. Tous les hommes ont été créés égaux, disaient-ils, sans que personne n’ait plus de pouvoir, de dignité et d’autorité que quiconque dans le jardin d’Éden. Puisque aucun homme n’avait le droit d’exercer son autorité sur les autres, seule la souveraineté populaire pouvait légitimement servir de base sous-jacente au gouvernement civil. De nombreuses propositions des Niveleurs, telles qu’énoncées dans l’Agreement of the People, ont été incorporées dans la Déclaration anglaise des droits de 1689. Ce document a ensuite influencé la Déclaration des droits de 1791 aux États-Unis.

John Locke a été le fondateur du libéralisme moderne, une tradition politique imprégnée de dogme religieux chrétien. Il a tiré de nombreuses implications sociales et politiques à partir de l’égalité spirituelle chrétienne. Sa croyance en l’égalité était enracinée dans la ferme conviction que tous les hommes étaient créés à l’image de Dieu, les rendant égaux par nature. Les Pères de l’Église et les théologiens médiévaux ont longtemps soutenu que tous les hommes, qu’ils soient esclaves ou libres, étaient «par nature égaux», mais que cette inégalité sociale entre les hommes était une punition de Dieu pour le péché. John Locke était d’accord avec les auteurs patristiques et médiévaux sur l’égalité naturelle, mais il a rejeté leur utilisation du péché originel pour justifier l’acceptation passive de l’inégalité sociale et économique humaine. Comme les Réformateurs protestants avant lui, il croyait que l’égalité spirituelle n’était pas simplement eschatologique, mais qu’elle comportait certains enjeux dans la vie réelle d’une portée politique considérable.

L’argument de Locke en faveur de l’égalité universelle découlait d’une analyse approfondie de l’interprétation historique et exégétique du récit biblique. La création de l’homme à l’image de Dieu avait d’énormes implications pour sa théorie politique, en particulier en ce qui concerne ses points de vue sur la nature du gouvernement civil et l’étendue de son autorité. A partir de sa lecture de la Genèse, Locke a soutenu que personne n’avait le droit de dominer et d’exploiter les autres membres de l’espèce humaine. L’homme avait été créé par Dieu pour exercer sa domination sur le règne animal. Contrairement aux animaux, qui sont par nature inférieure, il ne peut y avoir de sujétion parmi les humains parce que leur appartenance à une même espèce porte l’empreinte d’un «créateur omnipotent et infiniment sage». Cela signifiait que tous les hommes étaient nés naturellement libres et indépendants. Le point de vue de Locke sur l’égalité universelle impliquait en outre la «possession des mêmes facultés» par tous les hommes. Bien que les hommes diffèrent grossièrement en termes d’aptitudes intellectuelles, ils possédaient tous une capacité intellectuelle de faible niveau qui leur permettait de manipuler des idées abstraites et de raisonner logiquement l’existence d’un être suprême.

Pour Locke, toute autorité gouvernementale doit être fondée sur le consentement des électeurs. C’était une extension de sa croyance en l’égalité naturelle de l’humanité. Lorsque toutes les voies de recours judiciaires et politiques avaient été épuisées, il fallait remédier à tout abus de pouvoir des représentants élus par la révolution armée. Cela rétablirait les hommes dans l’état de liberté originelle qu’ils avaient dans le jardin d’Éden. La libération de la tyrannie leur permettrait d’élire un gouvernement qui soit plus conforme à la volonté du peuple.

La théorie de Locke sur les droits naturels reposait sur les notions bibliques d’une préhistoire idyllique dans le jardin d’Éden. Contrairement aux théoriciens monarchiques tels que Filmer, l’organisation sociale primitive de l’homme n’était pas hiérarchique, mais égalitaire et démocratique. Si tous les hommes avaient été créés égaux, personne n’avait le droit de priver un homme de la vie, de la liberté et de la propriété privée. Dans la philosophie politique de Locke, les droits sont essentiellement des obligations morales à connotation religieuse chrétienne. Si les hommes étaient obligés de céder certains droits naturels au gouvernement civil, ce n’était que parce qu’ils seraient mieux administrés collectivement pour l’intérêt général. Ces droits qui ne pouvaient pas être cédés étaient considérés comme des libertés fondamentales, comme le droit à la vie et le droit à la propriété privée.

Les premiers auteurs chrétiens modernes ont envisagé en détail à quoi ressemblerait une société communiste idéale et comment elle fonctionnerait. La toute première littérature communiste a émergé dans un contexte religieux chrétien. Un exemple célèbre est l’Utopie de Thomas More, rédigée en 1516, qui doit davantage aux idéaux patristiques du communisme et à la pratique monastique égalitaire qu’à la République de Platon. Un autre ouvrage explicitement communiste est la Cité du Soleil du frère dominicain Tommaso Campanella, datant de 1602. Ces œuvres constituent un pont important entre le communisme chrétien prémoderne et le socialisme «utopique» et «scientifique» du XIXe siècle. Pour la première fois dans l’Histoire, ces écrits ont fourni une critique en profondeur des conditions socio-économiques de la société européenne contemporaine, indiquant que la réalisation complète des idéaux de la Renaissance ne serait possible que par la mise en œuvre d’un système communiste. Ils sont allés au-delà de la communalisation de la propriété au sein de communautés patriarcales isolées en envisageant la transformation d’unités politiques à grande échelle en organismes économiques unifiés. Celles-ci seraient caractérisées par la propriété collective et le contrôle démocratique. Dans ces écrits était implicite l’hypothèse que seul le pouvoir de l’État pouvait apporter un ordre social juste et humanitaire.

Le socialisme «utopique» ou pré-marxien fut une étape importante dans le développement de l’idéologie gauchiste moderne. Ses principaux représentants, Blanc, Cabet, Fourier, Saint-Simon et Owen, étaient soit des chrétiens fervents, soit des hommes profondément influencés par les enseignements socio-économiques et éthiques du christianisme primitif. Ils ont souvent considéré Jésus de Nazareth comme un grand leader socialiste. Ils croyaient typiquement que leur version du communisme était une réalisation fidèle du message évangélique de Jésus. Dans la vision pré-marxienne, le communisme primitif du début de l’église chrétienne était un idéal à adopter et à imiter. Beaucoup de ces auteurs ont même défendu leurs croyances communistes par le biais de nombreuses citations du Nouveau Testament.

Louis Blanc voyait Jésus-Christ comme le «maître sublime de tous les socialistes» et le socialisme comme l’«Évangile en action». Étienne Cabet, fondateur du mouvement Icarien, assimilait le vrai christianisme au communisme. Si l’Icarianisme était la réalisation terrestre de la vision de Jésus d’un royaume de Dieu à venir, il était impératif que tous les communistes «admirent, aiment et invoquent Jésus Christ et sa doctrine.» Charles Fourier, l’un des premiers fondateurs du socialisme moderne, a considéré Jésus-Christ et Isaac Newton comme les deux figures les plus importantes de l’évolution formative de son système de croyance. Il a carrément ancré son idéologie socialiste dans la tradition chrétienne. En tant que seul vrai disciple de Jésus-Christ, Fourier avait été envoyé sur terre en tant que «Consolateur» de l’apôtre Jean (14:26), le «Messie de la Raison» qui réhabiliterait toute l’humanité dans le sens d’une industrie socialiste.

Henri de Saint-Simon, un autre fondateur important du socialisme moderne, croyait que le véritable évangile du Christ était celui d’humilité et d’égalité. Il a préconisé un «nouveau christianisme» qui réaliserait les implications pratiques et économiques de l’ordre du monde juste prêché par Jésus. Saint-Simon a également été l’un des premiers précurseurs du mouvement de l’Évangile Social, qui cherchait à diminuer le mal social par l’application des principes éthiques chrétiens. Le premier fondateur gallois du socialisme moderne, Robert Owen, bien qu’hostile au christianisme organisé et aux autres religions établies, considérait sa version du socialisme comme «un christianisme vrai et authentique, libéré des erreurs qui s’y étaient attachées». Ce n’est que par la pratique du socialisme que les «préceptes inestimables de l’Évangile» seraient pleinement réalisés dans la société industrielle contemporaine.

Les premiers pionniers du socialisme, qui ont tous maintenu des points de vue socio-économiques fondés sur des principes religieux chrétiens, ont exercé une influence profonde et durable sur Marx. Ses convictions religieuses néo-chrétiennes doivent le faire considérer comme le seul véritable héritier historique du christianisme orthodoxe, en grande partie parce que son idéologie a conduit à la mise en œuvre des enseignements chrétiens en matière socio-économique à une échelle inimaginable jusqu’à présent. Müntzer, les anabaptistes radicaux et d’autres communistes chrétiens sont considérés comme des prédécesseurs importants des mouvements socialistes modernes des XIXe et XXe siècles. Par exemple, dans la courte monographie de Friedrich Engels La guerre des paysans en Allemagne, Müntzer est immortalisé en tant qu’homme dont les opinions religieuses et politiques étaient très en avance sur son temps. Il possédait même un «équipement théorique» beaucoup plus perfectionné que les nombreux mouvements communistes du temps d’Engels.

La transformation communiste primitive de l’ordre socio-économique sous le christianisme repose sur 1) l’élimination de toute différence ethnolinguistique et socio-économique entre les hommes (l’unité dans le Christ) et ; 2) l’égalité spirituelle fondamentale de tous les êtres humains devant Dieu ; c’est le reflet de la transformation communiste moderne de l’ordre socio-économique sous l’idéologie marxiste classique, qui repose sur 1) l’élimination de toute distinction de classe entre les hommes et ; 2) une «égalité» fondamentale d’accès à une réserve commune de produits agricoles et de biens manufacturés. Les nombreuses similitudes entre le communisme chrétien et le marxisme sont trop frappantes pour être une simple coïncidence. Sans l’influence dominante du christianisme, la montée du communisme moderne et du socialisme aurait été impossible.

La Réforme protestante du XVIe siècle fait le lien entre l’égalitarisme socio-économique des premières communautés chrétiennes et l’égalitarisme socio-économique de l’Occident moderne. En tant que mouvement religieux de masse débutant à la fin du Moyen Âge, elle a profondément affecté le cours de la civilisation occidentale. La Réforme a joué un rôle déterminant dans la formulation initiale et la propagation des formes libérales et socialistes de la pensée égalitaire qui sert de base aux religions officielles dominantes des «démocraties» occidentales modernes. Sans Luther et le bouleversement de masse qui a suivi ses traces, l’égalité spirituelle chrétienne serait restée un fait eschatologique sans incidence directe sur le monde séculier moderne.

L’observation de Spengler selon laquelle «la théologie chrétienne est la grand-mère du bolchevisme» est un truisme. Toutes les formes de communisme occidental sont fondées sur la tradition chrétienne. Il en va de même en ce qui concerne la pensée égalitaire libérale, qui a également été formulée au sein d’un milieu religieux chrétien.

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