René-Louis Berclaz — La fabrique de l’antisémitisme

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Dessin de Konk.

Dans son livre La France licratisée, Anne Kling a choisi pour illustrer la couverture un dessin de Konk montrant deux gaziers en train de s’interroger devant un calendrier : le premier – « Il faudrait décider qu’un jour par an on ne parlerait pas du racisme et de l’antisémitisme » ; le second – « On pourrait commencer par une heure »…

Invoquer le racisme et de l’antisémitisme, c’est le fonds de commerce de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), officine fondée en 1928 par Bernard Lecache. Ce franc-maçon était rédacteur à L’Humanité, l’organe officiel du Parti communiste français, où il tenait une chronique intitulée « Gueules de vache » ; or, nul n’ignore que la vocation des vaches est de finir à l’abattoir !

C’est d’ailleurs exactement ce que préconisait le mentor de Lecache, un certain Joseph Staline : « Le chauvinisme national et racial est un vestige des coutumes haineuses de l’homme caractéristique de l’ère du cannibalisme. L’antisémitisme est l’expression la plus extrême de ce chauvinisme et en est donc, en tant que tel, la plus dangereuse survivance. […] Le Communisme ne peut qu’être un ennemi irréductible de l’antisémitisme. En Union Soviétique, il est traqué sans relâche et les antisémites sont passibles de la peine capitale. »

Pour Bernard Lecache et ses acolytes staliniens, le jour de gloire est arrivé à Paris le 25 mai 1926, quand Samuel Schwartzbard assassina l’Ataman-général Simon Petlioura, ancien président de 1919 à 1920 de la République populaire ukrainienne, exilé en France depuis l’invasion de son pays par l’Armée rouge de Trotski.

En proie au chaos, l’Ukraine était alors ravagée par des combats opposants les indépendantistes de Petlioura, les anarchistes de Makhno, et des détachements de l’Armée rouge et de l’armée contre-révolutionnaire du général Denikine.

Depuis Varsovie, le délégué du Joint Distribution Committee, une organisation de secours juive, alertait le monde entier : « Faim, haillons, désolation, maladie, morts – six millions d’êtres humains privés de nourriture, d’abris, de vêtements ou de soins médicaux […]. A aucun moment durant le conflit, dans aucun pays, pas même en Belgique ou dans le nord de la France, la situation n’a été plus critique, la misère plus grande, l’urgence de sacrifice plus pressante qu’aujourd’hui en Europe centrale et orientale. C’est l’existence présente et future de tout un peuple qui est en jeu. » (New York Times, 2 mai 1920)

Et cet article n’est pas le seul : un chercheur a recensé près de 250 références de presse qui évoquent de 1900 à 1945 le sort de six millions de Juifs en péril de mort. (Don Heddesheimer, L’Holocauste avant l’Holocauste, ou l’histoire d’un chiffre qui rapporte, La Sfinge, 2014, page 205)

Si l’on ajoute quelques pogroms à ce sombre tableau où s’impose déjà le chiffre magique de six millions, on devine que Petlioura avait tout pour devenir l’antisémite génocidaire de service, alors qu’il était en réalité plutôt philosémite par son appartenance à la Franc-Maçonnerie. Par ailleurs, il s’était efforcé d’assurer la sécurité des ghettos en concluant un accord avec le sioniste Vladimir Jabotinsky en vue de mettre sur pied une gendarmerie juive dans les territoires qu’il contrôlait.

Samuel Schwartzbard, quant à lui, s’était d’abord enrôlé dans la Légion étrangère pendant le Première guerre mondiale pour se soustraire aux polices russe et autrichienne qui le recherchaient pour des crimes de droit commun. Sa carrière se poursuivit en Russie dans les unités spéciales de la Tchéka qui semaient la terreur pendant la guerre civile. Le tchékiste fut par la suite envoyé en France par la Guépéou pour liquider « l’antisémite » Petlioura.

Défendu par Henry Torrès, ce terroriste chevronné justifiera son crime en invoquant la mort supposée de sa famille dans un pogrom. Un Joker qui suffira à le faire acquitter par la Cour d’Assises de la Seine le 26 octobre 1927. Lecache, promu chroniqueur judiciaire pour l’occasion, en fait son beurre et fonde dans la foulée la Ligue contre les Pogroms, devenue peu après Ligue contre l’antisémitisme (LICA) et, depuis 1979, Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).

La section suisse de la LICRA a été fondée à Genève en 1971, avec des antennes dans les cantons de Neuchâtel, Valais et Vaud. L’adoption d’une loi antiraciste était l’objectif principal de la LICRA-Suisse, afin de verrouiller préventivement tout débat sur l’immigration et protéger la « communauté intercommunautaire » de toute critique.

Cette législation est censée garantir « le droit de vivre » de cette communauté qui se dit persécutée dans le monde entier, et donc aussi en Suisse. Le Droit de vivre est aussi le titre de l’organe officiel de la LICRA : tout un programme, étendu depuis aux morts comme aux vivants, aux survivants et à leurs descendants, grâce à un arsenal de lois mémorielles multiformes.

La loi antiraciste de 1995 (art. 261 bis CPS) présentait toutefois des lacunes et des difficultés d’application par rapport aux exigences jamais satisfaites de la LICRA. Partant du principe que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, la LICRA institua en octobre 2017 une sorte de pilori public, sous la forme d’un site internet <www.caniveau.ch>, une plate-forme interactive incitant les internautes à dénoncer des commentaires prétendument « racistes ou antisémites » dont ils pourraient être les témoins en ligne, capture d’écran à l’appui. Les cas répondant aux critères d’incitation à la haine seraient alors publiés sur le site en question, avec mention du nom de leurs auteurs, afin de les dénoncer, de les ostraciser, de les diffamer et de leur porter préjudice.

Sept mois plus tard, le conseiller national PLR/VS Philippe Nantermod, président de la section valaisanne de la LICRA, fermait le site en question.

Voici l’explication qu’il donne au Nouvelliste (Valais) dans son édition du 28 mai 2018. « Des privés se sont plaints auprès du préposé fédéral à la protection des données. Et celui-ci a estimé que des propos racistes, tenus par des personnes identifiables, constituent des données sensibles qui ne peuvent être reprises de cette manière. Notre comité a donc voté le blocage du site afin de respecter la loi ».

L’autorité de surveillance confirme que ce type de mise au pilori « n’est en règle générale pas justifiée par un intérêt prépondérant privé ou public ». Elle estime qu’« il n’est pas nécessaire d’afficher les noms des personnes et/ou leurs photos de profils » pour soutenir les victimes du racisme et de l’antisémitisme ou pour sensibiliser le public. « Une telle publication est contraire au principe de la proportionnalité », selon Silvia Böhlen Chiofalo, porte-parole du Préposé fédéral à la protection des données.

Autre grief : selon le règlement de <caniveau.ch>, l’auteur d’un propos haineux qui voudrait faire retirer sa publication du site ne pouvait l’obtenir qu’en exprimant des regrets dans un courriel de motivation adressé à la LICRA !

On croit rêver par une telle prétention à exercer le magistère des consciences de la part de personnages partisans de la loi de Lynch, imbus de leur suffisance et qui se croient au-dessus des lois.

Or, une telle démarche est jugée problématique par le responsable fédéral à la protection des données : « Il faut répondre aux demandes d’effacement sans les conditionner », relève Silvia Böhlen Chiofalo.

Selon la LICRA, les contenus discriminatoires seraient si nombreux sur internet que la justice n’aurait pas les moyens de condamner ceux qui devraient l’être car les procédures pénales sont longues, coûteuses et aléatoires.

Cet « avertissement sans frais » émanant du Préposé fédéral à la protection des données montre que la LICRA bénéficie d’un traitement de faveur quand elle viole la loi. Ce n’est que si la LICRA avait refusé de se conformer à cet avertissement que le Préposé aurait saisi le Tribunal administratif fédéral, qui aurait été amené à se prononcer au sujet de la légalité de ce « pilori » virtuel.

C’est pourquoi le comité de la LICRA a préféré fermer son site plutôt que de prendre le risque d’affronter une procédure pénale dont elle ne serait sans doute pas sortie gagnante.

En reculant de la sorte, la LICRA admet implicitement qu’elle a agi de manière illicite, sans se soucier des préjudices causés entre-temps aux personnes exposées à sa vindicte, et qui auraient pu, à juste titre, porter plainte contre Philippe Nantermod pour diffamation et violation de la loi fédérale sur la protection des données. Depuis, la CICAD, une excroissance de la LICRA, poursuit la campagne contre la liberté d’expression et contre les sites internet qui ont l’heur de lui déplaire, ce qui n’est guère difficile. Il semble bien cette fois que la presse de Suisse romande hésite à la suivre sur le chemin de la diffamation systématique puisque la CICAD a fait appel à un média 100 % casher (Times of Israel) pour jouer de la grosse caisse.

https://fr.timesofisrael.com/alexandre-bender-un-extremiste-ordinaire-de-la-fachospere-francophone/

Norman Finkelstein, professeur émérite de sciences politiques à l’Université DePaul à Chicago, a parfaitement bien résumé les méthodes de propagande de la LICRA : « Ce mélange de pouvoir sans bornes, de chauvinisme arrogant, de victimisation simulée ou rêvée, et enfin la certitude de se trouver, du fait de l’Holocauste, à l’abri de toute critique, tout cela confère aux élites judéo-américaines une impudence et une brutalité effarantes. Outre Israël, ce sont ces élites qui génèrent l’antisémitisme dans le monde d’aujourd’hui. »

Source : http://wotraceafg.x10.mx/conflit_pal_isr_3.htm

Norman Finkelstein est lui-même victime des méthodes qu’il dénonce.

https://blogs.mediapart.fr/le-cri-des-peuples/blog/201017/en-soutien-au-professeur-norman-finkelstein-menace-demprisonnement

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