Culture de la Critique : l’École de Francfort et la pathologisation des loyautés non-juives (7)

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Paru dans Blanche Europe

Par Kevin MacDonald

L’influence de l’École de Francfort

Même s’il est difficile d’évaluer l’effet produit par des ouvrages comme la Personnalité autoritaire sur la culture des Gentils, il est incontestable que la ligne directrice de la critique radicale qui lui était portée consistait, à l’instar d’autres ouvrages inspirés par la psychanalyse et ses dérivés, à pathologiser, chez les Gentils, le fort investissement parental et l’ambition de l’ascension sociale, en même temps que les sentiments de fierté envers la famille, la religion et le pays. Bien des attitudes essentielles de la révolution contre-culturelle des années 1960, qui fut globalement victorieuse, trouvent leur expression dans la Personnalité autoritaire : l’idéalisation de la rébellion contre les parents, les relations érotiques à faible investissement et le mépris de l’ambition d’une ascension sociale et d’une bonne situation, le mépris de la fierté familiale, de la religion chrétienne et du patriotisme.

Nous avons vu que malgré cette intention antagonique vis-à-vis de la gentilité, les extrême-gauchistes juifs des années 1960 continuaient à se reconnaître dans leurs parents et dans le judaïsme. La révolution contre-culturelle était en un sens très profond une mission destinée aux Gentils, visant à pathologiser leur fonctionnement adaptatif et leurs identifications collectives, tandis que l’identification au groupe juif et à sa continuité conservaient leur importance psychologique et leur valorisation morale positive. À cet égard, le comportement de ces gauchistes correspondait trait pour trait à celui des auteurs de la Personnalité autoritaire et à celui des Juifs impliqués dans la psychanalyse et l’extrême-gauche en général : la culture des Gentils et les stratégies de groupe des Gentils sont fondamentalement pathologiques et doivent être clouées au pilori si l’on veut rendre le monde plus sûr pour le judaïsme en tant que stratégie évolutionnaire de groupe.

Comme c’était le cas dans l’extrême-gauche politique, seule une petite élite culturelle pouvait atteindre le niveau extrêmement élevé de santé mentale incarné par le libéral authentique :

Le remplacement des arguments moraux et politiques par de la psychologisation sauvage permit non seulement à Adorno et à ses collaborateurs de rejeter comme inacceptables certaines opinions politiques pour des raisons médicales, mais elle leur servit aussi à fixer des normes impossibles, qui ne pouvaient correspondre qu’aux membres d’une avant-garde culturelle auto-constituée. Pour que fût reconnue leur « autonomie » émotionnelle, les sujets de leurs examens devaient énoncer les opinions correctes, mais aussi y croire profondément et les exprimer spontanément (Lasch, op. cit. p. 453)

Dans la période qui suivit la Deuxième Guerre mondiale, la Personnalité autoritaire devint une arme idéologique contre les mouvements populistes américains historiques, le McCarthyisme en particulier. « Les gens dans l’ensemble comprenaient assez mal la démocratie libérale et (…) d’importantes questions de politique générale devaient être tranchées par des élites instruites et non pas livrées aux suffrages populaires » (ibidem, p. 455).

Ces tendances s’illustrent dans The Politics of Unreason, volume intégré à la série Patterns of American Prejudice, financée par l’ADL. Ce livre fut écrit par Martin Lipset et Earl Raab en 1970. (Ces deux auteurs ont aussi écrit Prejudice and Society, publié par l’ADL en 1959. À l’instar de la série Studies in Prejudice [financée par l’AJCommittee], nous constatons l’existence d’un lien entre la recherche universitaire sur les rapports inter-ethniques d’un côté et les organisations militantes juives de l’autre. Dans sa carrière, Raab a conjugué enseignement universitaire et implication approfondie dans le militantisme juif.) Comme son titre le dit bien, The Politics of Unreason explique que les expressions d’ethnocentrisme politique et culturel des gens d’ascendance européenne sont irrationnelles et n’ont rien à voir avec l’intérêt ethnique légitime qui consiste à vouloir conserver le pouvoir politique. Les mouvements « extrémistes de droite » cherchent à conserver ou à restaurer le pouvoir de la majorité d’ascendance européenne aux États-Unis, mais « la politique extrémiste est la politique du désespoir » (p. 3).

Pour ces deux auteurs, la tolérance en faveur du pluralisme culturel et ethnique est un trait constitutif de l’essence de la démocratie, ce qui fait que les groupes qui s’opposent audit pluralisme sont extrémistes et anti-démocratiques par définition. Citant Edward A. Shils (The Torment of Secrecy, p. 154), ils affirment que le pluralisme implique la présence de multiples centres de pouvoir, sans domination d’un groupe en particulier – opinion qui implique que l’intérêt qu’ont certains groupes ethniques de conserver et d’étendre leur pouvoir est fondamentalement anti-démocratique. La résistance des majorités face à l’accroissement du pouvoir et de l’influence des autres groupes est donc attentatoire au « centre spirituel fixe du processus politique démocratique » (p. 5). « L’extrémisme, c’est l’anti-pluralisme (…) Et le cœur opérationnel de l’extrémisme est la répression de la différence et de la contestation » (p. 6 ; souligné dans le texte).

Lipset et Raab condamnent l’extrémisme de droite pour son moralisme – geste étrange étant donné le rôle central du sentiment de supériorité morale qu’on voit partout à l’œuvre dans les mouvements intellectuels dominés par les Juifs que nous étudions dans le présent ouvrage, sans compter les propres affirmations de ces deux auteurs, selon qui l’extrémisme de droite est un « un mal politique absolu » (p. 4), à cause de ses liens avec l’autoritarisme et le totalitarisme. Ils lui reprochent aussi sa tendance à défendre des solutions simples à des problèmes complexes, ce qui revient, comme l’a fait remarquer Christopher Lasch, à en appeler à une élite intellectuelle pour proposer des solutions aux problèmes sociaux. Ils lui reprochent enfin sa méfiance à l’égard des institutions qui interviennent entre le peuple et son exercice du pouvoir, position qui plaide là encore en faveur du pouvoir des élites. « Le populisme identifie l’aspiration du peuple à la justice et à la moralité » (p. 13). Leur thèse est en fin de compte que la démocratie n’est pas le pouvoir qu’aurait le peuple de chercher à servir ses intérêts perçus. Au contraire, la démocratie est conçue comme ce qui garantit que les majorités ne résistent pas à l’expansion du pouvoir des minorités, même si une telle chose implique un déclin de leur propre pouvoir.

Au niveau le plus abstrait, le projet fondamental consiste à persuader les gens d’ascendance européenne des États-Unis que leur inquiétude au sujet de leur éclipse démographique et culturelle est irrationnelle et symptomatique de maladie mentale. Le concept adornien de « pseudo-conservatisme » a été employé par Richard Hofstadter, très influent historien d’Harvard, pour condamner ceux qui déviaient de l’orthodoxie de gauche : il leur diagnostiquait une psychopathologie qu’il nommait « anxiété de statut ». Hofstadter développait une perspective favorable au « consensus » en histoire, que Nugent décrivait comme « grognonne par principe à l’égard des mouvements populaires qui semblaient menacer l’hégémonie de l’élite ou de l’intelligentsia urbaine et souvent universitaire ; et férue de concepts qu’ils puisaient dans les sciences du comportement. »

Le pseudo-conservatisme était diagnostiqué, dans des termes qui dérivaient entièrement de la Personnalité autoritaire, comme étant un « dérangement dans le rapport à l’autorité, caractérisé par une incapacité presque complète à trouver d’autres modes relationnels avec autrui que la domination et la soumission complètes » (Hofstadter, The Paranoïd Style in American Politics and Other Essays, p. 58). Comme l’a fait remarquer Nugent, ce point de vue ignore largement « les réalités économiques et politiques concrètes qui déterminent le populisme, lequel n’est donc plus saisi qu’en termes de psychopathologie et d’irrationalité. » (The Tolerant Populists : Kansas Populism and Nativism, p. 26) Telle est exactement la méthode de la Personnalité autoritaire : les conflits d’intérêt réels entre groupes ethniques sont considérés comme ne représentant rien de plus que les projections irrationnelles faites par des personnalité inadéquates issues du groupe majoritaire.

Lasch attire également notre attention sur Leslie Freidman, Daniel Bell et Seymour Martin, qui expriment les mêmes tendances. (Dans The New American Right [1955], collection d’essais éditée par Daniel Bell, Hofstadter et Lipset se réfèrent favorablement à la Personnalité autoritaire, œuvre qui permettrait de comprendre les comportements et attitudes politiques de droite.) De son côté, Nugent mentionne un regroupement d’individus qui n’étaient pas historiens et dont les points de vue reposaient la plupart du temps sur des impressions et qui ne faisaient aucun effort d’examen détaillé : Victor Ferkiss, David Riesman, Nathan Glazer, Lipset, Edward A. Shils et Peter Viereck. Toutefois, ce groupe comportait des historiens qui « comptaient parmi eux quelques flambeaux de la profession » (op. cit. p. 13), comme Hofstadter, Oscar Handlin et Max Lerner – tous intellectuellement engagés contre la politique de restrictions migratoires.

Ils avaient tous en commun, d’ « insister improprement » comme le dit Nugent, sur l’image du populiste en tant qu’antisémite – image qui exagérait et simplifiait à l’excès le mouvement populiste, mais qui parvint à rendre le mouvement moralement répugnant. Novik est plus explicite : il affirme que leur identification juive jouait un rôle important dans ces affirmations, en expliquant que certains historiens juifs américains (Hofstadter, Bell et Lipset) voyaient le populisme américain sous un jour défavorable parce qu’ « une seule génération les séparait du shtetl [village juif], où chaque insurrection paysanne des Gentils impliquait le pogrom. » (That Noble Dream : The « Objectivity Question » and the American Historical Profession, p. 341)

Cette remarque peut avoir quelque chose de vrai, mais je doute que les interprétations proposées par ces historiens juifs soient tout simplement des restes irrationnels provenant de l’antisémitisme est-européen. De véritables conflits d’intérêt étaient en cause. D’un côté, des intellectuels juifs qui servaient leurs intérêts d’intellectuels urbains briguant la fin de la prépondérance démographique et culturelle des Anglo-saxons protestants. De l’autre, ceux que Higham appelait « les gens du commun du Sud et de l’Ouest » (Send These to Me : Immigrants in Urban America, p. 49), qui luttaient pour maintenir leur prépondérance culturelle et démographique. (La lutte entre ces groupes est l’objet de l’examen de l’implication juive dans la formation de la politique migratoire US au septième chapitre, nous traiterons aussi ce thème dans l’examen des New York Intellectuals au sixième chapitre. Plusieurs des intellectuels que nous mentionnons ici sont considérés comme membres du mouvement des New York Intellectuals [Bell, Glazer, Lipset, Riesman et Shils], tandis que d’autres [Hofstadter et Handlin] sont plutôt des compagnons de route.)

En tant qu’avant-garde de l’élite intellectuelle juive urbaine, ce groupe d’intellectuels méprisait la classe moyenne en général. De leur point de vue, cette classe s’attachait à des mœurs dépassées et folkloriques, comme leur religiosité conventionnelle, leur foyer et leur maison, leur culte sentimental de la maternité, et à des modes de production obsolètes. Elle tournait ses regards vers un âge d’or mythique situé dans le passé. Elle s’indignait des classes plus haut placées tout en intériorisant ses normes, préférant en imposer aux pauvres plutôt que de les rejoindre dans une lutte commune contre l’oppression. Elle était hantée par la crainte de tomber encore plus bas dans l’échelle sociale et s’accrochait aux signes de respectabilité qui la distinguaient de la classe des travailleurs manuels. Féroce adepte d’une éthique du travail, elle croyait que quiconque voulait un emploi pouvait en trouver un et que ceux qui refusaient de travailler pouvaient mourir de faim. Manquant de culture libérale, elle était la proie facile de toutes sortes de charlatanismes et de lubies politiques. (Lasch, op. cit. p. 458)

Souvenons-nous des remarques de Nicholas von Hoffman, à propos de la morgue exprimée à l’encontre des classes moyennes par les gens de gauche philo-communiste de l’époque, comme Hofstadter et les journalistes de The New Republic : « Dans la bataille culturelle qui agite cette période, les élites d’Hollywood, de Cambridge et des cercles de réflexion de gauche avaient peu de sympathie pour les hommes aux jambes arquées coiffés de leurs calots de la légion américaine, pour leurs femmes trop rondes et pour leurs jacasseries sur Yalta et sur la forêt de Katyn. Ces catholiques kitsch, qui décoraient leurs pelouses de flamands roses en plastique, ces petits-bourgeois de la couche inférieure et leurs angoisses de politique extérieure, non, c’était vraiment trop bas de gamme pour être pris au sérieux » (Was McCarthy right about the feft ? Washington Post, 14 avril 1996).

Escape from Freedom d’Erich Fromm, auteur associé à l’École de Francfort, est un autre bon exemple de cet assaut mené contre la classe moyenne. Dans ce livre, la classe moyenne est considérée comme fortement encline à développer des formations réactives « sado-masochistes » (en participant à des groupes autoritaires !) pour répondre à leurs frustrations tenant à leur statut économique et social. Il n’est guère surprenant que la petite-bourgeoisie, cible de cet assaut idéologique – qui englobe aussi, pourrait-on ajouter, le Mittlestand des politiques allemandes inspirées par Guillaume II – a fréquemment eu tendance à utiliser l’antisémitisme pour expliquer son déclassement et son échec à s’élever socialement. Ce groupe a aussi souvent incorporé les groupes soudés et autoritaires pour réaliser ses objectifs politiques. Mais dans le contexte de la Personnalité autoritaire, le désir d’ascension sociale et la crainte du déclassement, caractéristiques de beaucoup de mouvement populistes, sont des signes de maladie psychiatrique, les pathétiques effets d’une socialisation inappropriée, appelés à disparaître dans la société utopique de l’avenir.

Bien que la Théorie critique eût cessé d’être un guide pour les mouvements protestataires du début des années 1970, son influence est demeurée très forte dans le monde intellectuel en général. Dans les années 1970, les intellectuels de l’École de Francfort continuaient de faire feu sur les conservateurs allemands. Ceux-ci les voyaient comme les « parents adoptifs des terroristes » et comme les fomentateurs « de la révolution culturelle qui s’emploie à détruire l’Occident chrétien » (Wiggershaus, op. cit. p. 657). « L’inséparabilité des concepts d’École de Francfort, de Théorie critique et de néo-marxisme, indique qu’à partir des années 1930, la pensée de gauche productive sur le plan théorique dans les pays de langue allemande s’est concentrée sur Horkheimer, Adorno et l’Institut de Recherche Sociale » (ibidem p. 658)

Toutefois, l’influence de l’École de Francfort est allée bien au-delà du monde germanophone, et je ne parle pas seulement de la Personnalité autoritaire, des écrits d’Erich Fromm et des œuvres si influentes d’Herbert Marcuse, gourou de la contre-culture de la Nouvelle gauche. Dans le monde intellectuel contemporain, il y a plusieurs revues qui perpétuent cet héritage, comme New German Critique, Cultural Critique et Theory, culture and Society : Explorations in Critical Social Science. L’influence de l’École de Francfort s’est beaucoup accrue à la suite de la victoire du mouvement contre-culturel de la Nouvelle gauche des années 1960.

L’École de Francfort peut s’enorgueillir d’avoir été la principale source d’influence du colloque de la très post-moderne Modern Language Association en décembre 1994. Kramer et Kimball ont mentionné la quantité de références élogieuses à Adorno, Horkheimer, et en particulier Walter Benjamin, qui eut l’honneur d’être le savant le plus cité de ce colloque. Le marxisme et la psychanalyse n’étaient pas des influences absentes de ce colloque. Un moment fort a eu lieu quand le marxiste radical Richard Ohmann reconnut que les humanités avaient été révolutionnées par « l’héritage critique des années soixante » (Farewell to the MLA, The New Criterion (1995), p. 12). Ce point, soulignent les deux auteurs, est souvent nié par la gauche universitaire, mais c’est un lieu commun dans les publications conservatrices comme The New Criterion, et un de leurs thèmes centraux.

Michel Foucault, auteur post-moderne extrêmement influent, a mis en valeur la proximité entre l’École de Francfort et le postmodernisme contemporain : « si j’avais pu connaître l’école de Francfort, si je l’avais connue à temps, bien du travail m’aurait été épargné, il y a bien des bêtises que je n’aurais pas dites et beaucoup de détours que je n’aurais pas faits en essayant de suivre mon petit bonhomme de chemin alors que des voies avaient été ouvertes par l’école de Francfort » (in Wiggershaus, op. cit. p. 4 ; original : Dits et Écrits IV, texte 330 ). Tandis que l’École de Francfort avait pour stratégie de déconstruire la pensée scientifique et universaliste au moyen de la « raison critique », le postmodernisme a opté pour le relativisme complet et l’absence de normes, afin de prévenir toute apparition d’une théorie générale de la société ou d’un système philosophique ou moral universellement valable. (Norris, The Truth about Postmodernism, p. 278 sq.)

Le postmodernisme contemporain et l’idéologie multiculturaliste ont adopté plusieurs principes fondamentaux de l’École de Francfort : le primat de l’éthique et des valeurs pour tout ce qui touche à l’instruction et aux sciences sociales ; l’idée que la science empirique, aspect de la domination sociale, est oppressive ; le refus de la possibilité de valeurs communes, de toute idée universelle, de toute culture nationale (voir aussi l’examen de la « théorie post-coloniale » chez Jacoby, descendant intellectuel de l’École de Francfort [Marginal Returns : The trouble with post-colonial theory, Lingua Franca, 1995, p. 35]) ; l’ « herméneutique du soupçon », par laquelle toute tentative de concevoir de tels universaux ou une culture nationale est contrecarrée et « déconstruite » – ce qui est au fond la même chose que la « dialectique négative » d’Adorno.

Il y a là l’acceptation implicite d’un modèle de société balkanisé, dans lequel certains groupes et leurs intérêts possèdent a priori une valeur morale, sans qu’il soit possible de développer une théorie rationnelle et scientifique de quelque groupe que ce soit, et encore moins une théorie universelle des affaires pan-humaines. Aussi bien l’École de Francfort que les postmodernistes acceptent implicitement un modèle où règne la compétition entre groupes antagonistes, sans qu’il y ait moyen de réaliser un consensus, bien qu’il existe une différence de traitement en vertu de laquelle les majorités sont considérées comme pathologiques et doivent faire l’objet d’une critique radicale.

C’est une ironie absolue de voir que cet assaut contre l’universalisme occidental donne raison à l’ethnocentrisme des groupes minoritaires, alors même qu’il abolit tout fondement possible de l’ethnocentrisme. Intellectuellement, on se demande bien comment on peut être en même temps postmoderniste et Juif militant. La rigueur intellectuelle voudrait que toutes les identifications personnelles fissent l’objet de la même logique déconstructrice, à moins, évidemment, que l’identité personnelle elle-même n’impliquât de profondes ambiguïtés, de la tromperie et de l’auto-tromperie.

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