L’esprit des Thermopyles

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Paru dans Blanche Europe

Traduction d’un article de Renegade Tribune.


En 480 avant notre ère, une armée comprenant entre 240.000 et 2.000.000 d’hommes, placée sous le commandement du roi Xerxès de Perse, se massait aux portes de l’Europe tel un essaim de sauterelles inarrêtable.

La grande race Perse avait déjà ravagé les Juifs, les Phéniciens, les Égyptiens, les Arabes et les Éthiopiens.

Sa mission suivante mais aussi la dernière : détruire les états libres de Grèce, et asservir ses habitants pour les intégrer dans le grand Empire perse !

Des espions grecs dans l’ancienne ville nommée Sardis, eurent d’abord vent de la rumeur d’invasion et la virent se concrétiser quand les Perses avec hommes et matériel, se mirent en route vers l’Ouest.

Le conseil pan-hellénique récemment créé (qui connaissait l’avancée des troupes perses, mais qui s’interrogeait encore sur le site où disposer les siennes ), décida de confier à Léonidas, Roi de Sparte, une armée pan-hellénique de 7000 hommes, composée de Thébains, de Thespiens, d’Athéniens et de Spartiates, pour protéger un col situé au nord des montagnes des Thermopyles. (Le conseil pan-hellénique concentra l’essentiel des troupes au sud de l’isthme, pour attendre l’invasion navale). L’armée pan-hellénique composée de frères grecs qui mirent enfin de côté leurs différences insignifiantes (ils étaient en permanence tiraillés de luttes intestines), marcha unie sous la bannière grecque.

Peu d’entre eux auraient pu imaginer combien leur destin deviendrait historique, en étant reconnu comme ayant livré la plus grande et honorable bataille pour la défense de la Civilisation Occidentale.

Tandis que l’armée de Xerxès approchait, les Grecs surent où elle se trouvait et se préparèrent pour les ténèbres à venir. Leur armée se rassembla près d’un vieux mur jadis construit par les Thessaloniciens pour maintenir les Phéniciens à distance en temps de guerre : si les Perses voulaient franchir le col des Thermopyles, il leur faudrait d’abord escalader ce mur !

Les 300 guerriers de Sparte avaient été choisis par le roi lui-même, non seulement parce qu’ils étaient les meilleurs parmi les meilleurs, mais aussi parce qu’ils avaient des fils et qu’ainsi, en cas de décès, aucune famille ne serait complètement détruite.

Ces 300 guerriers de Sparte, dont les femmes elles-mêmes étaient élevées de manière à être capables de dire à ceux qu’elles aimaient le plus au monde, qu’ils devaient revenir de la bataille, « avec leur bouclier ou sur lui » (en le brandissant après la victoire, ou bien le corps gisant sur ce dernier), avaient en fin de compte été sélectionnés pour se sacrifier pour la Grèce toute entière.

Une unité de reconnaissance perse fut envoyée pour rassembler des renseignements sur les forces hellènes ; cependant, ils ne pouvaient pas voir par dessus le mur au pied duquel se massaient les forces grecques.

Ils ne virent que les spartiates : certains pratiquaient un sport, tandis que d’autres, curieusement, peignaient leurs longues chevelures. L’équipe de reconnaissance s’en retourna à cheval vers le camp de Xerxès, pour lui rapporter ce qu’ils avaient vu.

Dans son camp de base, Xerxès avait comme conseiller Demaratus, un prince spartiate déchu. Il lui demanda si ses compatriotes spartiates n’étaient pas fous d’agir de la sorte, au lieu de fuir.

Demaratus répondit : « Sans aucun doute, une grande bataille se prépare, et c’est la coutume à Sparte de s’apprêter ainsi les cheveux des guerriers, quand ils se préparent à affronter un grand péril. » (les Spartiates tressaient leurs cheveux, car cela constituait une protection efficace contre les coups sur la tête, surtout en les tressant très serrés.)

Xerxès prit tout ça à la plaisanterie et décida d’attendre 4 jours, étant persuadé que les Grecs allaient se retirer. Mais les Spartiates et le reste de la petite force de 7000 hommes, demeurèrent sur le pied de guerre.

La nuit précédant le jour de la bataille, un consul perse arborant un signe de trêve, rendit visite à Léonidas et lui suggéra fortement de se rendre avec ses troupes. A la manière spartiate, Léonidas balaya cette idée d’un revers de main.

Le consul insista pourtant : « Réfléchis bien, car nous allons décocher tant de flèches sur vous autres, que le soleil en sera obscurci. »

Un autre spartiate, Dienices, entendant cette menace d’éclipse fabriquée de main d’homme, répondit calmement :

Fort bien, comme cela, nous combattrons à l’ombre !

Léonidas savait qu’il n’y avait qu’une monnaie pour acheter la liberté des États grecs, et que cette monnaie serait faite du sang des soldats hellènes.

L’Histoire nous dit que les Perses attaquèrent trois fois de suite, et furent repoussées trois fois. Les tablettes enregistrèrent que trois fois, Xerxès jaillit de son trône pour manifester son désespoir, en voyant ses troupes rebrousser chemin.

Pendant ce temps, un traître grec du nom d’Ephialtes se fraya un chemin dans le camp perse, et pour une somme d’argent conséquente, proposa de leur montrer un autre col qui leur permettrait d’attaquer les Grecs sur deux fronts. Il reçut son argent et Xerxès envoya un de ses généraux, Hydarnes, pour explorer cette route alternative.

Une petite garde de Phocéens protégeait cette route, mais ils furent rapidement vaincus par la masse des troupes perses. Quelques-uns réussirent à s’échapper, et avertirent Léonidas de cette manœuvre.

Au matin, après une courte réunion du conseil de guerre, il fut décidé que les Thermopyles constituaient un avant-poste indéfendable. Léonidas et son armée de 7000 hommes reçurent l’ordre de se retirer vers le Sud et Athènes, avant qu’ils ne finissent encerclés et qu’il devînt impossible de partir.

C’était compter sans la tradition spartiate qui n’abandonne jamais une position, même si elle est indéfendable, donc Léonidas refusa de partir.

Il ordonna à toutes les forces alliées sous son commandement de partir vers le Sud, vers Athènes ; il avait décidé que ce serait là que lui et ses 300 spartiates mourraient.

Les forces alliées obéirent, et il ne restait donc que les loyaux 300 spartiates, mais aussi 700 Thespiens qui jurèrent de combattre jusqu’à la fin, et 400 Thébains.

Cette nuit là, l’Histoire nous dit que Léonidas aurait porté un toast à ses hommes en disant : « Ce soir, nous dînerons avec Hadès », ce qui signifiait « c’est notre dernier repas avant le festin avec les morts ! »

Dès que les premières lueurs du matin commencèrent à se répandre sur les troupes grecques épuisées, Léonidas et ses hommes se préparaient au combat.

A la tête de la force pan-hellénique de 7.000 hommes, Léonidas avait surtout agi en défense, aussi son seul désir était-il désormais de massacrer le maximum de Perses, de manière à marquer les ennemis d’une terreur inspirée par le seul mot de « Grecs ».

Sans aucune peur et sans attendre d’être attaqués, Léonidas et sa petite unité de 1.400 hommes passa à l’offensive.

Les 300 spartiates massacrèrent les Perses par troupeaux entiers ; Les Thespiens se battaient avec vigueur, les Thébains combattaient pour leurs vies. Léonidas fut l’un des premiers à tomber au champ d’honneur, et la bataille qui s’en suivit pour récupérer son corps, vit deux princes perses frères de Xerxès, tomber au combat.

Les Spartiates ne voulaient pas que le corps de leur roi fût exposé comme un trophée.

Il était évident que les soldats grecs étaient supérieurs à un contre un, mais la masse vertigineuse des ennemis les terrassa rapidement : leurs lances se brisaient et leurs épées s’émoussaient de tant d’assauts. Avant leur chute définitive, les Spartiates et les Thespiens se taillèrent un chemin vers un petit monticule près du mur, et c’est là qu’ils menèrent leur dernière charge ; le courage que montraient les Thébains s’évanouit soudainement, et ils se rendirent aux Perses.

Leur reddition fut acceptée mais ils reçurent la marque du roi qui les qualifiait de déserteurs indignes de toute confiance.

L’historien grec Hérodote rapporte ainsi les derniers moments de la bataille :

… les hommes de cette petite troupe désespérée, se tenaient côte à côte sur la colline, continuant de se battre jusqu’au dernier, certains avec des épées, d’autres avec des dagues, et d’autres encore juste avec leurs mains et leurs dents, jusqu’à ce que plus un seul homme ne demeurât en vie, à la tombée du soleil. Il ne restait plus qu’un amas de corps hérissés de flèches… sur lesquels trébuchaient les hommes en arme.

20.000 Perses moururent dans cette bataille contre ces 1400 Grecs.

Après la bataille, Xerxès demanda à Demaratus s’il y en avait d’autres à Sparte, semblables à ces 300 hommes. Il lui répondit qu’il y en avait au moins 8000.

Xerxès ne fut pas emballé par cette réponse et manda des renforts.

Le corps de Léonidas fut découpé en morceaux et exposé à la vue des Grecs, espérant les dissuader de résister, mais cela n’eut aucun effet.

Les Spartiates allaient affronter les Perses à de nombreuses autres occasions, et la défaite définitive eut finalement lieu lorsqu’un spartiate nommé Aristodemus, qui avait été évacué de la bataille des Thermopyles avec les forces alliées (il était dans un état critique, ce qui n’empêcha pas ses compatriotes spartiates de le traiter de lâche), reprit le combat au nom de Léonidas et ravagea les Perses une dernière fois, les forçant à quitter la Grèce dans le plus complet déshonneur.

C’est ce même esprit occidental empreint de détermination, qui donna aux 182 hommes de Fort Alamo le courage de résister à une armée mexicaine de 4000 hommes, en en tuant 1400 avant d’être submergés.

C’est cette même âpreté au combat qui permit à 105 soldats britanniques de repousser une attaque de 4000 guerriers zoulous à Rorke’s Drift, à telle enseigne qu’après la bataille, ils furent honorés par ces mêmes guerriers pour leur résistance hors norme lors du combat.

C’est cet héritage inné qui donna à la division Totenkopf de la Waffen SS – meurtrie, blessée et épuisée par les batailles – la volonté de refuser de se rendre.

Ils ont tenu leur position pendant 73 jours dans des conditions impossibles dans la poche de Demyansk, contre une Armée Rouge les submergeant par le nombre.

Et c’est toujours ce même sens du devoir à toute épreuve qui permit à la Première Division de Marines de l’Armée américaine de tenir tête à 10 divisions de communistes chinois, à Chosin lors de la guerre de Corée.

Ils combattirent vigoureusement à 10 contre 1 et arrivèrent à se frayer un chemin pour s’échapper par la mer, surmontant des obstacles réputés infranchissables.

A l’instar des hommes à Alamo, à Rorke’s Drift et des Waffen SS à Demyansk, les US Marines ont respecté leur seule et unique devise : Semper fidelis ! – Fidélité sans faille ! Mais de nos jours, la vie de l’homme occidental est déséquilibrée. Les codes insignes de l’honneur, des valeurs vieilles de plusieurs milliers d’années, n’ont plus droit de cité. Tout esprit de courage semble avoir été drainé de son âme.

Sur ce champ de bataille moderne, trop de gens ont peur d’élever la voix, terrorisés par les brigades de choc du politiquement correct, qui les traite de « fascistes », « racistes » voire de « néo-nazis ».

De tous les faits enregistrés par nos historiens, les plus honteux ne viennent pas des défaites infligées par nos ennemis, mais bien de cette acceptation servile de ces mots de l’ère moderne, dressés comme une muraille qu’il nous faudra surmonter si nous voulons retrouver la santé mentale de notre culture.

Cette lâcheté n’était pas du tout un trait de caractère dominant chez nos ancêtres, et bien que beaucoup d’entre nous se revendiquent de la descendance de ces héros, permettez-moi d’en douter, jusqu’à ce que je voie des légions et des légions d’Européens se lever et marcher pour défendre l’Occident.

A l’image de ceux de la bataille des Thermopyles, il reste certains individus fidèles à nos anciennes valeurs ; toutefois, à l’instar des 300 Spartiates et des 700 Thespiens qui luttèrent jusqu’à la mort, le combat pour l’Occident mourra-t-il avec eux ?

En 191 de notre ère, l’armée romaine chassa Antiochos III, répétant la manœuvre exécutée par Xerxès en 480 avant notre ère, ce qui maintint définitivement les perses hors d’Europe.

Avec cette nouvelle menace aux portes de l’Occident, y-aura-t-il quelqu’un pour l’arrêter ? Ce point reste encore à voir.

PRO MAGNA EUROPA, VIVE ET MORI (pour la grande Europe, vivre et mourir)

Honneur à ceux qui en donnant leurs vies,
Protégèrent les Thermopyles et créèrent la légende

Constantine P. Cavafy, Thermopylae (1903)

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