Quand des juifs admettaient les torts de leur tribu

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Paru dans Blanche Europe

Traduction de l’article de Diversity Macht Frei.


Il est désormais commun pour les Juifs de nier le moindre rapport entre antisémitisme et comportement juif. Mais ce ne fut pas toujours le cas.

Peu de temps après que les émeutes antisémites “Hep Hep”1 se soient répandus à travers l’Allemagne en 1819, certains des juifs les plus sérieux se sont rassemblés et ont établi un programme de réforme juive. Ils avaient conscience que l’antisémitisme était provoqué par les comportements juifs, et que ce comportement lui-même était le fruit d’un mépris pour les non-Juifs. Pour éliminer l’antisémitisme, concluaient-ils, les Juifs devaient changer.

Ils ont appelé Judenübel la combinaison de comportements et de croyances juives problématiques. En allemand, le sens fondamental du mot Übel est “mauvais” (au sens moral). Il a la même racine étymologique que le mot anglais evil. Mais il comprend aussi tout un ensemble de sens secondaires, comme maladie ou problème. Judenübel, pourrait donc être traduit de plusieurs façon, comme “le mal juif” ou “la maladie juive”.

Ces juifs éclairés, menés par Leopold Zunz, ont créé la Société pour la Culture et la Science des Juifs. Voici leur exposé du Judenübel qui devait être, à leurs yeux, traité :

Exposé des question nécessitant d’être améliorée parmi les Juifs
LE MONDE INTÉRIEUR DES IDÉES
  • Les concepts religieux, en particulier l’amour et les faveurs de Dieu destinés exclusivement aux Juifs.
  • La vanité.
  • La superstition.
  • L’intolérance aux points de vue des autres.
  • La négligence d’un travail manuel décent en faveur de l’oisiveté ascétique ou du suivi exagérément littéral des cérémonies.
  • Les boniments.
  • L’avarice.
  • Le mépris pour la science, tout cela menant à ;
  • L’illusion persistante, contraire à la loi, qu’il est acceptable d’escroquer des non-Juifs.
LE CULTE
  • Les cérémonies des synagogues.
  • Les formes de prières.
  • Les coutumes obsolètes, nuisibles, absurdes.
  • L’importance excessive donnée à la loi cérémonielle.
L’ORGANISATION INTÉRIEURE DES COMMUNAUTÉS
  • Des rabbins tyranniques – leur pouvoir, leur fanatisme, et leur inutilité.
  • Le manque d’autorité, d’où l’anarchie, les abus, tels que ;
  • L’aumône gâchée pour des paresseux.
  • De mauvaises écoles si ce n’est aucune.
ÉDUCATION
  • Des enfants efféminés, et donc de la couardise.
  • Des mauvais exemples chez les parents.
  • L’igorance, l’immoralité, les étudiants rustres du Talmud.
  • La disparité entre les enseignements de la Loi et son respect à la maison.
  • Un enseignement défectueux et inutile à l’école : le Talmud mais pas d’enseignement en langues et en science.
  • Aucune appréciation de l’enseignement n’est évoquée parmi les élèves.
  • Des enseignants mal payés et de qualité inférieure.
  • Négligence de la langue maternelle.
  • Négligence de (la discrimination contre) les femmes.
LES JUIFS DANS LA SOCIÉTÉ CHRÉTIENNE
Seulement du commerce, essentiellement à petite échelle ou du colportage, pas d’artisans.
  • Mépris du travail physique, pas d’agriculture.
  • Négligence de soi-même.
  • Pas d’activité physique.
  • Peu de désir d’améliorer la situation.
  • Pas de distinctions de classe.
  • Une intelligence superficielle, d’où la désinformation.
  • Le manque d’étude complète, concentrée.
  • Un intérêt feint pour les Lumières.
  • L’apostasie.
  • Se couper des chrétiens ou s’imposer à eux.
  • Un langage, un comportement, des relations sociales et des manières grossières.

Source : The Pity of it All : A Portrait of Jews in Germany 1743-1933, par Amos Elon.

Si Jonathan Greenblatt et les autres meneurs juifs d’aujourd’hui étaient sérieusement intéressés à régler le “problème” de l’antisémitisme, ils devraient montrer la même sorte de direction éclairée que Leopold Zunz. Ils devraient reconnaître que l’antisémitisme est une simple réaction au sémitisme, ou, pour le dire autrement, au Judenübel. Une fois le Judenübel réglé, l’antisémitisme disparaîtrait.

1. Les émeutiers criaient “Hep ! Hep ! Jude verreck !” (Mort aux Juifs !). Le cri “Hep”, qui n’est pas un mot allemand, serait dérivé du latin “Hierosolyma Est Perdita”, qui signifie “Jérusalem est perdue”.


Il y a deux siècles, alors que le pouvoir des Juifs au sein des sociétés européennes étaient nettement moindre (et donc l’incitation à ne pas fâcher les peuples autochtones bien plus forte), ce programme de réforme a largement échoué. Gageons que les responsables communautaires juifs d’aujourd’hui refuseront résolument de s’engager sur cette voie.

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