Non, le Führer n’a jamais eu l’intention de brûler Paris

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Paru dans Blanche Europe

Une rumeur persistante affirme que M. Hitler, devenu fou, aurait ordonné d’incendier Paris si la ville devait tomber aux mains des (((Alliés))). Cette rumeur a été accréditée par le film gaulliste Paris Brûle-t-il ? sorti en 1966, dans lequel apparaissaient les grandes vedettes de l’époque.

“Paris brûle-t-il ?” est la question qu’aurait posé le Führer au moment de l’insurrection de la fin août 1944.

D’après la légende, c’est le consul général de Suède, Raoul Nordling, qui aurait réussi par sa diplomatie à convaincre le général Von Choltitz, commandant militaire de Paris en 1944, de désobéir à l’ordre du Chancelier exigeant de détruire Paris.

Un document révisionniste anonyme fait toute la lumière sur ce mensonge éhonté. Le voici.


Pendant sa visite de Paris en juin 1940, le Chancelier Hitler déclara :

Je remercie le destin qui m’a permis de voir cette grandiose cité qui m’a toujours fasciné. Au début des hostilités, j’ai donné l’ordre à l’Armée de contourner la ville, et d’éviter tout combat dans la périphérie. Il fallait absolument préserver cette merveille de la culture occidentale, il fallait la garder intacte pour la postérité, et nous avons réussi !

Ce ne pouvait être une déclaration de propagande, car il n’était entouré que de ses intimes les plus proches. On a prétendu que reniant cette déclaration, faite sur la Butte Montmartre, Hitler aurait en août 1944, donné l’ordre de détruire Paris…

[Cette photo a été prise à la fin du mois de juin 1940, lors de l’unique visite du Führer à Paris, sur l’esplanade du Trocadéro. À gauche, l’architecte Albert Speer ; à droite, le scuplteur Arno Breker qui regarde en direction du pavillon allemand de l’exposition universelle de 1937, auquel ces deux artistes avaient beaucoup contribué et qui faisait fièrement face au pavillon soviétique.]

Les recherches historiques sérieuses effectuées sur ce sujet prouvent surabondamment que le titre même de ces ouvrages, la fameuse phrase Paris brûle-t-il ? attribué à Hitler, n’est qu’une de ces légendes qui ont la vie dure. Un livre et un film ont accrédité cette légende.

Apès la guerre, les Alliés saisirent des tonnes d’archives allemandes, et ils accordèrent une attention particulière à toutes celles qui émanaient du Führer lui-même, ils n’auraient pas négligé de faire connaître un document qui aurait constitué un aveu d’une telle importance. Tous les documents et témoignages, qu’ils soient de sources françaises, allemandes, ou étrangères le corroborent :

On ne ne retrouve nulle trace d’un ordre quelconque de Hitler de détruire ou brûler Paris.

Le général Von Choltitz (commandant militaire de Paris en 44) publia 20 ans après, un livre consacré à cette période: Soldat parmi les Soldats. Inscrit sur la liste des criminels de guerre, Von Choltitz avait évidemment le souci de présenter les évènements de manière à se disculper. Pour y parvenir il affirme n’avoir pas exécuté les ordres d’Hitler !

Il reproduit les instruction de celui-ci qui accompagnaient sa nomination, mais on ne trouve dans ce document aucune allusion à une éventuelle destruction de Paris…

Il est exact que dès le 14 Août 1944, des artificiers allemands eurent pour mission de miner les ponts de la Capitale, opération normale pour une armée qui bat en retraite, ce ne fut même pas fait…

Un peintre ami de l’architecture n’aurait jamais envisagé une telle chose

L’historien Adrien Dansette dans son Histoire de la Libération de Paris dit que l’Administration des Ponts et Chaussées faisait durant l’insurrection de Paris deux contrôles quotidiens (un de nuit, un de jour) des ponts de Paris, afin de déceler des préparatifs éventuels de destruction des ponts, en vain…

A. Dansette revient sur cette question:

On a beaucoup exagéré, aucun ordre d’incendier Paris n’a été découvert et il n’est pas établi que Hitler a posé la question “Paris brûle-t-il ?”

Non seulement Hitler n’a jamais donné l’ordre de détruire Paris, mais il a même “expressement interdit” la destruction de ses monuments.

C’est un écrivain yougoslave, résistant, interné trois ans au camp de concentration d’Oranienburg – Sachssenhausen, qui dans son livre Himmler et son Empire, nous apprend que des documents ont été découverts au siège du “Reichsicherheitshauptant” (Sureté Supérieure du Reich) 106 Kurfurstendamm à Berlin, lesquels contiennent les directives précises données en août 1944 aux SS qui occupaient Paris.

Edouard Callic précise que ce sont les chefs de la nouvelle police de Berlin, d’anciens compagnons de déportation, qui lui permirent de recopier ce document.

Voici ce texte:

Le Führer a ordonné l’évacuation de Paris, et interdit toutes les destructions d’objectifs industriels, gares ou monuments (sauf les ponts pour retarder l’avance ennemie). L’électricité, le gaz, l’eau et le ravitaillement doivent être remis intacts aux troupes alliés. Les commandants locaux doivent s’efforcer d’éviter les effusions de sang entre les maquisards et les Forces Armées Allemandes.

Monsieur Paul Rassinier, résistant (Libération-Nord) déporté 19 mois à Buchenwald, dit dans Les écrits de Paris que, pour tenter de justifier leur fameux “Paris brûle-t-il” ses auteurs invoquaient une déclaration du Gal Walter Warlimont (Chef-adjoint de l’Etat Major Opérationnel de l’OKW).

Ce témoignage s’est vite effondré, le 16 janvier 1967, L’Observateur Européen signalait que le Gal Warlimont a déclaré à Bonn, que : “Les directives données par Hitler en 1944, concernant la défense de Paris, n’ont jamais ordonné de brûler la ville.” (Source : Voy. A. Dansette dans le journal Le Monde du 9 novembre 1966, p. 3)

Le démenti du Gal Warlimont a paru intégralement dans le New-York Herald Tribune du 17 janvier 1967, p. 2 (Voy. Jo Tranchal, Miroir de l’Histoire # 273, avril 1967, p. 17).

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