Brigitte Bardot : De sex-symbol à patriote française

0
187

Paru dans American Renaissance

Barnett Singer, Brigitte Bardot: A Biography, MacFarland & Company, 2006, 197 pp.

Par Robert Griffin

Tout a commencé, raconte le biographe Barnett Singer, avec la photo de couverture de Brigitte Bardot, une jeune parisienne de 15 ans, dans le numéro du 2 mai 1949 du magazine Elle. Parmi les nombreuses personnes qui y ont prêté attention, il y avait Roger Vadim Plemiannikov, 21 ans, plus tard connu sous le nom de Roger Vadim, que M. Singer décrit à l’époque comme un « bohémien de ligue mineure ». Vadim a contacté Brigitte, est devenu son mentor et son mari, et l’a dirigée dans un certain nombre de films avant et après leur divorce en 1957.

La collaboration Vadim-Bardot qui a fait de Brigitte une star de cinéma internationale et un symbole du sex-appeal européen a été décoiffante, « Et Dieu… créa la femme », dans lequel, écrit M. Singer, Brigitte a retiré ses vêtements dans une mesure bien plus grande que ce à quoi le public était habitué à cette époque. Le film a ouvert ses portes à New York en 1957 avec une immense affiche de Mlle Bardot à Times Square. Les protestations religieuses et autres n’ont fait qu’alimenter l’intérêt, et le film a rapporté 4 millions de dollars, une somme énorme à l’époque, surtout pour un film en langue étrangère. Miss Bardot poursuit une carrière d’actrice couronnée de succès qui dure jusqu’au début des années 1970, travaillant parfois avec des metteurs en scène haut de gamme, dont Jean-Luc Godard et Louis Malle. Célébrité mondiale, en 1970, Charles de Gaulle lui fait l’honneur de la nommer modèle pour les bustes de Marianne, symbole féminin de la France, qui sont exposés dans toutes les mairies françaises.

M. Singer, qui enseigne à l’Université Brock en Ontario et qui a beaucoup écrit sur l’histoire de France et la société contemporaine, passe une bonne partie de son livre à nous faire découvrir la carrière de Mlle Bardot, film par film. C’est peut-être nécessaire, peut-être, dans une biographie d’une star de cinéma, mais sa vie est devenue vraiment intéressante quand elle a pris sa retraite d’actrice en 1973. BB, comme on l’appelait quand elle était enfant et pour ses fans, ne s’est pas retirée dans un foyer à la campagne et a passé le reste de sa vie à donner des dîners. Elle a décidé de faire quelque chose d’important et, d’une manière remarquable et courageuse, elle l’a fait malgré de nombreux obstacles. Aujourd’hui âgée d’une soixantaine d’années (ndr: article écrit en 2007), elle le fait toujours. Le livre de M. Singer aurait été meilleur avec plus de détails sur les trois dernières décennies de sa vie, mais ce qu’il écrit est très inspirant.

Parce qu’elle a commencé à fréquenter Vadim à un si jeune âge, Mlle Bardot n’avait même pas de diplôme d’études secondaires et, au milieu de sa vie, elle s’est lancée dans l’éducation. Elle est devenue une lectrice omnivore des classiques et du meilleur de la littérature contemporaine. Elle est également devenue une défenseure infatigable du bien-être et de la protection des animaux. « Qui a donné à l’homme le droit d’exterminer, de démembrer, de découper, d’abattre, de chasser, de poursuivre, de piéger, d’enfermer, de martyriser, de réduire en esclavage et de torturer les animaux ? », a-t-elle demandé. Elle a créé la Fondation Brigitte Bardot (Google « Fondation Brigitte Bardot » pour en savoir plus) et a parcouru le monde en son nom. Elle passe ses journées à nettoyer les chenils et à promener son équipage galeux de chiens secourus. Brigitte Bardot est une vraie.

Mlle Bardot était nationaliste depuis l’époque où elle était actrice. Au plus fort de sa carrière, elle a rejeté les offres d’Hollywood d’un million de dollars pour rester une star française, et son amour de la France ne s’est approfondi qu’après sa retraite. À partir des années 1990, elle a commencé à parler et à écrire sur l’islamisation de la France et le déclin de la civilité française. C’est dans un article du Figaro du 26 avril 1996 qu’elle a pris position pour la première fois. Se qualifiant de  » française de souche « , elle note que son père et son grand-père ont tous deux combattu des envahisseurs étrangers. « Et maintenant mon pays, la France, poursuit-elle, ma patrie, ma terre, est avec la bénédiction des gouvernements successifs à nouveau envahis par une surpopulation étrangère, surtout musulmane, à laquelle nous sommes fidèles. Nous devons nous soumettre contre notre gré à ce débordement musulman. D’année en année, nous voyons des mosquées fleurir dans toute la France, tandis que les cloches de nos églises se taisent par manque de prêtres. »

Elle a écrit avec dégoût sur le rituel de tranchage de la gorge de millions de moutons par les musulmans les jours de fête, qualifiant ces cruautés d’intolérables : « Pourrais-je être contrainte dans un avenir proche de fuir mon pays devenu un pays sanglant et violent, de m’expatrier, d’essayer de trouver ailleurs, en devenant moi-même un émigrant, le respect et l’estime qui nous sont hélas refusés quotidiennement ? »

L’année suivante, à la lumière d’une insurrection islamique de cinq ans en Algérie, au cours de laquelle un certain nombre de ressortissants français, dont des moines, ont été égorgés, a-t-elle dit : « Ils ont tranché la gorge de femmes et d’enfants, de nos moines, de nos fonctionnaires, de nos touristes et de nos moutons. Ils nous trancheront la gorge un jour et nous le mériterons. » « Une France musulmane, avec une Marianne nord-africaine ? » demanda-t-elle. « Pourquoi pas maintenant ? »

Des groupes antiracistes l’ont poursuivie pour « incitation à la haine raciale » et « provocation à la haine et à la discrimination », et elle a été reconnue coupable et condamnée à une amende en 1997, 1998 et 2000. À la fin des années 1990, certaines villes avaient détruit la version de Brigitte Bardot de Marianne et l’avaient remplacée par une version inspirée de Catherine Deneuve.

Mlle Bardot a refusé d’être réduite au silence. En 2003, elle a écrit un livre intitulé Un cri dans le silence, un best-seller immédiat qui s’est vendu à 120 000 exemplaires au cours des cinq premiers jours. Le livre réitère la tristesse de Mlle Bardot au sujet de l’immigration massive et de l’influence islamique. La France est en train de perdre sa « beauté et sa splendeur », affirme-t-elle. « Depuis vingt ans, écrit-elle, nous sommes soumis à une infiltration souterraine dangereuse et incontrôlée. Non seulement elle ne cède pas à nos lois et à nos coutumes. Bien au contraire, au fil du temps, il essaie de nous imposer ses propres lois. » Elle dénonce « [tous] ces « jeunes » qui terrorisent la population, violent des jeunes filles, entraînent des pitbull pour combattre[et] crachent sur la police ». ».

M. Singer écrit que Mlle Bardot est une écrivaine élégante – un véritable accomplissement pour quelqu’un qui a une éducation formelle limitée – mais Un cri dans le silence n’a pas été traduit en anglais. Amazon vend des exemplaires neufs et d’occasion, et il y a quatre critiques de lecteurs. Tous donnent au livre la meilleure note, cinq étoiles.

Dans une interview télévisée pour la promotion d’Un cri sur France 3, Miss Bardot a critiqué les autorités pour avoir laissé les immigrés clandestins s’emparer des églises comme sites de protestation, où ils défèquent dans les coins sombres et font des sanctuaires de véritables « porcheries humaines ». Elle a ensuite fait sourciller certains cercles en exprimant son dégoût pour les opérations de changement de sexe financées par le service national de santé français.

Une fois de plus, un groupe antiraciste l’a attaquée. Elle a été reconnue coupable d' » incitation à la haine raciale » et condamnée à payer une amende de l’équivalent de 6 000 $. Au cours de son procès, elle a dit à la cour qu’elle s’opposait au mariage interracial. Il n’est pas surprenant que Mlle Bardot reçoive de nombreuses lettres de partisans qui l’exhortent à continuer à se battre.

Brigitte Bardot compte parmi les plus célèbres partisans du parti nationaliste français, le Front national. Son chef, Jean-Marie Le Pen, l’a qualifiée de « grande personnalité, femme courageuse, impartiale, libre, qui dit ce qu’elle pense, ce qui est rare dans notre pays face au terrorisme intellectuel dominant ». Elle n’est pas membre du Front national, bien que son mari actuel le soit. Comme elle l’expliquait à l’époque de son mariage, « J’ai épousé un homme, pas un parti. »

Récemment, Mlle Bardot s’est de nouveau lancée dans la campagne pour le bien-être des animaux. Le 20 novembre 2006, lorsque la Commission européenne a proposé une interdiction totale du commerce des produits pour chiens et chats, elle a été applaudie dans l’assistance. Elle a expliqué que deux millions de chiens et de chats sont abattus en Asie pour leur fourrure, dont une partie se retrouve en Europe.

Depuis un an ou deux, l’ancienne vedette de cinéma a peu parlé en public de l’immigration, et une grande partie de la presse française semble lui avoir pardonné tant qu’elle s’en tient aux droits des animaux. Reculer, cependant, n’est pas dans sa nature. L’une de ses plus récentes entrevues en profondeur a été accordée au journaliste Jacques Guérin, qui a publié un long compte rendu le 23 septembre 2006. Il s’agissait surtout des droits des animaux, mais aussi de sa carrière cinématographique, de sa santé, de ses amours, de ses déceptions – une interview typique des célébrités. Le seul passage avec un bord était le suivant :

Regrette-t-elle les excès qui ont conduit à quelques démêlés avec la justice, et donne-t-elle l’impression d’être parfois non loin des positions du Front national ? « Quels excès ? » répond-elle. « J’assume la responsabilité de ce que j’ai dit. C’est vrai que je suis à droite, j’ai été élevé comme ça. Il est vrai que sur certains sujets, je me suis exprimé de manière impulsive et donc maladroite. Mais je ne regrette rien. »

Bien que j’admire beaucoup le courage politique et le patriotisme français de Mlle Bardot, ce qui m’a le plus impressionné dans ce livre, c’est son souci des animaux. Je ne regarderai plus jamais un chien ou un cheval de la même façon. J’ai beaucoup lu et réfléchi sur l’homme occidental et sur le sort de notre héritage européen – ce qui va nous arriver – et c’est certainement important. Mais la biographie de Mlle Bardot m’a rappelé que nous ne sommes pas les seuls à vivre et à mourir, à subir l’injustice et à souffrir, et qu’au moins nous pouvons nous défendre. Après avoir terminé le livre, je suis allé à la Société protectrice des animaux près de chez moi et j’ai regardé dans les yeux d’un chat noir et blanc qui me regardait à travers les barreaux de sa petite cage.

Réagissez à cet article en soumettant votre commentaire ci-dessous.

Vos partages nous permettent de continuer, merci !