Hong Kong, Barcelone : les leçons à retenir des technologies utilisées pour renverser le gouvernement en France

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Paru dans Démocratie Participative

Un papier intéressant vient d’être publié sur les technologies utilisées à Hong Kong et Barcelone par les manifestants.

Il y a des choses à étudier et à comparer avec les actions des Gilets Jaunes.

Quartz :

Le « Soyez comme de l’eau » des protestations de Hong Kong – fluides, flexibles et rapides – a pris une nouvelle forme à l’autre bout du monde en Catalogne : celle d’un tsunami.
Après qu’un tribunal espagnol a, lundi 14 octobre, condamné neuf dirigeants catalans à de longues peines de prison pour leur rôle dans une tentative de sécession en 2017, des dizaines de milliers de Catalans sont descendus dans la rue pour protester contre ce qu’ils considéraient comme une persécution politique et une répression criante des droits politiques dans la région.
Les manifestants répondaient à l’appel à l’action d’un groupe appelé Tsunami Democràtic, qui a lancé en septembre (lien en espagnol) des actions de désobéissance civile et pacifique de masse afin de sauvegarder les libertés en Catalogne. Après la condamnation, les manifestants se sont rapidement rassemblés sur les places et dans les rues de la région, coupant les grandes artères et bloquant la circulation avant de se diriger en masse vers leur prochaine cible : l’aéroport El Prat à Barcelone. Alors qu’ils partaient du centre-ville, un groupe de jeunes a crié : « On va faire un Hong Kong ! »

Ils faisaient référence à ce qui s’était passé à l’aéroport de Hong Kong presque exactement deux mois auparavant, lorsque des milliers de manifestants avaient forcé la fermeture de la plate-forme de transport international. Lundi, à l’aéroport de Barcelone, des scènes étonnamment similaires se sont déroulées alors que des milliers de personnes occupaient à la fois le terminal et les routes à l’extérieur du bâtiment, forçant finalement l’annulation d’au moins 100 vols. Tsunami Democrátic a même distribué quelque 130 cartes d’embarquement (lien en espagnol) via le télégramme de l’application de messagerie afin que les manifestants puissent entrer dans l’aéroport, à la manière de certains manifestants de Hong Kong qui ont acheté des vols bon marché pour entrer dans l’aéroport et contourner une interdiction judiciaire des manifestations dans le bâtiment.
Les manifestations de plusieurs mois à Hong Kong ont également été étudiées en Indonésie par des étudiants qui sont descendus dans la rue pour s’opposer à de nouvelles lois, et par des militants de Rebellion Extinction au Royaume-Uni, mais ce sont les manifestations catalanes qui semblent être les plus directement inspirées par le guide du manifestant de Hong Kong. Pendant des semaines, les militants catalans ont examiné de près les techniques des manifestants de Hong Kong, prenant des notes sur ce qui fonctionne et ce qui pourrait être reproduit avec succès en Catalogne. Fin septembre, le groupe de base Assemblea Nacional Catalana a même organisé un forum public intitulé « Expériences d’utilisation des nouvelles technologies dans la lutte non-violente : le cas de Hong Kong ».

« Nous avons été beaucoup inspirés par les manifestations de Hong Kong, bien que nous soyons conscients des différences entre les deux sociétés », a déclaré un représentant de Picnic x República, une plateforme numérique destinée à mobiliser les Catalans pour une action politique. « Les Hongkongais ont fait un très bon travail en faisant connaître leur lutte à tout le monde par le biais des réseaux sociaux… Ce sont les premières leçons que nous avons tirées d’eux : l’utilisation de ces outils pour mobiliser les gens et les tenir informés. »
Une page du site Web de Picnic x República énumère plusieurs canaux de Telegram de mobilisation à Hong Kong comme sources d’inspiration et d’information, ainsi que des photos de l’organisation des manifestants de Hong Kong dans la rue.  « Les images et les vidéos montrant la discipline des Hongkongais dans la transmission des messages et des moyens tout au long des lignes d’action nous ont fortement impressionnés, même si nous ne sommes pas sûrs de pouvoir atteindre cette perfection « , a déclaré le représentant de Picnic x República. « Peut-être, avec un peu de temps et de pratique ! »

Le lien tactique le plus fort entre les deux mouvements de protestation est peut-être l’accent mis sur la philosophie « Soyez comme de l’eau » inspirée par Bruce Lee, qui se traduit par des protestations imprévisibles, créatives et agiles qui coulent comme l’eau et se déplacent rapidement dans la ville.
Aujourd’hui, les activistes catalans utilisent la même pensée. Sur les médias sociaux, Tsunami Democràtic a utilisé le hashtag « Be Water », et leur appel à ce que chacun soit « un tsunami » incarne littéralement la philosophie de Bruce Lee. Picnic x República a également compris l’importance de s’adapter rapidement comme de l’eau à des situations changeantes, s’inspirant du guide des Hongkongais en exhortant les manifestants à réagir de manière fluide aux actions de la police et à ne pas se fixer sur des positions statiques.

La Catalogne, comme Hong Kong, se résument à leur ville principale. Bien que Paris soit une capitale mondiale, elle ne résume pas toute la France.

L’échec des Gilets Jaunes à Paris

Une fois l’effet de surprise passé, les actions répétées dans les rues de Paris par les Gilets Jaunes ont rapidement été contrées par la Préfecture de Police qui a modifié son système de défense.

En premier lieu parce que ces manifestations, au début du moins, n’étaient pas le fait de Parisiens, ou très peu, mais de personnes extérieures se déplaçant le samedi à Paris.

En empêchant les TGV d’acheminer des manifestants sur place, en bloquant les entrées d’autoroutes, en créant des goulots d’étranglement dans Paris et en arrêtant préventivement les opposants, le gouvernement a pu stopper les mouvements des Gilets Jaunes et empêcher leur concentration.

La masse des manifestants étaient donc considérablement plus faible qu’à Barcelone ou Hong Kong où les opposants vivent dans les murs de la ville ou à ses abords.

Enfin, ceux qui parvenaient tout de même sur place étaient sciemment blessés par les flics sur ordre du gouvernement pour démoraliser les participants sur la longue durée.

Dans ces conditions, pourquoi Paris ?

Parce que le véritable mouvement des Gilets Jaunes né sur les rond-points des zones rurales ou péri-urbaines et les péages a été récupéré par la petite bourgeoisie fonctionnarisée des métropoles. C’est cette petite bourgeoisie composée d’électeurs mélenchonistes qui l’a absorbé dès que le mouvement s’est déplacé vers ses propres zones d’habitation, dans les métropoles.

La petite bourgeoisie contestataire a récupéré le mouvement dans le but de régler des comptes avec la grande bourgeoisie des métropoles qu’elle envie et déteste à la fois.

En d’autres termes, de périphérique et blanc, le mouvement est devenu petit bourgeois, urbain et cosmopolite.

Le mouvement a changé de nature et on l’a très bien perçu avec l’irruption de gens au bagage culturel et politique faible, ayant un imaginaire cégéto-antifasciste doublé d’une sous-culture provenant des banlieues ethniques.

Ce qui a donné, dans le cas de Jérôme Rodrigues, des expressions de nègres de cités comme « c’est la famille ».

Ce n’est pas un hasard non plus si Eric Drouet était systématiquement flanqué de maghrébins, typiquement issus des mêmes zones de peuplement allogène proches des zones résidentielles où vit l’électorat mélenchoniste.

Rien d’étonnant donc si le chevaucheur de mouche « Fly Rider » et son QI à la traîne s’est fait cornaquer par la même bourgeoisie de gauche urbaine représentée par Branco, issu de Sciences Po.

Et bien sûr, l’injection du sous-prolétariat racial anti-blanc des banlieues, auxiliaires traditionnels de la petite bourgeoisie du secteur public mélenchoniste.

Hong Kong et Barcelone font vibrer les enfants de bourgeois pas le prolétariat blanc

On apprend toujours en pratiquant. Pratiquer permet d’apprendre, de comprendre les échecs et de ne pas les rééditer. L’échec relatif du mouvement des Gilets Jaunes permet d’identifier les véritables lignes de fracture sociales et raciales présentes en France.

Ce qu’a démontré avec acuité l’évolution du mouvement des Gilets Jaunes avec sa transition d’un mouvement de masse blanc et périphérique en mouvement petit-bourgeois urbain et cosmopolite, c’est l’incompatibilité fondamentale des populations concernées.

Ce que nous avons vu, c’est la manifestation des contradictions internes des métropoles globalisées où surnage, entre la banlieue du tiers-monde et la grande bourgeoisie judéo-globalisée du centre-ville, une mince couche de petits bourgeois blancs nostalgiques de la banlieue rouge où ils ont grandi.

Leur seul but est de faire les poches des gros sièges sociaux du centre-ville, de maximaliser la resquille du guichet social en appelant Mohamed et Fofana à l’aide, notamment en leur suggérant de piller les magasins du 16ème.

Cette petite-bourgeoisie peut parler de « révolution » tant qu’elle veut, elle ne veut que l’extension à sa propre classe des bénéfices du système globalisé en place.

Ce qui trahit son caractère bourgeois, c’est que l’agitation gauchiste des métropoles est dépourvue de base populaire et recherche désespérément des auxiliaires pour peser face à la grande bourgeoisie et ses moyens d’état.

La question du voile islamique le révèle : tous les gauchistes urbains, sans exception, fuient cette question parce qu’elle compromet la jonction que la petite-bourgeoisie urbaine espère opérer avec les banlieues où vit le sous-prolétariat musulman pour faire masse contre la grande bourgeoisie cosmopolite.

Cette petite-bourgeoisie gauchiste urbaine qui s’informe chez les juifs de « Médiapart », de « Le Média » ou de « Regards », est fondamentalement acquise culturellement à la classe dominante globalisée qui crée ses conditions de vie quotidienne, à commencer par son environnement racialement mixte.

La nature raciale et la répartition géographique de la sociologie anti-globaliste, anti-gouvernementale, anti-Macron est par définition extra-métropolotaine, extra-urbaine. Ce qui rend la reproduction de ce qui se passe à Hong Kong ou Barcelone impossible en France.

On peut même dire que les actions qui ont lieu à Hong Kong ou Barcelone ne pourront inspirer et connaître des tentatives de reproduction en France que de la part des segments bourgeois-gauchistes de la population métropolitaine.

Les Gaulois des rond-points ne bloqueront pas d’aéroports internationaux parce qu’il n’y en a pas dans leur bassin de peuplement – département ou région – et que ce moyen de transport leur est pour ainsi dire inconnu.

Quelle stratégie, quelle méthodologie ?

La stratégie, à Hong Kong, repose sur une idée simple : la Chine ne peut pas intervenir avec des moyens durs de peur de faire fuir le capital à Singapour de manière irréversible. Or, Singapour est un territoire sous contrôle américain.

La grande stratégie importe pour déterminer l’intensité de l’engagement.

La France affronte un fragile équilibre financier. Toute sa politique consiste à honorer les dettes que sa direction politique a contracté pour qu’elle puisse en contracter de nouvelles afin de maintenir les lignes de crédit qui maintiennent l’infrastructure sociale en place. Et avec elle, le clientélisme électoral et ethnique sans lequel la stabilité politique du système est menacée.

Le capital international est donc très sensible à la capacité du gouvernement français à percevoir des taxes, à contenir les troubles sociaux et à réduire les dépenses de l’Etat.

Tout ce qui coûte à l’appareil productif, tout ce qui empêche l’état de taxer a un impact sévère sur la crédibilité financière de Paris. Si le doute s’installe, les taux d’intérêts divergent au sein de la zone euro, ce qui accentue la pression sur le gouvernement.

Le système, en France, dispose d’un atout considérable : il peut opérer tant que Paris est sous contrôle. L’Etat Français s’est précisément construit ainsi : un centre dur, Paris, contre les périphéries.

Avec une large ceinture de parasites raciaux politiquement imperméables, la grande bourgeoisie judéo-macroniste se sait à Paris hors d’atteinte des millions de Français qui sont en état d’ébullition dans les régions.

La perte de contrôle progressive de son autorité sur des régions entières n’en demeure pas moins le moyen d’annuler l’intérêt de cette capacité défensive de Paris.

Certaines méthodes de mobilisation utilisées à Hong Kong ou Barcelone peuvent être reprises. Notamment l’utilisation de canaux cryptés via smartphones pour des opérations éclair ou tenir informée la base et coordonner l’action de petits groupes très mobiles.

Le plan opérationnel à adopter devrait consister à réduire la capacité de communication et de contrôle de Paris sur les régions en ciblant, dans l’ordre :

  • Les médias (distribution de journaux, rédactions)
  • Les aéroports régionaux et les péages
  • Les tribunaux
  • Les préfectures
  • Les bâtiments du FISC
  • Les conseils municipaux, départementaux et régionaux

L’appareil politico-administratif doit être harcelé pour le rendre inopérant, tout spécialement l’appareil judiciaire, bras armé de la répression de Paris.

Les mots d’ordre du gouvernement doivent être censurés en prenant le contrôle des médias par occupation (France 3 région, radios locales, rédactions de journaux).

Les activistes doivent toujours être masqués. La répression est essentiellement à retardement après analyse soigneuse des images disponibles par les flics et les juges.

Seules de rares actions ciblées sur Paris peuvent avoir du sens comme l’invasion et le blocus de l’aéroport Roissy-Charles De Gaulle par des centaines d’agriculteurs avec leurs engins.

La paralysie politique de Paris sur le territoire doit atteindre le point de bascule qu’est la fragmentation politico-administrative du système et la constitution d’un nouvel ordre à partir des territoires libérés.

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