Nobel de littérature : un prix toujours aussi politique

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Paru dans Blanche Europe

Certains prix bénéficient d’un grand prestige. Le Nobel est sans doute le plus prestigieux d’entre eux, et évidement c’est un facteur de pouvoir que le (dés)ordre anti-blanc n’omet pas d’utiliser.

La grande subjectivité associée aux prix littéraires rend leur utilisation politique particulièrement aisée pour les comités de bienpensants. Il y a 3 ans, le Nobel de littérature était remis au chanteur (((Bob Dylan))).

Il y a deux ans, Procope avait brillamment analysé les prix Goncourt et Renaudot, dont les deux lauréats avaient pour principal mérite de dire du mal du nazisme. Être un juif augmente aussi les chances de recevoir un de ces prix.

AFP :

Le prix Nobel de littérature a été décerné jeudi à la Polonaise Olga Tokarczuk pour l’édition 2018, reportée d’un an après un scandale d’agression sexuelle, et à l’Autrichien Peter Handke pour 2019.
15e femme seulement à recevoir le Graal des écrivains depuis sa création en 1901, Olga Tokarczuk est récompensée pour “une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, symbolise le dépassement des frontières comme forme de vie”, a déclaré le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Mats Malm, à Stockholm.
Peter Handke est dinstingué pour une oeuvre qui “forte d’ingénuité linguistique, a exploré la périphérie et la singularité de l’expérience humaine”, a-t-il ajouté.
[…]
Olga Tokarczuk, 57 ans, est considérée comme la plus douée des romanciers de sa génération en Pologne.

Considérée ainsi par qui ?

Derrière une pseudo-neutralité, le journaliste de l’AFP exprime en vérité une opinion très subjective.

Bien sûr, je n’ai pas lu les ouvrages de la Tokarczuk, et il se peut bien qu’elle ait un certain talent, mais il serait naïf de croire que c’est là la seule source de sa promotion.

Son œuvre, qui compte une douzaine d’opus traduits dans plus de 25 langues, va d’un conte philosophique, “Les Enfants verts” (2016), à un roman policier écologiste engagé et métaphysique “Sur les ossements des morts” (2010), et à un roman historique de 900 pages “Les livres de Jakob (2014)”.

Ce dernier bouquin a pour personnage principal un juif, et présente évidemment les parasites juifs sous un jour favorable alors que les Polonais ne sont pas assez “tolérants”.

Quelle surprise.

Engagée politiquement à gauche, écologiste et végétarienne, l’écrivaine, la tête toujours couverte de dreadlocks, n’hésite pas à critiquer la politique de l’actuel gouvernement conservateur nationaliste de Droit et Justice (PiS).

Tiens donc  !

J’ai comme l’impression que ses vues politiques ont été un avantage.

AFP :

Le ministre conservateur polonais de la Culture a fait amende honorable jeudi après avoir reconnu récemment n’avoir jamais pu terminer la lecture d’un livre d’Olga Tokarczuk, prix Nobel de littérature, et a promis de s’y remettre.
Olga Tokarczuk […] est régulièrement boudée et critiquée par les conservateurs nationalistes [sic] au pouvoir en Pologne, qui lui reprochent aussi ses prises de position sur l’histoire polonaise.

Le journaliste de l’AFP ne prend pas la peine de préciser la nature desdites prises de positions, mais on en devine aisément la substance : elle aurait voulu plus de “tolérance”.

“J’ai tenté mais je n’ai jamais réussi à en terminer un”, avait déclaré lundi le ministre Piotr Glinski interrogé par une journaliste sur les livres de la femme de lettres.
Jeudi, M. Glinski a félicité Olga Tokarczuk pour son succès qui est, selon lui, “une preuve que la littérature polonaise est bien appréciée à travers le monde”.
Il s’est aussi “engagé à achever ses lectures jamais terminées des œuvres de la lauréate du prix Nobel”, sur son compte twitter.

Elle reçoit un Nobel, et soudain il se sent obligé de dire du bien d’elle. Il m’est difficile de dire si cette mention de lectures non finies est une pique sur l’intérêt de ces livres ou une bourde incohérente.

Évidemment, la gauche polonaise est très satisfaite :

De son côté, mais en se référant aux déclarations malheureuses du ministre, le président du Conseil européen Donald Tusk, bête noire des conservateurs polonais, a déclaré avoir “tout lu” d’elle.

J’ai quelques doutes sur la véracité de cette déclaration, dont le but essentiel semble surtout avoir été un appel au vote en faveur de son parti pour les imminentes élections.

AFP :

Peter Handke, 76 ans, qui a publié plus de 80 ouvrages, est un des auteurs de langue allemande les plus lus et les plus joués dans le monde.

Je n’ai rien trouvé de spécial sur son compte, si ce n’est qu’il a fâché certains en se plaçant du côté des Serbes au cours des conflits qui ont suivi l’éclatement de la Yougoslavie.

[…]
L’Académie suédoise a implosé après la publication en novembre 2017, en plein mouvement #MeToo, des témoignages de 18 femmes (autant que d’académiciens) accusant de harcèlement, d’agression sexuelle et de viol un Français, Jean-Claude Arnault.
Marié à une académicienne, propriétaire d’un club underground fréquenté par le gratin artistique et intellectuel suédois, il recevait de généreux subsides de l’académie, se vantait d’en être le “19e membre” et, selon des témoins, soufflait le nom des futurs lauréats du Nobel à ses amis.
Parfois qualifié de “fossoyeur de l’Académie”, il a été définitivement condamné à deux ans et demi de prison pour viol.
Au-delà de son volet purement judiciaire, l’affaire a mis au jour le huis clos vicié d’une institution rongée par les intrigues, les prébendes, les conflits d’intérêt, les déchirements entre hussards de la vieille garde et dragons de la relève.
[…]
Privée du quorum de membres siégeant requis pour désigner un lauréat Nobel après une cascade de démissions et mises en retrait, l’académie avait dû reporter d’un an l’édition 2018, pour la sixième fois depuis 1901, la dernière en 1949.

Je n’ai aucune raison de croire que le remplacement des anciens membres corrompus par de nouveaux aurait soudainement mis cette institution à l’abri du biais politique, et le prix remis à Tokarczuk tend plutôt à confirmer que la bienpensance n’a pas perdu de terrain avec ce scandale.

J’ai envie de conclure cet article en rappelant ces mots de Procope.

Bref, chers lecteurs, vous avez compris : pour recevoir un prix littéraire, il vous suffira désormais de noircir une centaine de pages en dénonçant la très horrible, très pernicieuse, très méchante, très abominable extrrrrrême-droite. Cela vous tiendra lieu de talent.

Artistes d'extrême-droite

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