Faurisson et Zemmour : de la différence entre vraie censure et censure promotionnelle

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Paru dans Rivarol

Il y a tout juste un an le dimanche 21 octobre 2018, peu avant dix-neuf heures, s’éteignait à Vichy à la suite d’une violente crise cardiaque le professeur Robert Faurisson, trois mois seulement avant d’atteindre ses quatre-vingt-dix printemps, et au retour d’un voyage éprouvant et tumultueux à Shepperton, sa ville natale en Angleterre où il allait donner sans le savoir sa dernière conférence dans la langue de Shakespeare et où il fut une dernière fois confronté à la bêtise et à la veulerie humaines.  Les responsables de l’hôtel accueillant les conférences ayant été menacés par des appels téléphoniques d’opposants antifascistes, ils décidèrent, contre la parole donnée et contre toute dignité, d’interrompre les conférences, de faire irruption dans la salle, de déclencher la sirène-incendie. Le lendemain matin, alors qu’il prenait le petit-déjeuner à l’hôtel avec quelques amis en privé, le jour même de sa mort, un responsable de l’établissement lui ordonna brusquement de se taire.

Le lundi matin, son corps n’avait pas encore été refroidi que les insultes, les crachats et les moqueries se multipliaient dans les media audiovisuels et sur les réseaux sociaux. De crainte de manifestations hostiles, le brillant et héroïque universitaire fut inhumé quelques jours plus tard dans la plus stricte intimité familiale au cimetière de Vichy (une trentaine de personnes en tout étaient présentes à l’enterrement) et, à l’instar du soldat inconnu, sur sa tombe n’est gravé aucun nom. Ses ennemis ont réussi à éliminer jusqu’à son patronyme même après sa disparition, comme s’ils voulaient ne lui laisser aucune place, ni dans ce monde, ni dans l’autre.

Calomnié, vilipendé, ostracisé, croulant sous les procès et les condamnations, parce que ses recherches et ses conclusions ne correspondaient pas à la version officielle et obligatoire de la Seconde Guerre mondiale et menaçaient donc les fondements idéologiques du monde issu de la victoire des Alliés en 1945 et la jurisprudence de Nuremberg, Robert Faurisson n’a jamais eu droit à la parole, si ce n’est une seule et unique fois pendant quelques minutes sur Europe 1 au micro d’un Ivan Levaï haineux et où il prononça sa fameuse phrase de soixante mots. C’est en vain qu’on chercherait les livres du professeur en librairie ou dans les bibliothèques. Loin de l’avoir enrichi, l’aventure du révisionnisme l’a appauvri. Loin de l’avoir comblé d’honneurs, sa quête de « l’exactitude », selon son expression, lui a tout fait perdre : sa chaire à l’université, sa réputation, sa carrière, son carnet d’adresses, sa tranquillité.

Très différente apparaît la situation présente d’Eric Zemmour que quasiment tous les organes et personnalités de la droite dite nationale considèrent aujourd’hui comme un héros, un martyr et un prophète. Certes quelques journalistes de gauche ont-ils réagi négativement au discours qu’il a tenu fin septembre à la convention de la droite, certes l’émission qu’il coanime avec Naulleau sur Paris Première a-t-elle perdu quelques annonceurs, certes RTL n’entend-elle plus collaborer avec le polémiste qui continuera toutefois à être invité de temps à autre (ce qui ne changera donc quasiment rien dans les faits), mais, que l’on sache, Zemmour n’a jusqu’à présent gardé toutes ses émissions de télévision. Il en a même conquis une nouvelle sur Cnews qui appartient pourtant au groupe Canal plus. Ses livres sont en vente dans toutes les librairies, partout en France, et chacun de ses essais bénéficie d’une publicité maximale, du fait de ses invitations dans moult émissions à la radio et à la télévision et par les polémiques qu’ils suscitent et qui sont fortement médiatisées.

Outre ses confortables droits d’auteur, Zemmour continue à percevoir des dizaines de milliers d’euros chaque mois pour ses émissions et sa collaboration à diverses publications, dont Le Figaro. Il est de plus régulièrement encensé, sans aucune réserve, dans les publications droitistes, de Valeurs actuelles à Présent, est invité régulièrement à TV Libertés et à Radio Courtoisie (autant d’antennes où RIVAROL est persona non grata). Les librairies dites catholiques traditionalistes se font sans exception un devoir et une gloire d’organiser avec lui des séances de dédicaces et ne tarissent pas d’éloges sur l’homme, sur ses idées, son courage, son talent, sa lucidité.

Il fut une époque où les gens de droite avaient pour maîtres à penser Maurras, Barrès ou Drumont, aujourd’hui ils ont les yeux de Chimène pour un sépharade affirmant qu’il ne croit pas à la divinité du Christ ni à Sa Résurrection, mais qui croit en revanche de toutes ses forces en la sacro-sainte Shoah (mais n’est-ce pas là l’essentiel de nos jours pour faire carrière ?), qui se réclame sans cesse de l’imposteur De Gaulle et de Bonaparte, possède chez lui deux réfrigérateurs, l’un pour la viande, l’autre pour le lait, qui a fait faire la bar-mitzvah à ses deux garçons, et qui, dans son dernier livre promu dans toutes les librairies traditionalistes, affirme que saint Louis est un roi juif, que sainte Jeanne d’Arc priait sans intermédiaire comme les juifs et que la France doit imiter l’Etat d’Israël et s’inspirer des méthodes de Tsahal qui renoue avec la geste des soldats de l’an II ?

Un chauffeur de taxi parisien confiait récemment à l’un de nos collaborateurs qu’il prenait souvent Zemmour et BHL dans sa voiture pour différentes courses et qu’ils étaient en réalité copains comme cochons, comme on pouvait d’ailleurs s’en rendre compte en regardant naguère une émission de Zemmour et Naulleau où BHL était invité et où ce dernier regardait avec bienveillance, sympathie et connivence un Zemmour qui pourtant lui adressait des critiques fondées sur plusieurs de ses initiatives. Il s’agit donc de toute évidence d’un jeu de rôles, la communauté juive favorisant l’islam, et le diabolisant en même temps, pour son plus grand profit. A Attali est dévolu le rôle d’encourager l’Islam et les musulmans, à Zemmour de les démoniser. Dans son discours à la convention de la droite, Eric Zemmour énonce certes un certain nombre de vérités sur l’état actuel de notre nation mais il se garde bien de remonter aux causes. Car qui a favorisé l’immigration de masse, qui a édicté et continue à édicter des lois pour empêcher que les nationaux luttent efficacement contre cette submersion migratoire planifiée si ce n’est des organisations juives comme SOS-Racisme, la LICRA et l’UEJF ? BHL et Attali ont monté les immigrés musulmans contre les Français de souche et Zemmour, Finkielkraut et consorts veulent monter les Français contre les musulmans que leur communauté a fait venir en masse chez nous pour conduire à la guerre civile au plus grand profit du monde juif et d’Israël. Ce sont les deux mâchoires de la tenaille pour nous détruire. Il ne faut pas en être dupe.

D’ailleurs, dans son discours à la convention de la droite, s’il critique à juste titre la culpabilisation de l’homme blanc et hétérosexuel, Zemmour n’évoque comme éléments visant à le tétaniser que la colonisation et l’esclavage et se garde bien d’évoquer la Shoah. Or s’il est un Dogme qui est utilisé matin, midi et soir pour tétaniser l’Occidental, détruire ses défenses immunitaires, à l’école, dans les media, au cinéma, partout, c’est bien l’“Holocauste”. Cette omission volontaire de Zemmour sur le sujet prouve la perversité de ses intentions et de ses objectifs. Son souci, ce n’est pas la France et les Français. Son credo, c’est Israël über alles. On peut donc être à peu près sûr qu’il gardera l’essentiel de ses émissions de radio et de télévision. Contrairement à ce pauvre Chouard.

Pour avoir seulement répondu de manière insuffisamment convenue à une question sur les chambres à gaz, Etienne Chouard a tout perdu. Il lui a fallu choir de son strapontin. Il a été sur-le-champ chassé de son émission à Sud Radio dont la devise est pourtant « parlons vrai » et depuis cet été il n’est plus invité nulle part. Il a chu, il est déchu, il a déçu et il n’est plus.

Depuis le début de l’année 2019, Alain Soral qui est interdit de radio et de télévision comme votre serviteur a été condamné à quatre ans et demi de prison ferme, sept ans, trois mois et dix jours et des centaines de milliers d’euros d’amendes et de dommages intérêts si l’on cumule ses condamnations des dernières années. Eric Zemmour, lui, a été le plus souvent relaxé et n’a jamais été condamné jusque-là à plus de trois mille euros d’amende, soit moins d’un dixième de ses revenus net mensuels.  C’est aussi à cela que l’on mesure qui sont les vrais opposants et ceux qui sont en carton-pâte, les vrais maudits, les vrais censurés et ceux qui bénéficient d’une censure promotionnelle.

On aurait aimé que les écrivains, les publicistes, les personnalités de notre mouvance, y compris ceux qui jusque-là faisaient bruyamment profession d’antisémitisme, écrivissent ces vérités mais dès lors que les mêmes ont soutenu, et souvent continuent à soutenir, la tenancière de la cage aux folles, malgré tout le mal qu’elle a fait et en dépit de toutes ses trahisons, qu’attendre hélas d’un monde aussi vermoulu ?

[…] (lire la suite)

Jérôme BOURBON.

Editorial du numéro 3396 de RIVAROL daté du 23 octobre 2019.

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