Le Nid d’Aigle

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LE NID D’AIGLE

« Tout homme supérieur aspire à se retrancher dans une forteresse, dans un refuge où il se sente délivré de la foule, de la masse, de l’écrasante majorité. »

(Nietzsche)

« Il n’a jamais été plus nécessaire de créer des décors où l’esprit puisse se réfugier dans une sorte d’asile poétique pour y oublier les angoisses de notre affreuse époque. »

(Louis II de Bavière)

« Souvent, autour de Berchtesgaden, le dimanche, la foule s’amasse, étend ses mains droites et fait entendre des hymnes de joie. Et il leur répond. Son visage apparaît alors dans la lueur du soleil des montagnes, comme s’il faisait partie d’elles, comme s’il était une émanation de leur lumière. »

(Alphonse de Châteaubriant, La Gerbe des forces, 1937)

« Les étrangers de marque sont maintenant reçus au Berghof (…). Quand il fait beau, on ne saurait imaginer un plus beau cadre où le chef de l’Etat allemand puisse accueillir des visiteurs. Même quand les conversations de déroulent à l’intérieur, ce qui est habituellement le cas, on jouit d’une vue dégagée sur les montagnes de l’Untersberg, grâce à une gigantesque fenêtre qui occupe tout un pan de mur de la grande salle, comme une peinture colossale. »

(Rudolf Hess, lettre à sa mère, 15 janvier 1938)

« De loin, ce lieu apparaît comme une sorte d’observatoire ou de petit ermitage, perché à 1.900 mètres d’altitude au sommet d’une arrête de rochers. On y accède par une route en lacets d’une quinzaine de kilomètres, hardiment taillée dans la pierre et dont le tracé audacieux fait autant d’honneur au talent de l’ingénieur Todt qu’au labeur acharné des ouvriers qui ont, en trois ans, achevé ce travail gigantesque. La route aboutit à l’entrée d’un long souterrain qui s’enfonce dans le sol et que ferme une lourde et double porte de bronze. A l’extrémité de ce souterrain, un large ascenseur, dont les parois sont revêtues de plaques de cuivre, attend l’étranger. Par un puits vertical de 110 mètres, creusé dans le roc, il monte jusqu’au niveau de la demeure du Chancelier. Ici, la surprise atteint à son comble. Le visiteur a devant lui, en effet, une construction trapue et massive, qui comporte une galerie à piliers romans, une immense salle vitrée en rotonde, garnie d’une vaste cheminée où flambent d’énormes bûches et d’une table entourée d’une trentaine de chaises, et plusieurs salons latéraux, meublés avec élégance de confortables fauteuils. De tous cotés, à travers les baies, le regard plonge, comme du haut d’un avion en plein vol, sur un immense panorama de montagnes. Au fond du cirque, il aperçoit Salzbourg et les villages environnants, dominés, à perte de vue, par un horizon de chaînes et de pics, de prairies et de forêts qui s’accrochent aux pentes. A proximité de la maison, qui paraît suspendue dans le vide, se dresse, presque en surplomb, une muraille abrupte de rochers nus. L’ensemble, baigné dans la pénombre d’une fin de journée d’automne, est grandiose, sauvage, presque hallucinant. Le visiteur se demande s’il est éveillé ou s’il rêve. Il voudrait savoir où il se trouve. Est-ce le château de Montsalvat qu’habitaient les chevaliers du Graal, un Mont-Athos, abritant les méditations d’un cénobite, le palais d’Antinéa, dressé au cœur de l’Atlas ? »

(André François-Poncet, ambassadeur de France, octobre 1938)

« L’Allemagne, le monde entier, acceptent tout cela, comme s’il était naturel qu’un homme renverse tous les usages de la diplomatie, que le premier personnage du Reich reste assis sur sa montagne, au fin fond de l’Allemagne (…). Là-haut un bizarre édifice s’érige (…). Dans ce site bavarois, on se souvient tout naturellement du roi Louis II de Bavière, de ce roi de légende, avec ses palais wagnériens, sa solitude et sa folie. Dissimulé dans une gorge rocheuse, masqué à tous les yeux, un ascenseur escalade plusieurs centaines de mètres. Il débouche dans une maison de cristal, invisible au milieu des rocs sauvages, face à la montagne sévère du Watzmann. C’est là que, planant au-dessus du monde, inaccessible, trône le Führer allemand. C’est son aire. C’est là qu’il affronte l’Eternité, qu’il jette un défi aux siècles. »

(Hermann Rauschning, Hitler m’a dit, 1939)

« Quand je vais à l’Obersalzberg, je ne suis pas attiré seulement par la beauté du paysage. Je m’y sens loin des petitesses, et mon imagination y est fouettée. (…) Toutes mes grandes décisions, je les ai prises à l’Obersalzberg. »

(Adolf Hitler, Propos de table, 2/3 janvier 1942)

« Le Berghof a vraiment une situation idéale… J’ai passé là-haut les plus belles heures de ma vie… C’est là que tous mes grands projets furent conçus et mûris. »

(Adolf Hitler, Propos de table, 16/17 janvier 1942)

« Trois cents millions d’hommes chantent dans un seul camp. Un seul drapeau rouge se tient au sommet des Alpes. »

(Drieu La Rochelle, 1942)

« Les esprits qui toujours veillent aux sommets, au-dessus des deux versants de la pensée aryenne : l’indienne et l’occidentale. »

(Drieu La Rochelle)

« Dans le salon, une fenêtre escamotable, célèbre par ses dimensions… permettait d’avoir une vue très dégagée sur l’Untersberg, sur Berchtesgaden et Salzburg (…) Hitler… était là, prisonnier volontaire, le regard dirigé sur l’Untersberg où dormait, selon la légende, l’empereur Charles qui reviendrait un jour rétablir l’Empire dans sa magnificence passée. »

(Albert Speer, Au cœur du Troisième Reich, 1969)

« Tous ceux qui l’ont approché [Hitler] ont reconnu qu’il se ‘rechargeait’ dans les montagnes, spécialement au Berghof. »

(Pierre Mariel)

« C’est sans doute son désir de se rapprocher des astres qui poussa le chancelier à faire bâtir au sommet du mont Kehlstein, dans les Alpes bavaroises, son fameux Nid d’Aigle où il se retirait pour méditer ses projets démesurés, ne recevant là que les hôtes de marque, afin de les impressionner. (…) En se réfugiant sur les cimes où plane seul l’aigle royal, Hitler prétendait marcher sur les traces de Zoroastre, le prophète des Aryens, et succéder dans la royauté spirituelle aux Albigeois qui firent de Montségur un temple-forteresse voué au culte solaire. Berchtesgaden était un lieu sacré à l’instar du Venusberg et du Thabor pyrénéen. »

(Jean-Michel Angebert, Hitler et la tradition cathare, 1971)

« Je jetai en passant un coup d’œil sur la salle de travail du Führer. (…) Toute la paroi du fond, opposée à la cheminée devant laquelle nous venions de prendre place, était occupée par une immense baie vitrée à travers laquelle on apercevait, en une échappée grandiose, la vallée de la Salzach et l’amphithéâtre de montagnes qui la bordait au sud. Une des cimes, dont la masse sombre se détachait puissamment sur le ciel, formait une coupole de rochers de dimensions cyclopéennes. C’est, m’assura-t-on, à l’intérieur de ce roc en nid d’aigle que Hitler s’était fait aménager une sorte d’hypogée, destiné à lui servir, plus tard, de tombeau. Devant la baie, se trouvait une table de plus de six mètres de long, dont le plateau était formé d’une seule dalle de porphyre. »

(Jacques Benoist-Méchin, De la défaite au désastre, tome 1, 1984)

« Quand j’ai visité Berchtesgaden, mon attention fut constamment captivée par une force tellurique, une vibration tangible dans l’air, qui reliait instantanément ce point aux Himalayas et aux Transhimalayas tibétains : [qui reliait] le refuge haut perché de Hitler au Lhassa du Dalaï-lama, à Shambhala. Pour quelque raison particulière, Hitler avait choisi ce point, qui est rempli de connexions directes, de vibrations magnétiques, de celles qui touchent les étoiles à partir du centre sacré de son Ordre [les SS], et il avait évité de livrer ici une bataille physique finale qui aurait pu endommager cette région. (…) Son pouvoir [celui du Dalaï-lama] est étroitement lié à celui de l’Allemagne d’Hitler (…) Quelques années après l’Allemagne, le Tibet tomba aussi. »

(Miguel Serrano, El cordon dorado, 1987)

« Ses ennemis ne doutent pas de son pouvoir de résurrection (…). Sa résidence de montagne, le Berghof, dut être détruite par les bombardements, puis les ruines durent être dynamitées et réduites en mille morceaux de crainte que les pierres nues ne deviennent des lieux saints, et ensuite un épais bosquet devait pousser sur le site nu, de peur que le sol même ne devienne un lieu de pèlerinage. (…) ses ennemis… sont hantés par le spectacle d’un Hitler dont le pouvoir défie la mort, et dont l’esprit continue à vivre en menaçant leur futur. »

(Colin Jordan, article pour le centenaire de la naissance d’Adolf Hitler, avril 1989)

« L’histoire l’atteste, ce n’est jamais à Berlin que Hitler prit une décision importante, mais toujours à Berchtesgaden dans la solitude des Alpes bavaroises. N’est-il pas curieux de voir un homme d’Etat abandonner tous ses services compétents au moment même où il en aurait le plus besoin… ? Le Chancelier… savait que c’est surtout sur les hauteurs que l’on entre en communication avec les forces occultes. Dans le silence et la méditation, leurs messages sont plus nets. »

(Guy Tarade, Les derniers gardiens du Graal, 1993)

« Dans le monde spirituel et psychologique, les relations entre Berchtesgaden et Lhassa existaient même avant la prise du pouvoir par Hitler. (…) Le vrai lien entre le Tibet et le Troisième Reich était le svastika ‘lévogyre’ puisque le sens dans lequel il tourne est le même que celui de la religion Bôn, du Tibet d’avant le bouddhisme, qui était pratiquée par les Aryens de ‘Dropas’, de l’Hyperborée. »

(Miguel Serrano, interview dans la revue The Flaming Sword, novembre 1994)

« Le soir du 21 août 1939, à la veille de la signature du pacte germano-russe, au moment où les troupes de la Wehrmacht et la Leibstandarte se préparent à envahir la Pologne, Hitler et son état-major assistent sur la terrasse du Berghof à une prodigieuse aurore boréale. Une lumière rouge illumine le ciel au-dessus de l’Untersberg, [qui] prend toutes les couleurs de l’arc-en-ciel : ‘Tous se taisaient, impressionnés, émerveillés, transfigurés par les rayons qui se reflétaient sur leurs visages et sur leurs mains’. (…) Le phénomène boréal, examiné par l’observatoire de Sonnenberg, commença dès 2h 45 du matin et dura plus d’une heure. Hitler y vit un signe de la Providence. La lumière hyperboréenne saluait l’entrée en guerre des troupes nazies. »

(Jean-Paul Bourre, Le Graal et l’Ordre Noir, 1995)

[D’après Albert Speer, Hitler aurait déclaré : « Cela laisse présager beaucoup de sang. Cette fois-ci, ça ne se passera pas sans violence… ». Le présage annonçant la Seconde Guerre Mondiale figurait déjà dans les apparitions de Fatima en 1917 : « Une nuit éclairée par une grande lumière inconnue ».]

« [Le Berghof] sera, jusqu’à la fin, sa résidence préférée, y compris pour le travail. (…) [Depuis la grande baie vitrée] Deux choses frappent le regard : une grande montagne crénelée et, à sa droite, une trouée au fond de laquelle on aperçoit une grande ville. Il s’agit de Salzbourg. On est en Allemagne, et pourtant l’Autriche est au nord. Sur la carte, l’actuel parc naturel de Berchtesgaden dessine une sorte d’ergot, comme s’il avait pour fonction d’arrimer l’Autriche à l’Allemagne. Salzbourg (…) est sur le même méridien que la maison, mais aussi Braunau, sa ville natale ! Et également, à peu près, Berlin. Quant à la montagne crénelée, appelée l’Untersberg, elle passe pour abriter le tombeau de Charlemagne. »

(François Delpla, Hitler, 1999)

« Hitler… avait choisi ces montagnes des Alpes pour enchâsser et organiser ses décisions les plus monumentales. (…) Planté en compagnie de quelque interlocuteur devant l’immense baie panoramique avec vue sur l’Untersberg, il pouvait se dire : ‘C’est mon royaume, c’est l’image de mon pouvoir’. (…) Hitler prétendait avoir conçu le Berghof en fonction de ce panorama. (…) L’Untersberg exerçait sur lui un pouvoir magnétique. (…) Quand Helene Bechstein lui offrit une autre propriété sur un versant plus ensoleillé de l’Obersalzberg, il déclina sa généreuse proposition. Il préférait la vue sur l’Untersberg. »

(Timothy W. Ryback, Dans la bibliothèque privée d’Hitler, 2009)

« Lieu de travail, résidence d’accueil des hôtes de marque, le Berghof s’impose comme la deuxième capitale du Reich (…). Le style même de cet imposant ensemble est, d’une certaine façon, révélateur du caractère d’Hitler. Il a voulu à la fois un bâtiment qui ne détonne pas dans la majestueuse nature, construit dans un style bavarois rustique et simple (…) mais en même temps noble et impressionnant, se situant dans sa modernité, résolument à l’opposé des constructions de Louis II de Bavière. Au fond, à travers cette construction, Hitler entend montrer qu’il est attaché au pays, mais que sa demeure est aussi digne du maître d’un immense empire. »

(article de J-J. Langendorf dans la revue « Axe & Alliés » n° 18, janvier-février 2010)

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