L’opinion de Soljenitsyne sur l’assassinat de Stolypine

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L’opinion de Soljenitsyne sur l’assassinat de Stolypine

(extrait de A. Soljenitsyne, Deux siècles ensemble, Volume I)

En 1905, le Tsar de Russie Nicolas II écrivait : « …le peuple fut exaspéré par l’audace et l’insolence des révolutionnaires et des socialistes, et comme les neuf dixièmes d’entre eux sont des Yids, toute la colère s’est tournée contre eux, d’où les pogroms antijuifs. » (lettre à sa mère, octobre 1905).

Six ans plus tard, en 1911, le Premier Ministre réformateur Stolypine fut assassiné par un révolutionnaire juif ; le meurtre, qui sonnait le glas de tous les espoirs de réforme pacifique, ne fut même pas condamné par les autorités religieuses juives. Mieux, les Juifs tentèrent dès le début d’empêcher que l’identité juive de l’assassin soit simplement mentionnée (« pour ne pas encourager l’antisémitisme »). Soljenitsyne lui-même fut plus tard sévèrement attaqué par les Juifs pour avoir « osé » signaler ce fait.

Voici ce qu’en dit le même Soljenitsyne dans le premier volume de son étude sur les relations entre Juifs et Russes dans l’histoire russe :


Stolypine, qui a imprimé son orientation, donné sa lumière et son nom à la décennie qui précéda la Première Guerre mondiale – alors qu’il était l’objet de furieuses attaques aussi bien de la part des Cadets que de l’extrême droite, alors que les députés de tous bords le traînaient dans la boue à cause de la loi sur la réforme du zemstvo dans les provinces de l’Ouest –, fut assassiné en septembre 1911.

Le premier chef du gouvernement russe à avoir honnêtement posé et tenté de résoudre, malgré les résistances de l’Empereur, la question de l’égalité pour les Juifs, tomba – ironie de l’Histoire ! – sous les coups d’un Juif.

[…]

Les cercles juifs de Kiev (mais aussi de Pétersbourg où le futur meurtrier avait également séjourné) se trouvaient sous l’emprise magnétique d’un champ de radicalisme absolu qui conduisit le jeune Bogrov non seulement à se sentir en droit, mais à considérer comme de son devoir de tuer Stolypine.

Ce champ était si puissant qu’il permit la combinaison suivante : Bogrov-père s’est élevé dans la société, c’est un capitaliste qui prospère dans le système existant ; Bogrov-fils s’emploie à détruire ce système et son père, après l’attentat, déclare publiquement qu’il est fier de lui.

En fait, Bogrov n’était pas si isolé que cela : on l’applaudit discrètement dans les cercles qui manifestaient naguère leur indéfectible fidélité au régime.

Ce coup de feu qui mit fin à l’espoir que la Russie recouvre jamais sa santé aurait tout aussi bien pu être tiré sur le tsar en personne. Mais Bogrov avait décidé que c’était impossible, car (comme il le déclara lui-même) « ç’aurait risqué d’entraîner des persécutions contre les Juifs », d’« avoir des conséquences dommageables sur leur situation juridique ». Tandis qu’abattre simplement le Premier ministre n’aurait pas ce genre d’effets, pensait-il à juste titre. Mais il se trompait lourdement quand il s’imaginait que son geste servirait à améliorer le sort des Juifs de Russie.

[…]

Difficile à croire, mais la communauté juive de Kiev n’a pas exprimé publiquement de condamnation ni de regret à propos de cet assassinat. Au contraire. Après l’exécution de Bogrov, de nombreux étudiants juifs portèrent ostensiblement le deuil.

Or, tout cela, les Russes le relevaient. Ainsi, en décembre 1912, Rozanov écrivit : « Après [l’assassinat de] Stolypine, quelque chose s’est brisé dans ma relation [aux Juifs] : un Russe aurait-il jamais osé tuer Rothschild ou tel autre de leurs grands hommes ? »

[…]

En octobre 1911, la Douma fut interpellée par les octobristes sur les circonstances troubles de l’assassinat de Stolypine. Cela suscita une protestation immédiate du député Nissélovitch : pourquoi, en formulant leur interpellation, les octobristes n’avaient-ils pas dissimulé le fait que le meurtrier de Stolypine était juif ? C’était là, déclara-t-il, de l’antisémitisme !

J’aurai à essuyer moi-même cet incomparable argument. Soixante-dix ans plus tard, j’ai été l’objet d’une lourde accusation de la part de la communauté juive des Etats-Unis : pourquoi à mon tour n’ai-je pas dissimulé, pourquoi ai-je dit que l’assassin de Stolypine était un Juif ? [dans la Roue rouge, premier nœud, Août quatorze]. Peu importe que je me sois efforcé d’en faire une description aussi complète que complète que possible. Peu importe ce que le fait d’être juif a représenté dans les motivations de son acte. Non, la non-dissimulation trahissait mon antisémitisme !!

A l’époque, Goutchkov répondit avec dignité : « Je pense qu’il y a bien plus d’antisémitisme dans l’acte même de Bogrov. Je suggérerais à monsieur le député Nissélovitch d’adresser ses paroles enflammées non pas à nous, mais à ses coreligionnaires. Qu’il use de toute la force de son éloquence pour les convaincre de se tenir éloignés de deux professions infamantes : celle d’espion au service de la police secrète [tsariste] et celle de terroriste. Il rendrait ainsi un bien plus grand service aux membres de sa communauté ! »

Mais que peut-on demander à la mémoire juive quand l’histoire russe elle-même a laissé effacer de sa mémoire cet assassinat comme un événement sans grande portée, comme une salissure aussi marginale que négligeable. Ce n’est que dans les années 80 que j’ai commencé à le tirer de l’oubli – pendant soixante-dix ans, l’évoquer était considéré comme inconvenant.

[…]

…si l’assassinat de Stolypine eut de cruelles conséquences pour la Russie, les Juifs non plus n’en tirèrent aucun bénéfice.


Extrait de : Alexandre Soljenitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, Volume I : Juifs et Russes avant la Révolution, Fayard 2002, pp. 484-488.

Le volume II (Juifs et Russes pendant la période soviétique, Fayard 2003) de cette étude de Soljenitsyne fut publié en France dans un complet silence médiatique. En effet, ce second volume confirme et illustre la responsabilité écrasante des Juifs dans la Révolution dite « russe » et dans les boucheries bolcheviks massives qui suivirent (entre autres exemples, beaucoup de commandants de camps du Goulag étaient des Juifs – et souvent les plus cruels). Les maîtres-chanteurs du « peuple élu par lui-même », qui ont tenté de confisquer la mémoire historique depuis plus de soixante ans, craignent que l’opinion publique prenne conscience de leur « coté obscur ». La lecture de ces deux volumes de Soljenitsyne est donc hautement recommandée.

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