Les limites de l’« islamophobie »

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Rien à craindre ici…

LES LIMITES DE L’« ISLAMOPHOBIE »

Anthony Wymer

L’islamophobie a encore fait parler d’elle. Grâce à Fitna – le film anti-islam du politicien hollandais Geert Wilders –, les suspects habituels se tordent les mains concernant l’« intolérance », la « xénophobie » et le « racisme » dirigés contre les immigrants musulmans. Wilders n’est pas seul dans son dédain pour la migration musulmane sans entraves en Europe et en Amérique du Nord – depuis l’engueulade entre le chroniqueur Mark Steyn et le « Conseil des Droits Humains » de l’Ontario jusqu’à l’imbroglio des caricatures sur Mahomet au Danemark, les opposants occidentaux à l’islamisation se sont de plus en plus affirmés ces dernières années. En réponse, les musulmans européens et les élites blanches qui « embrassent la diversité » ont intensifié leurs efforts pour mettre fin à ce débat en criminalisant la critique de l’islam.

Steyn et Wilders méritent notre éloge pour leur iconoclasme courageux. Cependant, leur œuvre, et l’œuvre de nombreux autres « islamophobes » éminents, pose un précédent dangereux. L’utilité d’attaquer spécifiquement l’immigration islamique, plutôt que le plus large sujet de l’immigration issue du Tiers-Monde, est évidente. Les inconvénients d’une telle stratégie sont moins apparents, mais pourraient finalement miner le mouvement en faveur de la restriction de l’immigration. Haïr les principes de l’islam ne sauvera pas l’Occident, et un plus grand nombre de patriotes blancs doit prendre conscience de ce fait.

Comme beaucoup d’œuvres écrites opposées à l’islamisation de l’Occident, Fitna avançait l’argument pénible « Les musulmans sont comme les nazis » en exposant des remarques antisémites faites par des dirigeants musulmans et des signes pro-Hitler portés par des protestataires musulmans. Il décrivait aussi graphiquement des exemples de terrorisme musulman, de violence musulmane envers les femmes, et d’intolérance musulmane envers l’homosexualité. Rien de tout cela n’est nouveau. Chaque image de Fitna a été montrée avant. Fitna démontre, cependant, pourquoi la nature de l’islam a été une aubaine apparente pour les adversaires de l’immigration : une grande partie de la doctrine islamique est un anathème pour l’Occident contemporain « tolérant » et « progressiste ». L’islam est, après tout, misogyne, antisémite, « homophobe », et en opposition avec la plupart des aspects de la modernité. En se concentrant sur les éléments les plus arriérés de l’islam, les patriotes occidentaux peuvent prendre position contre l’immigration venue du Tiers-Monde tout en évitant les accusations de « racisme ». Etant donné les terribles conséquences qui arrivent à quiconque parle honnêtement de la race, cela est compréhensible. Je prétends, cependant, que cette approche est manifestement malhonnête, et pourrait ne pas être aussi utile que beaucoup de partisans de la restriction de l’immigration ne le pensent.

Il y a actuellement une quantité de livres et de sites web critiquant l’immigration musulmane de masse. Des auteurs comme Robert Spencer et Hugh Fitzgerald passent apparemment chaque minute de leur temps à sonner l’alarme anti-islam sur des sites web comme

Jihad Watch, Dhimmi Watch, et New English Review. Le toujours irascible David Horowitz mène maintenant la charge sur les campus américains contre l’« islamofascisme » – quoi que cela soit. Comme Steyn et Wilders, ces auteurs et activistes soulignent principalement le degré auquel les valeurs islamiques sont incompatibles avec les valeurs occidentales, et ajoutent fréquemment l’avertissement que « ça n’a rien à voir avec la race ». Mon espoir sincère est que l’accent mis par la plupart des partisans de la restriction de l’immigration sur la religion, la culture, et l’idéologie, plutôt que sur le sang et le sol, est basé sur la nécessité plutôt que sur une vraie conviction. La montée de l’islam n’est qu’une conséquence négative de l’invasion venant du Tiers-Monde et de la lente conquête de l’Occident, et les patriotes occidentaux se rendent à eux-mêmes un très mauvais service en adoptant une vision aussi myope de la question de l’immigration.

Dans leurs efforts infructueux pour rester dans les bonnes grâces de nos élites dirigeantes de la gauche libérale, de nombreux partisans de la restriction de l’immigration ont embrassé posthumément des gauchistes culturels libertins comme Pim Fortuyn et Theo Van Gogh, et ont furieusement condamné l’auteur conservateur Dinesh D’Souza pour avoir osé suggérer que les chrétiens et les musulmans traditionnels peuvent trouver un terrain d’entente sur certaines questions culturelles. Pour attaquer l’immigration islamique d’une manière politiquement correcte, les « restrictionnistes » ont été bien trop disposés à déclarer leur allégeance aux mouvements des droits des gays et aux mouvements féministes radicaux. Ceux-ci sont-ils vraiment les valeurs occidentales que nous avons le plus envie de protéger ? L’Occident est-il digne d’être défendu seulement à cause de son haut degré de tolérance envers les déviants sexuels ? Je ne le pense certainement pas, et je soupçonne que la plupart des anti-islamistes ne le pensent pas non plus. Malheureusement, leur malhonnêteté ne les mènera pas très loin.

L’approche « l’islam-n’est-pas-assez-progressiste » concernant la question de l’immigration serait plus acceptable si notre empressement à réciter le jargon gauchiste amenait plus de gauchistes de notre coté. Malheureusement, il ne semble pas que ce soit le cas. Quand les libéraux de gauche contemporains sont obligés par les circonstances de choisir entre leur dévotion pour le multiculturalisme et leur dévotion pour le féminisme, la laïcité, l’environnementalisme radical, ou tout autre « isme » à la mode, ils penchent toujours du coté du multiculturalisme. Les élites de gauche ne s’allieront jamais avec les patriotes blancs sur la question de l’immigration. Ceci étant posé, nous ne devrions pas perdre notre temps à tenter de les apaiser en feignant la dévotion envers leurs sermons progressistes. Flatter la gauche sur les questions culturelles ne fera que conduire à un déracinement accru de la culture européenne blanche ; cela oblige les adversaires de l’immigration à démontrer perpétuellement qu’ils sont, en fait, plus tolérants que les musulmans qu’ils souhaitent empêcher d’entrer sur leur continent, et sape finalement la légitimité perçue de toutes les formes de conservatisme culturel.

Mettre l’accent sur l’islam et la culture islamique pourrait en fait nous faire plus de mal que de bien. La supposition implicite de nombreux auteurs anti-islam est que si l’islam était réformé, l’immigration islamique ne serait plus un problème, et que nous pourrions continuer et laisser les portes ouvertes. Mark Steyn (qui répète sans cesse : « ça n’a rien à voir avec la race, ça concerne la culture ») est encore une fois un cas d’école. Il soutient que tous nos problèmes seront résolus par la Doctrine Bush, qui changera ostensiblement la nature du monde islamique. Car voyez-vous, dès que les effets les plus insidieux de l’islam auront été améliorés, et le Coran réinterprété pour permettre des élections libres et le vote des femmes, tout ira bien et nous pourrons cesser de nous inquiéter concernant l’exode arabe, turc, et sud-asiatique en Europe et en Amérique. C’est une bêtise dangereuse. Ce type d’« islamophobie » non seulement ne fait rien concernant la question de l’immigration, mais fournit l’impulsion pour d’autres incursions militaires au Moyen-Orient – qui sont vouées à échouer et qui ne feront qu’accroître l’émigration des musulmans hors de leurs patries.

Il est temps que les anti-islamistes affrontent la réalité. L’islam n’est pas comme le nazisme, le communisme, ou une autre idéologie occidentale domestique, et c’est insensé de le traiter ainsi. Dans certains domaines importants, l’islam est bien plus faible et bien moins menaçant que n’importe lequel de ces épouvantails du XXe siècle. Dans d’autres domaines, cependant, il est beaucoup, beaucoup plus dangereux. Mais le danger n’a rien à voir avec la doctrine islamique.

Si l’on considère la faiblesse de l’islam, il est important de noter que les chances d’une Révolution islamique dans une nation européenne avancée sont simplement inexistantes ; il n’y pas de dirigeant musulman capable de réussir une telle révolution, et aucun pays européen n’accepterait longtemps un tel dirigeant s’il parvenait à prendre le pouvoir. Il n’y a pas non plus beaucoup de danger qu’un nombre important d’Européens blancs se convertissent à l’islam. De plus, il n’y a pas d’armée musulmane puissante capable de conquérir tout ou partie de l’Europe ou de l’Amérique par la force – en dépit du stupide baratin néoconservateur sur les terroristes qui nous « suivent » chez nous, en venant de l’Irak. Du moins dans le cadre dans lequel nous voyions les conflits durant le siècle dernier, l’islam est faible, et même pathétique.

Ceci étant dit, l’islam représente pour l’Europe une menace bien plus grande que celle d’Hitler ou de Staline. Ce qu’il faut se rappeler concernant le nazisme et le communisme, c’est qu’ils étaient, dans leur essence, des idéologies occidentales. Ils montèrent et tombèrent dans un contexte occidental, et quand la poussière de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre Froide retomba, l’Allemagne et la Russie étaient toujours des pays occidentaux avec des populations majoritairement occidentales. Si l’islam domine un jour l’Europe, ce sera parce que l’Europe ne sera plus dominée par les Européens blancs. Les musulmans ne domineront pas l’Europe tant que les majorités européennes traditionnelles ne seront pas déplacées et remplacées par les Arabes, les Turcs, les Noirs et les Asiatiques. Si cela se produit, la Civilisation Occidentale sera finie. Pour toujours. Et peu importe si l’islam se réforme à partir de ce moment. Les musulmans pourraient arracher chaque page choquante du Coran, et ce fait demeurera. Nous ne devons pas haïr les races mahométanes, ni perdre notre temps à prouver que nous sommes meilleurs ou plus tolérants et plus éclairés qu’eux. Nous devons déclarer sans équivoque qu’ils ne seront jamais autorisés à dominer un pays européen, peu importe leur croyance.

Bien qu’il y ait de nombreux aspects de l’islam que je trouve très désagréables, l’Europe ne serait pas meilleure si elle était envahie par des chrétiens africains ou des hindous indiens. Les problèmes se manifesteraient de manières différentes, mais ils se manifesteraient quand même. Les Etats-Unis sont un parfait exemple de ce fait essentiel. Les Latino-américains sont des chrétiens lorsqu’ils entrent, pourtant les vagues d’Hispaniques entrant légalement et illégalement sont en train de changer fondamentalement les Etats-Unis, d’une manière négative, pour toujours. Nous avons le droit de nous opposer à ce Völkerwanderung tout aussi énergiquement que nous nous opposons à celle qui est actuellement en train de détruire l’Europe, même si l’islam n’est pas du tout un facteur dans le cas américain. Parfois, cela concerne la race.

Il n’y a rien d’intrinsèquement erroné à souligner les aspects les plus dangereux de l’islam, et je respecte ces auteurs et ces activistes qui risquent leur carrière, et dans certains cas leur vie, pour le faire. Mais nous ne devrions pas perdre de vue la question plus importante. Le remplacement des Européens blancs par des immigrants du Tiers-Monde, voilà ce qui devrait nous déranger – peu importe quelle est leur religion. Il est considéré comme impoli (et à certains endroits, comme illégal) de parler franchement de la race. Malheureusement, c’est cela qui est le véritable sujet du débat sur l’immigration, et l’utilité d’utiliser la religion comme un moyen rhétorique pour désigner la race a atteint ses limites.

Traduction de l’article publié dans The Occidental Quarterly, vol. 8, no. 2, été 2008.

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