Un citoyen américain a sans doute inventé son histoire de l’Holocauste

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Peter Loth arrive dans la salle d'audience pour le procès de l'ancien garde SS Bruno Dey, 93 ans, du camp de concentration de Stutthof, le 12 novembre 2019 à Hambourg.

[Loth avait un an en 1945. Bébé Cadum pardonne à son bourreau : il ne l’a pas transformé en savonnette ! Un tel témoignage ne peut pas être crédible, c’est une question de simple bon sens. Les témoins de l’impossible tirent leurs dernières cartouches en bradant les invendus.]

Moshe Peter Loth a fait la une des journaux en novembre en étreignant l’accusé Bruno Dey lors de son procès à Hambourg, en Allemagne. Loth est un homme de Floride qui s’est présenté comme un survivant de l’Holocauste, et Dey est un ancien gardien de camp de concentration.
« Attention à tout le monde, je vais lui pardonner », a déclaré Loth, 76 ans, en s’approchant de Dey, qui reconnaît avoir été gardien au camp de Stutthof près de Gdansk, qui se trouve aujourd’hui en Pologne. Mais Loth a peut-être exagéré son histoire : il est né dans une famille chrétienne et n’a probablement jamais été dans un camp de concentration.
Au fil des ans, Loth a déclaré aux journalistes que sa grand-mère et sa mère étaient toutes les deux emprisonnées dans ce camp, dénoncées par son propre grand-père, qu’il a décrit comme un nazi. Loth a également affirmé avoir reçu de la Croix-Rouge des informations selon lesquelles il était né dans ce camp.
Selon des informations fournies à la Jewish Telegraphic Agency (JTA) par quatre grandes archives de l’Holocauste, la femme que Loth a identifiée comme étant sa mère, Helene Anna Flood, a été libérée du camp un mois après son incarcération et plusieurs mois avant la naissance de Loth.
Loth a raconté son histoire à un groupe missionnaire basé en Allemagne en 2005 et à une publication en ligne, l’Othello Outlook, en 2012. Cette a également été mentionnée dans une autobiographie, « Peace by Piece », coécrite avec Sandra Kellog Rath. Loth, qui avait soumis des documents à Yad Vashem affirmant que sa grand-mère était décédée dans une chambre à gaz au Stutthof, a parlé lors des cérémonies commémoratives de l’Holocauste de son passé et a été présenté comme un survivant de l’Holocauste d’origine juive.
Le magazine Spiegel a rapporté à la fin du mois dernier que Loth était né dans une famille allemande protestante près de Gdansk. Sa grand-mère est décédée en 1943, mais pas dans un camp nazi.
L’avocat de Loth a déclaré au Spiegel que Loth avait l’impression que sa grand-mère était décédée dans le camp et qu’il allait corriger son témoignage à Yad Vashem. En tant que plaignant dans l’affaire Dey, Loth avait été autorisé à interroger Dey, qui a répété son témoignage selon lequel il ne s’était pas porté volontaire pour être gardien au Stutthof et qu’il était choqué par ce qui s’était passé là-bas.
En 2015, la survivante d’Auschwitz, Eva Mozes Kor, a publiquement pardonné à l’ancien garde SS Oskar Gröning lors de son procès devant le tribunal de district de Lunebourg. Kor, une citoyenne américaine d’origine roumaine décédée en juillet dernier à 85 ans, a exhorté
Gröning à donner l’exemple en dénonçant publiquement les activités néonazies.
Le bureau de presse du parquet de Hambourg a déclaré à JTA dans un e-mail que « le procès contre M. Dey n’est ni suspendu ni rejeté. Il se poursuivra comme prévu. »

Source : Bocage Info

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