Spécial Columbus Day – Le Jour des Peuples Indigènes

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Spécial Columbus Day

Le Jour des Peuples Indigènes

Michael Polignano

 

Note de l’éditeur :

Cet essai est extrait du livre de Michael Polignano, Taking Our Own Side [Prendre parti pour notre propre camp], disponible en édition reliée, brochée, et PDF à télécharger ici.

 

Le multiculturalisme n’est pas une tentative pour « enrichir » les cultures blanches en ajoutant diverses cultures non-blanches. C’est une tentative pour remplacer les cultures blanches par des cultures non-blanches – ou, plus précisément, par des fantaisies, des mensonges, et des demi-vérités concernant des cultures non-blanches, conçus pour les présenter comme spirituellement et moralement supérieures. Le but est d’introduire la culpabilité raciale dans des Blancs crédules qui pourront être exploités pour le but de la dépossession blanche.

Une élégante preuve de cette thèse est le « Jour des Peuples Indigènes », qui est le remplacement multiculturaliste du Jour de Colomb [Columbus Day], le jour férié honorant la (re-)découverte des Amériques par les Blancs en 1492. L’idée fut proposée pour la première fois en 1977 lors d’une Conférence Internationale sur la Discrimination contre les Populations Indigènes dans les Amériques – conférence sponsorisée par les Nations Unies – qui eut lieu à Genève en Suisse. Elle reçut une impulsion avec l’approche des célébrations du 500e anniversaire de l’arrivée de Colomb sur l’Ile de la Tortue le 12 octobre 1992. En juillet 1990, les représentants de 120 tribus indiennes américaines et diverses organisations pour les droits, la paix, la justice sociale et l’environnement se réunirent à Quito en Equateur et annoncèrent leur plan de transformer le Columbus Day 1992 en un forum pour dénoncer l’impérialisme, le colonialisme, le génocide et la destruction environnementale par les Blancs dans les Amériques et pour célébrer les cultures indigènes et leur résistance aux Blancs (apparemment, l’« indigénisme » et la xénophobie anti-immigrants sont mauvais seulement lorsqu’ils sont pratiqués par les Blancs).

Dans la Baie de San Francisco, une « Resistance 500 Task Force » proposa au Conseil de la ville de Berkeley que le Columbus Day soit remplacé par un Jour des Peuples Indigènes [Indigenous Peoples Day]. Ils ne disaient pas simplement que les Amérindiens méritaient un jour férié, mais que Colomb n’en méritait pas un parce qu’il était coupable de génocide. Le Conseil de la ville de Berkeley adopta la proposition à l’unanimité, répudiant ainsi symboliquement toute l’histoire et la civilisation blanches dans les Amériques (en 1990, Berkeley transforma le Columbus Day en Native American Day [Jour de l’Américain Natif]. En 1991, le nom Indigenous Peoples Day fut adopté. Après plusieurs voltes-faces sous la pression de groupes italo-américains et amérindiens, en 1996 Berkeley adopta le compromis « Indigenous Peoples Day-Columbus Day »). D’autres villes de Californie suivirent l’exemple de Berkeley, ainsi que l’Etat du Dakota du Sud.

J’ai des sentiments mitigés sur l’Indigenous Peoples Day. D’une part, Colomb tua, asservit, exploita, et pilla les Indiens qu’il découvrit par pure avidité grossière, et ce sont des comportements qu’aucune société civilisée ne devrait tolérer.

D’autre part, la frontière entre deux sociétés n’est pas civilisée. Il n’y a pas de culture, de gouvernement ou de système juridique communs pour arbitrer les disputes pacifiquement. Au contraire il y a des systèmes en compétition, c’est-à-dire un état de guerre. L’idée que Colomb et les Amérindiens pouvaient faire appel à des sentiments moraux communs d’humanité et de fair play ressemble à une projection ethnocentrique sentimentale lorsqu’on lit des récits véridiques sur les cultures amérindiennes.

Ainsi il semble stupide et décadent que des Américains modernes, qui n’ont jamais eu à affronter des sauvages non-subjugués, condamnent moralement les hommes beaucoup plus durs qui leur arrachèrent ce continent, les hommes dont le sang et la sueur achetèrent la longue paix amollissante durant laquelle les fantaisies concernant les nobles sauvages et la culpabilité blanche purent se développer sans limites.

Ce que je rejette, c’est l’usage de l’Indigenous Peoples Day comme une occasion de répandre des mensonges concernant les vertus formidables des Amérindiens et la dépravation formidable des Blancs. Je suis heureux que les Blancs aient conquis et colonisé les Amériques. Tout bien considéré, elles sont de bien meilleurs endroits du fait de notre présence. Je célèbre le Colombus Day non à cause de Colomb lui-même, mais à cause des transformations historiques qu’il a mises en mouvement.

Mais je reconnais que l’histoire des hommes blancs dans les Amériques n’est pas seulement une histoire de créativité et de progrès, mais aussi de crimes et de sottises – écrite avec du sang et teintée de larmes. Mais la même chose est vraie des hommes rouges dans les Amériques, et de toutes les races d’hommes partout dans le monde. C’est donc clairement du racisme anti-blanc que de créer un jour férié où les Blancs se voient demander de se sentir coupables des crimes d’autres Blancs, alors que les autres races sont exemptées de la même réflexion morale et jouent au contraire le rôle des accusateurs.

Comme un premier pas pour équilibrer la propagande de l’Indigenous Peoples Day, je recommande l’essai de Kevin Beary « Life Styles: Native and Imposed » [Styles de vie : natifs et imposés]. Ici, Beary cite Bernal Díaz del Castillo dans son livre The Conquest of New Spain, qui fait la chronique de la découverte et de la conquête par Hernán Cortés de l’empire aztèque. Comme Díaz le raconte, dans la ville de Zempoala près du Golfe du Mexique :

« Chaque jour ils [les prêtres américains natifs] sacrifiaient devant nos yeux, trois, quatre ou cinq Indiens, dont les cœurs étaient offerts à ces idoles, et dont le sang éclaboussait les murs. Les pieds, les bras et les jambes de leurs victimes étaient coupés et mangés, exactement comme nous mangeons du bœuf venant du boucher dans notre pays. Je crois même qu’ils les vendaient dans les tianguez ou marchés. »

Quand les Espagnols atteignirent Tenochtitlan, la capitale de l’empire aztèque et le site de l’actuelle ville de Mexico, Diaz eut l’occasion d’observer la table du dîner de l’empereur Montezuma :

« …plus de trente plats [étaient] cuisinés dans leur style natif … J’ai entendu dire qu’ils cuisinaient pour lui la chair de jeunes garçons. Mais comme il avait une telle variété de plats, faits de tant d’ingrédients différents, nous ne saurions dire si un plat était fait de chair humaine ou d’autre chose… Je sais avec certitude, cependant, qu’après que notre Capitaine eut parlé contre le sacrifice des êtres humains et la consommation de leur chair, Montezuma ordonna qu’on ne lui en serve plus. »

Díaz décrit aussi la manière dont les Aztèques accomplissaient les sacrifices humains :

« Ils ouvraient la poitrine du malheureux Indien avec des couteaux en silex et arrachaient en hâte le cœur palpitant qu’ils présentent avec le sang aux idoles au nom desquelles ils ont accompli le sacrifice. Puis ils coupent les bras, les cuisses et la tête, mangeant les bras et les cuisses lors de leurs banquets cérémoniels. Ils suspendent la tête à une poutre, et le [reste du] corps de l’homme sacrifié n’est pas mangé mais donné aux bêtes de proie. »

Díaz décrit aussi la pratique généralisée de l’esclavage dans l’empire aztèque. Sur le grand marché de Tenochtitlan, il vit :

« …des vendeurs d’or, d’argent, et de pierres précieuses, de plumes, de manteaux, et de broderies, et d’esclaves mâles et femelles qui sont aussi vendus ici. Ils amènent à ce marché autant d’esclaves à vendre que les Portugais amènent de Nègres de Guinée. Certains sont amenés ici attachés à de longues perches par un collier autour de leur cou pour les empêcher de s’échapper, mais d’autres sont laissés libres de leurs mouvements. »

Quant aux Indiens d’Amérique du Nord, ils n’étaient pas toujours les fournisseurs pacifiques de cigarettes, de jeux de casino et de sagesse truculente que nous connaissons aujourd’hui. Beary cite le livre de Francis Parkman, France and England in North America, où il décrit une attaque des Iroquois contre un groupe de chasseurs algonquins, à l’automne 1641, et le traitement des prisonniers par les Iroquois :

« Ils lièrent les mains et les pieds des prisonniers, rallumèrent le feu, suspendirent les marmites, coupèrent en morceaux les corps des victimes et les dévorèrent sous les yeux des malheureux survivants. ‘En un mot’, dit la narratrice [c’est-à-dire la femme algonquine qui s’échappa pour raconter l’histoire], ‘ils mangeaient les hommes avec autant d’appétit et plus de plaisir que des chasseurs mangent un sanglier ou un cerf…’

Les vainqueurs festoyèrent dans la cabane presque jusqu’au lever du jour … ils commencèrent leur marche de retour avec leurs prisonniers. Parmi ceux-ci se trouvaient trois femmes, parmi lesquelles la narratrice, qui avaient chacune un enfant âgé de quelques semaines ou de quelques mois. A la première halte, les ravisseurs leur prirent les enfants, les attachèrent à des broches de bois, les firent rôtir lentement sur un feu, et s’en régalèrent sous les yeux des mères horrifiées, dont les hurlements, les supplications, et les efforts frénétiques pour briser les cordes qui les liaient ne provoquèrent que rires et moqueries…

Les Iroquois arrivèrent à leur village avec leurs prisonniers, dont la torture était conçue pour causer toute la souffrance possible sans leur enlever la vie. Elle consistait à les frapper avec des bâtons et des gourdins, à entailler leurs membres avec des couteaux, à leur couper les doigts avec des coquillages, à les brûler avec des brandons, et autres tourments indescriptibles. Les femmes furent dévêtues, et obligées à danser au chant des prisonniers mâles, sous les applaudissements et les rires de la foule…

Le matin suivant, ils furent placés sur un grand échafaudage, devant toute la population. C’était un jour de fête. Les jeunes et les vieux furent amenés de partout. Certains montèrent sur l’échafaudage, et les brûlèrent avec des torches et des brandons ; pendant que les enfants, se tenant sous la plateforme d’écorce, appliquèrent le feu aux pieds des prisonniers entre les orteils … Le stoïcisme de l’un des guerriers enragea ses ravisseurs au-delà de toute mesure… ils lui tombèrent dessus avec une fureur redoublée, jusqu’à ce que leurs couteaux et leurs brandons n’aient plus laissé en lui aucune semblance d’humanité. Il les défia jusqu’au bout, et quand la mort vint à son secours, ils lui arrachèrent le cœur et le dévorèrent ; puis le hachèrent en morceaux, et firent un festin de triomphe de ses membres mutilés.

Tous les hommes et toutes les vieilles femmes du groupe furent mis à mort de manière similaire, bien que peu d’entre eux manifestèrent le même courage étonnant. Les femmes plus jeunes, qui étaient une trentaine environ, après avoir subi leur épreuve de torture, furent autorisées à vivre ; et, bien que défigurées, furent réparties entre plusieurs villages, comme concubines ou esclaves des guerriers iroquois. De ce nombre étaient la narratrice et sa compagne, qui … s’échappèrent de nuit dans la forêt… »

Idéalement, j’aimerais dépasser les échanges de récits d’atrocités entre Blancs et Amérindiens et leurs demandes d’excuses pour les actions de leurs ancêtres respectifs. Mais la seule manière de faire cela est probablement de parvenir à une image équilibrée de ces atrocités.

Entretemps, si les Américains Natifs d’aujourd’hui souhaitent exprimer de la honte et de la culpabilité pour le comportement de leurs frères de race, quelle meilleure occasion que le Jour des Peuples Indigènes ?

11 octobre 2004

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