Le devshirme (la « récolte ») : comment les Turcs raflaient les enfants blancs

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Le devshirme (la « récolte ») : comment les Turcs raflaient les enfants blancs

« Que les chrétiens contribuent à la guerre, qu’ils nous fournissent les soldats qui seront les instruments de leur propre défaite. »

(le Grand Vizir Etta Eddine)

« La création du corps des Janissaires était un plan diabolique et sans égal, s’exerçant au détriment des chrétiens et au profit des musulmans, une organisation unique dans l’histoire du despotisme militaire des temps anciens et nouveaux. »

(J.V. Hammer, Geschichte des Osmanischen Reiches, 1830)

« [C’était] un moyen diabolique imaginé par les Ottomans pour enlever aux populations chrétiennes leur partie la plus virile (…). C’était le plus épouvantable tribut de chair humaine qui ait été levé par une religion victorieuse sur une religion vaincue. »

(Th. Lavallée, Histoire de l’Empire ottoman, 1855)

« Le goût des Turcs pour les femmes blanches fut un des mobiles de conquête de l’empire byzantin ; (…) les armées du sultan étaient composées en grande partie d’Anatoliens et d’Européens islamisés. »

(Madison Grant, The Passing of the Great Race, 1916)

« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les Janissaires n’étaient pas Turcs. Ils étaient Bulgares, Hongrois, Transylvaniens, Polonais, Bohémiens, Allemands, Italiens, Espagnols et même Français. Beaucoup d’entre eux venaient d’Albanie, de Slavonie, de Grèce, de Circassie, de Géorgie et d’Ukraine. Nés en-dehors de l’islam, ces hommes avaient été capturés tout enfants au cours des guerres, séparés de leurs parents (quand ils vivaient encore) et groupés en bataillons. (…) Incorporés avant l’âge de douze ans, soumis au rite de la circoncision comme les musulmans de naissance, dotés d’une instruction militaire très poussée, cantonnés, pour les empêcher de s’amollir, dans des baraquements volants qui étaient leur seule demeure, ils étaient en outre voués au célibat ‘afin que rien ne vînt les distraire du métier militaire et les empêcher d’appartenir, corps et âme, à leurs camarades de combat et à leurs officiers’. »

(Jacques Benoist-Méchin, Mustapha Kémal ou la mort d’un empire, 1954)

[Le mot Janissaires vient du mot turc Yéni-Tchéri, « nouvelles troupes ».]

« [Les Janissaires] n’étaient pas des Turcs. C’étaient des enfants de chrétiens, que les services impériaux [ottomans] raflaient à l’âge de dix ou douze ans dans les territoires conquis, dans les ports de la mer Noire ou dans la région du Caucase. C’étaient en somme des Macédoniens, des Bulgares, des Albanais, des Ukrainiens ou des Grecs. Ils formaient, en quelque sorte, le ‘noyau européen’ de l’armée turque proprement dite (…) élevés au sein d’un peuple étranger qui les détestait et les enviait à la fois, et n’ayant plus aucun rapport avec leurs parents ou leur race [ils] prirent rapidement l’habitude de voir dans la personne du Sultan le seul être capable d’assurer leur salut. »

(Jacques Benoist-Méchin, A destins rompus, 1974)

« …l’institution du devshirme [fut] inaugurée par le sultan Orkhan (1326-1359). Elle consistait à enlever régulièrement, sous forme de tribut, un cinquième des enfants chrétiens des pays conquis d’Europe Orientale et Centrale. Les intervalles entre les levées variaient selon les besoins. Certains lieux en étaient exemptés : Jannina, Galata, Rhodes.
Convertis à l’islam, ces enfants âgés de 14 à 20 ans entraient dans le corps des janissaires, milices militaires constituées presque exclusivement de chrétiens. Les levées périodiques qui se faisaient par contingents de 1.000, devinrent ensuite annuelles. Les enfants chrétiens étaient réquisitionnés parmi l’aristocratie des Grecs, des Serbes, des Bulgares, des Albanais, des Arméniens, et parmi les enfants des prêtres. A date fixe tous les pères devaient se rassembler avec leurs fils, sur une place de la commune. Les agents recruteurs, janissaires eux-mêmes, y choisissaient, en présence du cadi, les plus beaux et les plus robustes. Aucun père ne pouvait se soustraire à ce tribut du sang, sous peine de sanction sévère.
Parallèlement à ce système de recrutement, un autre fonctionnait pour la levée d’enfants entre six et dix ans (iç oglan) réservés aux sérails des sultans. Confinés dans les palais et confiés aux eunuques, ils étaient assujettis durant quatorze ans à une discipline astreignante et à de pénibles tâches. C’était eux qui fournissaient la hiérarchie la plus élevée des fonctionnaires de l’Etat ottoman. Cette saignée ponctuelle et régulière sur les peuples conquis augmentait la population musulmane et diminuait d’autant celle des chrétiens. Le devshirme fut théoriquement aboli en 1656, mais le recrutement des iç oglan continua jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. »

(Bat Ye’Or, Juifs et chrétiens sous l’Islam, les dhimmis face au défi intégriste, 1994)

« L’Empire ottoman avait même systématisé le recours à l’esclavage de chrétiens pour en faire la base de son administration. Tous les ans, selon une pratique appelée le devchirme (la récolte, en turc), des soldats envoyés par le sultan parcouraient les villages chrétiens de l’Empire – par exemple les Balkans, ou encore le pourtour de la mer Noire – pour enlever ou, au mieux, acheter les enfants qui leur semblaient les plus beaux. Amenés à Istanbul, convertis, éduqués, ils étaient destinés à former l’armée d’élite du souverain : les janissaires. Le principe était brutal et simple : en coupant les enfants de leur religion et de leur famille, on était sûr d’en faire des serviteurs d’une loyauté absolue. Tout leur était permis alors, et on en a vu qui montèrent très haut. De nombreux grands vizirs, les Premiers ministres de l’empire, étaient d’anciens esclaves. Par un procédé similaire à celui des janissaires, l’Egypte avait ses mamelouks. Ils régnèrent sur le pays pendant des siècles, jusqu’à leur défaite devant les armées de Bonaparte… »

(François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, 2010)

La morale de l’histoire :

« Si vous êtes faibles et bons, quelqu’un de fort et de mauvais le remarquera, viendra, et prendra vos meilleures femmes, et réduira vos hommes en esclavage – c’est aussi simple que ça. »

(John de Nugent)

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