(((Google))) souhaite rémunérer les médias jusqu’à un million d’euros par an

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Paru dans Blanche Europe

Comme si la presse Française n’était pas assez grassement rémunérée, (((Google))) veut les rémunérer avec des montants astronomiques.

Le Monde :

Ces dernières semaines, Google a proposé à des journaux français de les rémunérer pour faire apparaître leurs articles dans un espace destiné à des contenus de médias d’information. Le leader mondial de la recherche en ligne a testé l’idée auprès du Figaro, du groupe Les Echos-Le Parisien, du Monde et aussi de titres de presse régionale comme Ouest-France, a appris Le Monde.
Google a évoqué des montants par titre allant de 100 000 à 1 million de dollars (de 90 000 à 899 000 euros) par an, selon des sources proches des discussions. Mais les échanges restent exploratoires et ne sont pas conclusifs à ce stade. Les contenus pourraient être placés dans un nouvel onglet du moteur de recherche Google.fr ou dans un espace spécifique au sein de la partie Google Actualités, voire dans un service à part, même si Google reste encore flou.
L’initiative rappelle l’onglet News lancé en octobre 2019 par Facebook aux Etats-Unis. Des contenus de médias comme le New York Times, le Wall Street Journal ou BuzzFeed y apparaissent et certains titres sont rémunérés. Facebook est d’ailleurs lui aussi en discussion avec des éditeurs français.

Jusqu’à maintenant, l’onglet Actualités de Google propose divers liens vers de grands journaux – jamais pour Blanche Europe ou Démocratie Participative, on ne demande pourtant pas de rémunérations… – sans les payer.

Désormais, ils continueront d’afficher le fil d’actualité, mais en mettant en avant leurs journalistes. Leurs journalistes ?

Eh bien, comme ils vont payer jusqu’à un million de dollars, on peut tout à fait se demander quelle sera la contrepartie.

Un peu quand (((Facebook))) versait 1000 dollars par article à CheckNews de Libération. En un an, pour seulement 249 articles, Libération avait donc récolté 249.000 dollars, pour deux postes de journalistes. Une très bonne rémunération pour un travail assez simple : il s’agissait de vérifier des rumeurs sur le net.

N’est-ce pas (((suspect))) ?

L’initiative de Google marque un changement d’attitude. Jusqu’ici, le groupe n’avait jamais accepté de payer pour des contenus. Et toujours rappelé qu’il générait déjà des clics d’internautes vers des articles, que les éditeurs pouvaient tenter de convertir en revenus (abonnements, publicité…). Sommé par les médias de partager ses immenses revenus publicitaires, Google avait préféré, en 2013, lancer en France un fonds de soutien à des projets innovants de médias, élargi à l’échelle européenne fin 2015.
Mais le nouveau schéma évoqué par Google est aussi une tentative de nouer des accords commerciaux avec certains éditeurs. Et donc de ne pas appliquer à la lettre la directive européenne sur le droit d’auteur d’avril 2019 : celle-ci a donné aux médias la possibilité de négocier avec les plates-formes l’utilisation d’extraits de leurs contenus. Or, après la transposition du texte par la France, le groupe a annoncé, en septembre, ne pas vouloir payer. Et a proposé aux journaux protestataires de cesser de référencer des extraits et des photos de leurs articles, pour ne montrer que des liens. Depuis, une épreuve de force est engagée. L’offre de Google à certains médias ressemble à une tentative de diviser le front des éditeurs.

Des petites divisions, qui se concluront par un fait : des sommes immenses d’argent vont être distribuées à nos médias, déjà bien gras. Après l’État, voilà que les GAFA se mettent à sponsoriser la presse. 

Quelle liberté ! Quelle impartialité.

Contacté, Google dit explorer des pistes alternatives à la rémunération d’extraits de contenus, qui transformeraient le modèle de son moteur de recherche et créeraient, selon lui, un précédent mondial.
« Nous avons entendu les suggestions d’amélioration de notre soutien au secteur des médias et nous cherchons de nouvelles façons de travailler avec les éditeurs et d’investir dans l’avenir de la presse », déclare l’entreprise. Le groupe échange aussi avec des titres américains, selon le Financial Times et le Wall Street Journal, qui ont déjà évoqué sa proposition de rémunérer des médias.

L’avenir de la presse contrôlée. Un avenir radieux et (((grassement payé))).

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